Campagne de lutte contre les violences faites aux enfants

Ministère des Solidarités — Licence Ouverte / Etalab 2.0. Publication d'origine, 17 septembre 2025.
L'essentiel
- 37 217 sollicitations (appels, tchat, formulaires) ont été traités par les équipes du 119, numéro d’urgence dédié à l’enfance en danger, en 2023.
- Ce silence est une conséquence d’un manque de repères : 74 % des personnes interrogées déclarent avoir du mal à identifier les situations de violences faites aux enfants.
- Lorsqu’ils ont été confrontés à un cas de violence envers un enfant, seuls 33 % des témoins font appel à la police, et 18 % à un numéro d’urgence.
- Lutter contre les violences faites aux enfants La maltraitance vise toute personne en situation de vulnérabilité lorsqu'un geste, une parole, une action ou un défaut d'action… Date de mise à jour le 17 septembre 2025
Phrases relevées telles quelles dans le texte officiel reproduit ci-dessous (Ministère des Solidarités, Licence Ouverte / Etalab 2.0).
Texte officiel intégral
Ci-dessous, le corps complet de la publication de Ministère des Solidarités, reproduit sans modification. La Licence Ouverte / Etalab 2.0 en autorise expressément la reproduction, à la seule condition d'en mentionner la paternité.
Alors que 58 % des Français estiment que parler des violences faites aux enfants est encore tabou, le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles lance une nouvelle campagne de lutte contre les violences faites aux enfants du 15 septembre au 26 octobre 2025. Cette campagne vise à faire connaître le 119, numéro national d’appel et site web de l’enfance en danger, pour inciter les adultes à agir en cas de doute ou de suspicion de violence.
Chiffres clés
- 37 217 sollicitations (appels, tchat, formulaires) ont été traités par les équipes du 119, numéro d’urgence dédié à l’enfance en danger, en 2023.
Source : Rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) 2019 ; Rapport d’activité du GIP France enfance protégée, Service national d‘accueil téléphonique de l‘enfance en danger 2023).
Perceptions et signalements des violences faites aux enfants par les Français
Une enquête de 2025, diligentée par le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles et réalisée par l’institut Toluna Harris, a permis d’obtenir des données récentes sur la perception, la connaissance et les comportements des Français face aux violences faites aux enfants.
Il en ressort un constat inquiétant : ces violences restent un tabou dans la société comme dans la sphère privée. Ce silence est une conséquence d’un manque de repères : 74 % des personnes interrogées déclarent avoir du mal à identifier les situations de violences faites aux enfants. Les Français se sentent mal informés sur ces violences, aussi bien sur l’ampleur du phénomène que la diversité des formes de violences.
Par ailleurs, le signalement des violences reste une démarche minoritaire, malgré des intentions affichées. Lorsqu’ils ont été confrontés à un cas de violence envers un enfant, seuls 33 % des témoins font appel à la police, et 18 % à un numéro d’urgence. Cette réalité traduit une difficulté persistante à agir, y compris face à des signes préoccupants.
Consulter le dossier de presse pour plus d’informations sur l’étude « Les français et le signalement des violences faites aux enfants » (Toluna harris / ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles)
Une campagne pour faire du 119 un réflexe citoyen
Les violences faites aux enfants sont encore insuffisamment dénoncées par l’entourage de l’enfant, qu’il s’agisse de proches ou de professionnels de proximité. Il est donc essentiel de responsabiliser tous les adultes du quotidien, de leur donner les clés pour faire preuve de vigilance et de les inciter à agir sans attendre, même en cas de doute.
Le ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles lance une nouvelle campagne de lutte contre les violences faites aux enfants à l’échelle nationale. Cette campagne s’inscrit dans le Plan de lutte contre les violences faites aux enfants 2023-2027, qui fixe les priorités de l’action publique : prévention, détection, protection et mobilisation de l’ensemble de la société (familles, professionnels, institutions, citoyens).
Elle vise à accompagner concrètement le passage à l’action, en rappelant qu’il n’est pas nécessaire d’avoir de certitudes ou de preuves pour agir : un doute, une inquiétude, un signal faible suffisent. Le 119 soutient, accompagne les victimes et témoins, et agit le cas échéant pour protéger les enfants.
Au cœur de cette campagne, plusieurs formats – un film, deux spots audios, de l’affichage urbain, des contenus web et réseaux sociaux – mettent en scène des situations du quotidien où des adultes s’interrogent face à un enfant qui ne va pas bien. Elle est diffusée du 15 septembre au 26 octobre 2025 en format vidéo sur le web, au cinéma, en affichage animé dans les centres commerciaux et les gares, ainsi qu’en format audio sur les plateformes de streaming et de replay, webradios et podcasts.
Lire la retranscription textuelle
Un enfant sort de chez lui. Il croise une dame dans la rue qui le reconnait. Elle le regarde passer et se dit : « Il pleure encore. »
L'enfant croise le chemin d'un monsieur qui facilite la traversée de la chaussée aux enfants devant l'école. Il le regarde, l'air inquiet et se dit : « Faut pas le laisser comme ça. »
Des parents déposent leur enfant à l'école. La sonnerie retentit pour annoncer le début des cours. Les enfants rentrent en courant dans l'établissement. Les deux parents se regardent : « Ça ne peut plus durer. »
Après l'école, l'enfant se rend dans une boulangerie. Le boulanger qui lui sert une baguette le regarde s'éloigner en pensant : « Il faut que j'appelle. »
Cette campagne rappelle que la vigilance de chacun peut être décisive, et que le 119 est là pour évaluer les situations, sans qu’il soit nécessaire d’avoir de certitude avant de le contacter. Même en cas de doute ou de suspicion de violence, il est recommandé d’appeler le 119.
