De la vigne au grenadier : évoluer pour préparer l’avenir

Ministère de l'Agriculture — Licence Ouverte / Etalab 2.0. Publication d'origine, 2 octobre 2026.
L'essentiel
- Installé depuis 1993, il représente la quatrième génération du domaine du Val des Bruyères.
- La propriété familiale s’est développée au fil des années, pour atteindre 55 hectares de vignes.
- En 2015, Philippe Bardou plante ses premiers arbres.
- L'objectif était d'abord de vérifier l'adaptation de la culture au territoire. » Un essai concluant : une seconde parcelle est plantée en 2019.
Phrases relevées telles quelles dans le texte officiel reproduit ci-dessous (Ministère de l'Agriculture, Licence Ouverte / Etalab 2.0).
Texte officiel intégral
Ci-dessous, le corps complet de la publication de Ministère de l'Agriculture, reproduit sans modification. La Licence Ouverte / Etalab 2.0 en autorise expressément la reproduction, à la seule condition d'en mentionner la paternité.
Le dérèglement climatique menace les rendements et les revenus agricoles, fragilisant la pérennité de certaines exploitations et, à terme, la souveraineté alimentaire du pays. Dans ce contexte, certains viticulteurs explorent de nouvelles voies. L'une d'elles : remplacer une partie de la vigne par de nouvelles cultures, plus résilientes. Une démarche engagée par Philippe Bardou : sur les coteaux de Neffiès, dans l'Hérault, les grenadiers ont trouvé leur place dans le paysage, parmi les ceps de vigne.
« Le seul véritable inconvénient du grenadier ? Ses épines ! Lors de la récolte, mieux vaut porter des gants et des lunettes de protection. Certaines variétés, comme la Parfianka, sont si épineuses qu'elles peuvent crever les pneus des tracteurs. » Philippe Bardou s’attelle à la taille de ses arbres fruitiers, dont la parcelle surplombe son vignoble. Installé depuis 1993, il représente la quatrième génération du domaine du Val des Bruyères. La propriété familiale s’est développée au fil des années, pour atteindre 55 hectares de vignes. Mais cette expansion s'est heurtée à une réalité géographique complexe : un morcellement parcellaire hérité de l'histoire viticole régionale.
Ouvrir de nouvelles perspectives
Lorsque l’exploitation s’est restructurée, avec le rachat de surfaces plus grandes et mécanisables, les parcelles isolées, pentues ou situées en bordure de rivière se sont retrouvées en friche. Pour l’agriculteur, une évidence : ces surfaces ne doivent pas être abandonnées. « Mon père m'avait transmis des terres cultivées, elles devaient le rester. » Il en arrache alors les ceps, pour laisser la place à d'autres cultures. Il tente d'y semer des céréales, mais sans succès. Un souvenir d'enfance lui revient : celui de grenadiers sauvages aperçus dans la garrigue. En 2015, Philippe Bardou plante ses premiers arbres.
L'investissement reste modeste, avec 130 grenadiers seulement. « Le risque était très modéré, explique-t-il. L'objectif était d'abord de vérifier l'adaptation de la culture au territoire. » Un essai concluant : une seconde parcelle est plantée en 2019. Sans remettre en cause la place centrale de la vigne dans son exploitation, Philippe Bardou considère le grenadier comme une piste intéressante face aux défis climatiques.
Résistant à la sécheresse et au gel, peu sensible aux maladies… Son principal atout réside surtout dans sa complémentarité avec l’activité viticole. « Ces cultures vont de pair, souligne-t-il. Le grenadier s'adapte aux sols, et sa culture peut être conduite avec le matériel viticole. Les périodes de récolte se complètent également. Il n’y a pas de conflit d’organisation. »
Pour autant, cultiver des grenadiers ne s’improvise pas. « Sélectionner les meilleures variétés, effectuer la taille, choisir le bon moment pour récolter les fruits… Ce n’est pas si simple ! », admet-il. Et pour cause : cinq années sont nécessaires avant que les arbres produisent de manière significative, et près de dix ans pour qu’ils atteignent leur plein potentiel. Le producteur doit aussi composer avec la météo, qui l’oblige à adapter ses pratiques en permanence.
