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EMPLOI1 source4 min de lecture

Inaptitude du salarié : peut-elle être établie par une visite initiée par le médecin du travail ?

Illustration — Emploi
Pôle emploi à Petit-Bourg en Guadeloupe.jpg — Filo gèn', CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

DILA — Licence Ouverte / Etalab 2.0. Publication d'origine, 7 mai 2026.

Agrégé automatiquement — Responsable de publication : — Mis à jour le

L'essentiel

  • La Cour de cassation, dans sa décision du 11 mars 2026, rappelle que le médecin du travail déclare le travailleur inapte à son poste, après étude de poste et échanges avec le salarié et l’employeur.

Phrases relevées telles quelles dans le texte officiel reproduit ci-dessous (DILA, Licence Ouverte / Etalab 2.0).

Texte officiel intégral

Ci-dessous, le corps complet de la publication de DILA, reproduit sans modification. La Licence Ouverte / Etalab 2.0 en autorise expressément la reproduction, à la seule condition d'en mentionner la paternité.

Le médecin du travail peut-il, à l’issue d’une visite médicale dont il est à l’initiative, constater l’inaptitude d’un salarié en arrêt de travail ? La Cour de cassation vient de se prononcer sur cette question.

Un salarié, en arrêt de travail de manière continue, demande à être reçu par le médecin du travail pour une première visite médicale destinée à apprécier son aptitude à reprendre son emploi. À l’issue de cette visite, ne pouvant se prononcer sur son aptitude, le médecin du travail réalise une étude de poste, étudie les conditions de travail et échange avec l’employeur.

15 jours plus tard, après avoir informé l’employeur, le médecin du travail convoque le salarié pour une nouvelle visite médicale à l’issue de laquelle il le déclare inapte à tout poste et estime que tout maintien de celui-ci dans un emploi serait gravement préjudiciable à son état de santé.

Le salarié est licencié par son employeur le mois suivant pour inaptitude et impossibilité de reclassement. Il saisit la juridiction prudhommale car il estime que son licenciement est fondé sur un avis d’inaptitude irrégulier car il est issu d’une visite médicale organisée par le médecin du travail.

Le conseil de prud'hommes donne raison au salarié et reconnait un licenciement sans cause réelle et sérieuse.

L’employeur conteste cette décision devant la cour d’appel qui lui donne gain de cause. Pour elle, le médecin du travail avait respecté la procédure prévue par le code du travail.

Le salarié se pourvoit en cassation. Selon lui, seul un examen médical réalisé à la demande du salarié en arrêt maladie peut mettre fin à la suspension du contrat de travail (et conduire au constat d’inaptitude). Ainsi, l’avis d’inaptitude rendu lors de la seconde visite, qu’il n’avait pas demandée, est irrégulier d’après lui.

Le médecin du travail peut-il valablement constater l’inaptitude d’un salarié en arrêt de travail à l’issue d’une visite médicale non sollicitée par le salarié ?

Service Public vous répond :

La Cour de cassation, dans sa décision du 11 mars 2026, rappelle que le médecin du travail déclare le travailleur inapte à son poste, après étude de poste et échanges avec le salarié et l’employeur. Aucune mesure d’aménagement, d’adaptation ou de transformation du poste occupé ne doit être possible et l’état de santé du salarié doit justifier un changement de poste.

Elle rappelle aussi que le travailleur peut solliciter une visite médicale lorsqu’il anticipe un risque d’inaptitude. Le médecin du travail peut également organiser lui-même une visite médicale pour tout travailleur le nécessitant.

Au regard de ces éléments, la Cour de cassation estime que l’inaptitude peut être constatée à l’issue d’une visite initiée par le médecin du travail, dès lors que celui-ci :

  • a réalisé au moins un examen médical de l’intéressé (accompagné, le cas échéant des examens complémentaires, permettant un échange sur les mesures d’aménagement, d’adaptation ou de mutation de poste ou la nécessité de proposer un changement de poste) ;
  • a réalisé ou fait réaliser une étude des conditions de travail dans l’établissement ;

La Cour de cassation confirme alors le raisonnement de la cour d’appel, considérant que l’inaptitude du salarié avait été constatée de façon régulière. Le médecin du travail peut donc constater l’inaptitude d’un salarié en arrêt de travail suite à une visite médicale qu’il a initiée.

En conséquence, le licenciement du salarié repose sur une cause réelle et sérieuse. Ses demandes sont donc rejetées.

Fin du texte officiel repris

Source :DILA, publié le — Licence Ouverte / Etalab 2.0.

Consulter la publication d'originehttps://entreprendre.service-public.gouv.fr/actualites/A18900

Texte reproduit dans son intégralité. La mention de la source et de sa date de dernière mise à jour est la seule condition posée par la Licence Ouverte / Etalab 2.0 ; elle ne confère aucun caractère officiel à cette reprise et ne vaut ni reconnaissance ni caution de fildactu.fr par l'émetteur.

Sources

1 source (Service-Public.fr — Actualités des entreprises). Chaque lien renvoie vers la publication d'origine — le contenu reste chez son éditeur.

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