Violences faites aux enfants : de quoi s’agit-il exactement ?
Pour mieux prévenir les violences faites aux enfants, il est essentiel de les nommer, d’apprendre à repérer les signes d’alerte, parfois discrets, et de signaler toute situation qui semble préoccupante.
Les enfants de tout milieu et de tout âge peuvent être victimes de maltraitances. Ces violences infligées aux enfants peuvent être :
- liées à des négligences graves comme l’absence de soins, de nourriture ou de sécurité affective.
Elles peuvent être exercées par des personnes en position d’autorité, souvent au sein même de la famille, mais aussi par d’autres enfants ou adultes. Elles peuvent se produire dans tous les lieux de vie de l’enfant : à la maison, à l’école, dans un club de sport, un établissement de soins ou de prise en charge du handicap, ou dans tout autre lieu public.
Trop souvent banalisées ou passées sous silence, les violences subies pendant l’enfance ou l’adolescence compromettent gravement la santé, la sécurité ou le développement de l’enfant. Elles ont des conséquences profondes, durables, parfois irréversibles et dramatiques. Elles altèrent la santé mentale et physique, perturbent la scolarité et les relations affectives. Elles peuvent également avoir un impact sur l’insertion sociale ou professionnelle à long terme.
Détecter et repérer les signes d’alerte des enfants ou adolescents en danger
Les violences faites aux enfants ne laissent pas toujours des marques visibles. Elles se manifestent souvent à travers des signes physiques, émotionnels ou comportementaux, qu’il est essentiel de savoir repérer, d’autant plus qu’ils varient selon l’âge de l’enfant.
Chez les enfants de moins de 6 ans
- Changements brusques du comportement (agitation, opposition, repli sur soi, désintérêt pour le jeu).
Chez les enfants de plus de 6 ans
- Troubles des conduites alimentaires et de l’humeur (irritabilité, tristesse, colère).
Chez les adolescents
- Troubles anxieux, dépressifs ou des conduites alimentaires (anorexie, boulimie…).
Si vous pensez qu'un enfant est en danger, contactez le 119
Par peur de mal faire, par tabou ou par crainte des conséquences, les maltraitances faites aux enfants sont insuffisamment signalées, y compris par l’entourage proche ou les professionnels de proximité.
Le 119 est le numéro national dédié à la prévention et à la protection des enfants en danger ou en risque de l’être. Ce service est gratuit, confidentiel, et joignable 24h/24, 7 jours sur 7. Le numéro n’apparait pas sur la facture de téléphone.
- les enfants et adolescents confrontés à une situation de risque et de danger, pour eux-mêmes ou pour un autre enfant qu'ils connaissent.
Accessible également en ligne, via le site www.allo119.gouv.fr, le 119 propose :
- une plateforme en langue des signes française (LSF) pour les personnes sourdes ou malentendantes.
C’est un espace d’écoute, de conseil et d’orientation, qui peut être sollicité même en l’absence de certitude. Il contribue au repérage précoce de violences et à la mise en œuvre rapide de mesures de protection adaptées. Il joue également un rôle de transmission, puisque les écoutants relaient les situations de danger potentiel aux services départementaux compétents, via les cellules de recueil des informations préoccupantes (CRIP), chargées d’évaluer les faits et de coordonner la réponse.
Le signalement est un levier essentiel de la protection des enfants contre les violences. Même en cas de doute, contacter le 119 peut permettre de sauver un enfant.
Que se passe-t-il lorsqu’on contacte le 119 ?
- Je suis témoin d’une situation ou j’ai une suspicion de violence faite à un enfant, je compose le 119.
- Je suis mis en relation avec un professionnel qui m’oriente si nécessaire vers un écoutant spécialisé.
- Un professionnel de l’enfance m’écoute attentivement et me pose des questions pour comprendre la situation.
- Si l’écoutant évalue un danger ou un risque de danger, il rédige un compte-rendu et le transmet dans les plus brefs délais à la Cellule de recueil des informations préoccupantes (CRIP) du département concerné. En cas de danger imminent nécessitant une mise à l’abri immédiate du mineur, le 119 contacte sans délai les services de première urgence pour une intervention immédiate.
- Si la famille refuse toute intervention et que le mineur est en danger, un signalement est transmis au Parquet.
Pour plus d’informations
- Lutter contre les violences faites aux enfants La maltraitance vise toute personne en situation de vulnérabilité lorsqu'un geste, une parole, une action ou un défaut d'action… Date de mise à jour le 17 septembre 2025
Fin du texte officiel repris
Source :Ministère des Solidarités, publié le — Licence Ouverte / Etalab 2.0.
Consulter la publication d'originehttps://solidarites.gouv.fr/campagne-de-lutte-contre-les-violences-faites-aux-enfants
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