Aujourd'hui, ses presque deux hectares de grenadiers sont conduits « en sec », c'est-à-dire sans irrigation. Cette contrainte a dicté le modèle économique : à défaut de pouvoir garantir des calibres réguliers pour la vente en frais, Philippe Bardou a choisi de transformer la totalité de sa récolte en jus. En 2025, sa production de fruits était de 2,5 tonnes. L'objectif est, d'ici 4 à 5 ans, de doubler, voire tripler la quantité, à mesure que les jeunes vergers arriveront à maturité.
Construire une filière d’avenir : la force du collectif
Considérant le collectif comme « indispensable », Philippe Bardou a rejoint la fédération des producteurs de grenades du Sud, créée pour accompagner l'émergence de la filière sur l'arc méditerranéen. L'organisation rassemble aujourd'hui près de 160 producteurs, pépiniéristes et transformateurs. Un travail a été mené pour identifier les variétés les mieux adaptées aux conditions méditerranéennes et aux attentes du marché, en particulier sur l’astringence et le goût du jus produit. Cette démarche a abouti à la création de la marque collective Grenade Occitanie France, qui garantit l'origine des fruits et leur typicité.
La filière entre désormais dans une nouvelle phase de structuration. Gelées, vinaigres, fruits frais, mais aussi commercialisation des arilles pour la restauration : les perspectives dépassent la seule vente de jus.
Depuis février dernier, la filière a intégré le plan Agriculture Méditerranée (PAM), à travers le projet Filgro (filière grenade Occitanie). L'ambition ? « Structurer le passage du circuit court au circuit long pour s'imposer en grande distribution face aux importations », précise Pierre Colin, fondateur et président de la fédération. Et d’ajouter : « Le PAM accompagne les transformations à venir. La filière viticole connaît de profondes mutations. Ici, l'enjeu n'est pas de remplacer le potentiel viticole, mais d'apporter une solution à des viticulteurs qui souhaitent se diversifier, avec une rentabilité économique concrète. La grenade est une réponse. »
L’agriculture méditerranéenne est très exposée aux effets du dérèglement climatique, qui fragilisent les cultures et menacent la pérennité des productions agricoles. Face à ce constat, le ministère en charge de l’agriculture a lancé, en juillet 2024, le plan Agriculture Méditerranée. Son objectif ? Structurer des filières résilientes et durables dans ces régions, en soutenant notamment des projets de diversification.
Fin du texte officiel repris
Source :Ministère de l'Agriculture, publié le — Licence Ouverte / Etalab 2.0.
Consulter la publication d'originehttps://agriculture.gouv.fr/de-la-vigne-au-grenadier-evoluer-pour-preparer-lavenir
Texte reproduit dans son intégralité. La mention de la source et de sa date de dernière mise à jour est la seule condition posée par la Licence Ouverte / Etalab 2.0 ; elle ne confère aucun caractère officiel à cette reprise et ne vaut ni reconnaissance ni caution de fildactu.fr par l'émetteur.
Sources
Sujets liés
Comment ce sujet a-t-il été constitué ?
Les publications des sources suivies sur la rubrique Économie sont dédoublonnées par empreinte de titre sur une fenêtre de 72 heures, puis regroupées lorsqu'elles couvrent le même événement. Le compteur indique combien d'émetteurs distincts l'ont traité.
Le texte encadré plus haut est le corps de la publication de Ministère de l'Agriculture, repris dans son intégralité et sans modification. La Licence Ouverte / Etalab 2.0 sous laquelle cet organisme diffuse ses informations concède « un droit non exclusif et gratuit de libre réutilisation », dont celui « de la communiquer, la reproduire, la copier » et « de l'exploiter à titre commercial », sous la seule réserve d'en « mentionner la paternité » — la source et la date de dernière mise à jour, portées en tête et en pied du texte, avec le lien vers l'original. La mise en page — chapô détaché, intertitres, sommaire — est de fildactu.fr ; les mots sont ceux de l'émetteur, et pas un n'a été ajouté, retiré ni reformulé. Pour la presse et pour toute source sans autorisation vérifiée, fildactu.fr ne conserve que le titre tel que publié, le nom de l'éditeur, le lien d'origine et la date.