Interview croisée - "Les travaux scientifiques sont un pilier majeur du développement des politiques publiques"

Ministère de la Transition écologique — Licence Ouverte / Etalab 2.0. Publication d'origine, 26 août 2026.
Texte officiel intégral
Ci-dessous, le corps complet de la publication de Ministère de la Transition écologique, reproduit sans modification. La Licence Ouverte / Etalab 2.0 en autorise expressément la reproduction, à la seule condition d'en mentionner la paternité.
À l'occasion de la 3ème édition du Prix de thèse du ministère de la Transition écologique, trois lauréates reviennent sur les enseignements de leurs travaux et le rôle essentiel de la recherche dans la conception des politiques publiques environnementales. Sociologie des forêts, biodiversité marine et sciences cognitives : trois disciplines, un même objectif, mieux comprendre le monde pour mieux agir.
Les sujets de thèses des lauréates :
« Déterminants psychologiques de l'acceptabilité des politiques environnementales : une approche cognitive pour améliorer la compréhension des préférences citoyennes »
« Perspective multi-échelle des tendances du changement climatique dans l'Océan Indien Sud : potentiels impacts sur les écosystèmes pélagiques et implications pour la gestion de la biodiversité »
« Mobiliser les forêts face au réchauffement climatique. Une sociologie politique du travail écologique »
Clara Azarian : "les travaux scientifiques sont un pilier majeur du développement des politiques publiques. Ils permettent de développer une base de faits communs robustes mais aussi d'explorer des pistes d'outils et d'innovation dans nos manières de repenser la gestion face à de nouveaux enjeux.
Dans le contexte du changement climatique, cette capacité à prendre du recul est essentielle car au-delà de reconnaitre qu'il y aura des impacts, il est nécessaire de mieux comprendre la nature de ces impacts et nos marges de manœuvre afin d'y faire face."
Charlotte Glinel : "l’apport de la recherche passe aussi par une meilleure compréhension des réalités de terrain."
Mathilde Mus : "l’intégration des travaux scientifiques dans la fabrique des politiques environnementales me parait cruciale. Par exemple, les sciences cognitives permettent de mieux comprendre les facteurs guidant les perceptions, les ressentis et les croyances des individus sur les questions écologiques et de tester rigoureusement des interventions susceptibles de favoriser le passage à l’action."
Pourquoi avez-vous participé au prix de thèse du ministère ?
Mathilde Mus : "tout au long de mes recherches, j’avais à cœur de produire des connaissances utiles à l’action publique environnementale, et de ne pas confiner les résultats scientifiques au monde académique uniquement. Le prix du ministère était donc pour moi un moyen de faire connaître mes résultats de recherche, notamment aux acteurs de la décision publique."
Charlotte Glinel : "je souhaitais rendre visibles les résultats de mon travail de recherche car très peu de publications ou d’ouvrages fondés sur une enquête au long cours existaient sur le sujet de la gestion des forêts en France."
Clara Azarian : "en candidatant au prix de thèse, je voulais montrer qu'il était possible de réaliser une thèse au croisement de plusieurs disciplines. Tout au long de mon travail de recherche, il m’a fallu croiser différentes disciplines car l’océan constitue un terrain d’étude particulièrement riche où tout est interconnecté."
Qu’avez-vous souhaité démontrer à travers votre thèse ?
Charlotte Glinel : "dans ma thèse sur les acteurs du secteur forestier, j’ai souhaité montrer l’intérêt scientifique et politique à s’intéresser aux travailleurs qui façonnent des écosystèmes en pleine mutation, pour définir des politiques environnementales ambitieuses et réalistes."
Clara Azarian : "j’ai voulu montrer que, si le changement climatique est aujourd’hui une réalité bien établie, les connaissances sur ses impacts à des échelles pertinentes pour la gestion des écosystèmes marins restent encore « parcellaires ». Mon travail a donc consisté à faire le lien entre les changements à large échelle et l'impact sur des processus plus fins."
Mathilde Mus : "à travers ma thèse, j’ai voulu démontrer qu’il est possible de concilier efficacité environnementale et adhésion citoyenne, que nous ne sommes pas dans une impasse qui nécessiterait de choisir entre ces deux impératifs."
Fin du texte officiel repris
Source :Ministère de la Transition écologique, publié le — Licence Ouverte / Etalab 2.0.
Consulter la publication d'originehttps://www.ecologie.gouv.fr/actualites/interview-croisee-travaux-scientifiques-sont-pilier-majeur-du-developpement-politiques
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