Aller au contenu
SANTÉ1 source6 min de lecture

Journée internationale des langues des signes : quand le chansigne réinvente l'expérience musicale

Illustration — Santé
Bâtiment principal, hôpital de la Marine, Rochefort.jpg — Douskka, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Ministère chargé des Personnes handicapées — Licence Ouverte / Etalab 2.0. Publication d'origine, 23 septembre 2026.

Agrégé automatiquement — Responsable de publication : — Mis à jour le

L'essentiel

  • L'institutionnalisation de la discipline s'accélère en 2018 lorsque l'Opéra-Comique de Paris l'intègre à son enseignement.

Phrases relevées telles quelles dans le texte officiel reproduit ci-dessous (Ministère chargé des Personnes handicapées, Licence Ouverte / Etalab 2.0).

Texte officiel intégral

Ci-dessous, le corps complet de la publication de Ministère chargé des Personnes handicapées, reproduit sans modification. La Licence Ouverte / Etalab 2.0 en autorise expressément la reproduction, à la seule condition d'en mentionner la paternité.

Chaque année, la Journée mondiale des langues des signes met en lumière la richesse du langage gestuel et sensibilise le grand public à l'inclusion des personnes sourdes et malentendantes. C’est aussi l’occasion de découvrir ses expressions artistiques les plus vibrantes. Éclairage sur le chansigne : bien plus qu’un outil d’accessibilité, un art scénique à part entière.

Le chansigne, qu’est-ce que c’est ?

Le chansigne (ou sign singing en anglais) consiste à exprimer les paroles et la musicalité d’une chanson en langue des signes. Il offre au public sourd et malentendant la possibilité de vivre pleinement une représentation musicale, un concert ou un clip.

Alliant mise en scène, chorégraphie et expressions faciales, cette pratique dépasse la simple traduction textuelle : elle constitue une véritable interprétation artistique. En adaptant le rythme, le tempo et les émotions du morceau, le chansigneur propose une approche visuelle de la musique où l'on apprend à « écouter avec les yeux ».

À quoi sert la chansigne ?

Cette discipline remplit trois fonctions majeures pour les personnes sourdes et malentendantes :

  • Pédagogie et éducation : utilisé dans l'apprentissage de la langue des signes française (LSF), le chansigne favorise la mémorisation de façon ludique et culturelle.
  • Performance artistique : mêlant danse, théâtre et expression corporelle, le chansigne s'impose comme une œuvre originale qui valorise la langue des signes auprès de tous les publics.

Vers une démocratisation du chansigne

Le chansigne prend véritablement son essor en France au début des années 2000. Initialement cantonné aux spectacles adaptés ou militants, il est rapidement devenu une création artistique à part entière.

Les années 2010 marquent une démocratisation spectaculaire avec des collectifs spécialisés – comme 10 Doigts en Cavale – et la présence de chansigneurs sur les scènes de grands festivals français. Des artistes de renom intègrent désormais le chansigne sur scène ou dans leurs clips à l'instar d'Orelsan ou d'Angèle.

L'institutionnalisation de la discipline s'accélère en 2018 lorsque l'Opéra-Comique de Paris l'intègre à son enseignement. Elle touche le grand public au niveau international avec des interprétations phares comme celle de Justina Miles au Super Bowl 2023 lors de la performance de Rihanna. Plus récemment encore, le chansigne s'est imposé sur la scène mondiale grâce à la diffusion en direct pendant les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 sur des hymnes majeurs comme La Marseillaise interprétée par Axelle Saint-Cirel ou L'Hymne à l'amour par Céline Dion.

Le chansigne est, dès lors, régulièrement présent lors des festivals. En témoigne cette vidéo sur le collectif 10 Doigts en Cavale à Rock en Seine.

Lire la retranscription textuelle

Aurélie Nahon, cofondatrice de 10 Doigts en Cavale : « Nous sommes à Rock en Seine et nous allons traduire le concert de Wet Leg en langue des signes.

10 Doigts en Cavale, c'est un collectif qui rassemble des interprètes professionnels en langue des signes française et des artistes sourds. On intervient en festival pour traduire des concerts de musiques, pour les rendre accessible en langue des signes, afin que le public sourd puisse en profiter. On va être placé sur le côté gauche de la scène, on sera retransmis sur les écrans et on va intervenir sur les chansons qu'on a travaillées. Il faut savoir que ces chansons-là, on les a reçues plusieurs mois en amont pour pouvoir les traduire. Là notamment, c'est de l'anglais, donc traduire de l'anglais vers le français et du français vers la langue des signes française, puisqu'on s'adresse à un public sourd francophone.

Très souvent on nous dit : "Ah mais vous traduisez juste le texte ?" Pas du tout ! Il y a vraiment tout ce qui s'en dégage, les intentions. Là, on va le voir sur Wet Leg notamment, elle a beaucoup de double sens.

Je pense qu'il n'y a pas de secret dans le sens où les instruments, quand ils ressortent, et bien on va faire ressortir le solo de batterie, le solo de guitare. Quand il y a du rythme, on va être en rythme avec notre corps, avec nos expressions du visage. Quand c'est triste, on va avoir des expressions assez solennelles, quand c'est la joie, l'excitation, etc. Il faut que ça transparaisse sur notre visage et dans notre corps et nos mains. »

Un festivalier : « C'est la première fois que je viens ici. Je viens bien seulement pour les concerts chansignés. J'ai l'habitude avec le groupe des 10 Doigts en Cavale depuis un an déjà. C'est la première fois aussi, de voir des chansons en anglais, en langue des signes aussi. D'habitude, il y a du français. Là, c'est un peu original. »

Aurélie Nahon : « On remarque une belle évolution, une belle progression. L'accessibilité qui se démocratise de plus en plus. C'est une prise de conscience que ce public a été oublié en fait, alors qu'il mérite sa place. Et il mérite de profiter comme n'importe qui d'autre. »

Les trois chansigneuses de 110 Doigts en Cavale : « Rock en Seine ! »

Logo Ministère de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées

Le saviez-vous ?

C'est en 1760 que l’Abbé de l’Epée crée à Paris la première école gratuite pour enfants sourds avec un enseignement donnant une place aux langues gestuelles utilisées par les personnes sourdes : ce sont les premiers cours utilisant une langue signée.

Depuis, on assiste à la reconnaissance et l’émergence de langues des signes à travers le monde. L’ONU et la Fédération mondiale des sourds en recensent plus de 300, façonnées par les cultures et les histoires locales. Ainsi, chaque langue des signes est un système linguistique complexe. Leur grammaire tridimensionnelle repose sur la combinaison simultanée de la forme (configuration) et de l’orientation de la main, du mouvement et de l’emplacement du signe. L’expression du visage apporte des informations complémentaires. Cette organisation spatio-temporelle permet d'exprimer les nuances conceptuelles et poétiques liées à toute langue.

Le chansigne s’est imposé comme une performance artistique universelle offrant une expérience visuelle et sensorielle unique. En démocratisant l'accès aux concerts et aux spectacles vivants, il joue un rôle fondamental dans l’inclusion des personnes sourdes et malentendantes au cœur de notre vie culturelle.

Fin du texte officiel repris

Source :Ministère chargé des Personnes handicapées, publié le — Licence Ouverte / Etalab 2.0.

Consulter la publication d'originehttps://handicap.gouv.fr/journee-internationale-des-langues-des-signes-quand-le-chansigne-reinvente-lexperience-musicale

Texte reproduit dans son intégralité. La mention de la source et de sa date de dernière mise à jour est la seule condition posée par la Licence Ouverte / Etalab 2.0 ; elle ne confère aucun caractère officiel à cette reprise et ne vaut ni reconnaissance ni caution de fildactu.fr par l'émetteur.

Sources

1 source (Ministère chargé des Personnes handicapées — Actualités). Chaque lien renvoie vers la publication d'origine — le contenu reste chez son éditeur.

Sujets liés

D'autres sujets de la rubrique Santé qui partagent des mots de ce titre.

Comment ce sujet a-t-il été constitué ?

Les publications des sources suivies sur la rubrique Santé sont dédoublonnées par empreinte de titre sur une fenêtre de 72 heures, puis regroupées lorsqu'elles couvrent le même événement. Le compteur indique combien d'émetteurs distincts l'ont traité.

Le texte encadré plus haut est le corps de la publication de Ministère chargé des Personnes handicapées, repris dans son intégralité et sans modification. La Licence Ouverte / Etalab 2.0 sous laquelle cet organisme diffuse ses informations concède « un droit non exclusif et gratuit de libre réutilisation », dont celui « de la communiquer, la reproduire, la copier » et « de l'exploiter à titre commercial », sous la seule réserve d'en « mentionner la paternité » — la source et la date de dernière mise à jour, portées en tête et en pied du texte, avec le lien vers l'original. La mise en page — chapô détaché, intertitres, sommaire — est de fildactu.fr ; les mots sont ceux de l'émetteur, et pas un n'a été ajouté, retiré ni reformulé. Pour la presse et pour toute source sans autorisation vérifiée, fildactu.fr ne conserve que le titre tel que publié, le nom de l'éditeur, le lien d'origine et la date.

Où ce sujet est-il rangé ?