Les prélèvements d'eau douce par usages en France en 2021

SDES — Licence Ouverte / Etalab 2.0. Publication d'origine, 16 septembre 2024.
L'essentiel
- En 2021, 30 milliards de m3 d’eau douce ont été prélevés en France pour les besoins des activités humaines (hors production hydroélectrique).
- 82 % de ces prélèvements proviennent d’eaux de surface et 18% d’eaux souterraines.
- Le reste des prélèvements, pour les usages domestiques, agricoles, industriels et autres, se répartissent à parts comparables entre eaux de surface (48 %) et eaux souterraines (52 %).
- Répartition des volumes d’eau douce prélevés par usages et par milieux en France en 2021 En milliards de m 3 Note : données déclarées auprès des agences de l’eau, hors prélèvements en mer et en eau saumâtre, hors hydroélectricité.
Phrases relevées telles quelles dans le texte officiel reproduit ci-dessous (SDES, Licence Ouverte / Etalab 2.0).
Texte officiel intégral
Ci-dessous, le corps complet de la publication de SDES, reproduit sans modification. La Licence Ouverte / Etalab 2.0 en autorise expressément la reproduction, à la seule condition d'en mentionner la paternité.
En 2021, 30 milliards de m3 d’eau douce ont été prélevés en France pour les besoins des activités humaines (hors production hydroélectrique). 82 % de ces prélèvements proviennent d’eaux de surface et 18% d’eaux souterraines. 48 % sont prélevés pour le refroidissement des centrales de production d’électricité, 18,5 % pour l’alimentation des réseaux d’eau potable, 17 % pour l’alimentation des canaux de navigation, 9 % pour l’agriculture et 7,5 % pour les autres activités économiques.
Prélèvements en eaux de surface et eaux souterraines selon les usages
Les prélèvements en eau de surface (rivières, lacs…) sont mobilisés principalement soit pour le refroidissement des centrales de production d’électricité, soit pour l’alimentation des canaux de navigation. Le reste des prélèvements, pour les usages domestiques, agricoles, industriels et autres, se répartissent à parts comparables entre eaux de surface (48 %) et eaux souterraines (52 %).
Répartition des volumes d’eau douce prélevés par usages et par milieux en France en 2021 En milliards de m 3
Note : données déclarées auprès des agences de l’eau, hors prélèvements en mer et en eau saumâtre, hors hydroélectricité. Champ : France. Source : Banque nationale des prélèvements en eaux (BNPE), OFB. Traitements : SDES, 2024
Évolution des prélèvements d’eau douce par usage et selon les territoires
Les évolutions des prélèvements sur longue période ne sont disponibles que pour la France métropolitaine. Sur ce champ, les prélèvements s’élèvent à 29,5 milliards de m 3 d’eau douce en 2021 dont 48,6 % servent au refroidissement des centrales de production d’électricité, 17,8 % à l’alimentation des réseaux d’eau potable, 17,4 % à l’alimentation des canaux de navigation, 8,4 % à l’agriculture et 7,7 % aux autres activités économiques.
Depuis le milieu des années 2000, le volume d’eau douce prélevée en France métropolitaine baisse, que ce soit pour la production d’eau potable ou pour les usages industriels et le refroidissement des centrales électriques (en dehors du turbinage des barrages hydroélectriques).
Champ : France métropolitaine Source : Agences de l'Eau / OFB, Banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau. Traitements : SDES, 2024
La répartition géographique des prélèvements d’eau douce varie selon les usages. Si les volumes destinés à l’eau potable sont répartis sur l’ensemble du territoire, ceux pour l’agriculture sont plutôt concentrés dans le Sud du territoire, et ceux pour l’industrie à l’Est et au Nord. Une très grande partie du volume d’eau douce prélevé pour le refroidissement des centrales électriques est concentré sur un nombre restreint de sites.
Les prélèvements d’eau douce selon chaque usage en France métropolitaine
Prélèvements pour la production d'eau potable, pour l’agriculture, pour le refroidissement des centrales de production d’électricité, pour l’alimentation des canaux, et pour les autres activités économiques.
Les prélèvements pour la production et l’alimentation en eau potable représentent 17,8 % du total des volumes prélevés en 2021, en France métropolitaine.
Ils alimentent les réseaux publics d’adduction en eau potable auxquels sont raccordés les ménages, mais aussi les entreprises et tous les établissements équipés d’installations sanitaires (écoles, hôpitaux, hôtels, installations sportives).
Évolution depuis les années 1950 En 2021, les prélèvements d’eau douce pour l’alimentation en eau potable en France métropolitaine s’élèvent à 5,3 milliards de m 3. Sur longue période, ces prélèvements ont augmenté entre les années 1950 et la fin des années 1980 à un rythme supérieur à l’accroissement de la population. Relativement stables aux environs de 6 milliards de m 3 jusqu’au milieu des années 2000 (à l’exception d’un pic à 6,2 milliards de m3 en 2003, année de la canicule), ils tendent depuis à diminuer. Le volume prélevé annuellement par habitant s’établit à 81 m 3 en moyenne en 2021 contre 100 m 3 au début des années 2000.
Répartition territoriale Les deux tiers des prélèvements sont faits sur des ressources souterraines. Cette répartition est cependant variable d’un territoire à l’autre. En particulier, les prélèvements en eaux de surface sont majoritaires pour cet usage en région parisienne, en Bretagne, dans les Pays de la Loire, sur la Côte d’Azur et dans l’ancienne région Midi-Pyrénées.
Le niveau des prélèvements destinés à la distribution d’eau potable dépend principalement de la taille de la population résidente. Toutefois, de nombreux autres aspects entrent en jeu, liés notamment à la gestion et à l’interconnexion des réseaux de distribution. En effet, il n’est pas rare que l’eau prélevée en vue de sa potabilisation provienne d’un sous-bassin ou d’un département limitrophe. La fréquentation touristique est également susceptible d’affecter le niveau de ce ratio dans certaines zones géographiques, avec des prélèvements supplémentaires à ceux nécessaires à la population résidente.
Les prélèvements pour les usages agricoles, essentiellement liés à l’irrigation, représentent 8,4 % des volumes d’eau prélevés en 2021 en France métropolitaine, soit 2,5 milliards de m 3. L’irrigation est l’usage agricole principal. Elle complète les apports pluviométriques, soit pour améliorer les rendements, soit pour compenser les périodes de sécheresse. L’eau prélevée pour les usages agricoles est également utilisée de façon marginale pour l’abreuvement des animaux, le nettoyage des bâtiments et du matériel, mais ces usages peuvent également être en partie réalisés à partir du réseau public d’eau potable.
Une évolution sensible aux conditions climatiques Plus que tous les autres, les prélèvements agricoles sont soumis aux aléas des précipitations. Ainsi, les prélèvements de 2021 sont plus faibles que ceux des années précédentes, en lien avec une pluviométrie estivale plus importante que la moyenne cette année-là. Compte tenu de cette variabilité interannuelle, il est difficile de dégager une tendance nette d’évolution des prélèvements agricoles. Le taux de surfaces agricoles irrigables (c’est-à-dire équipées pour l’irrigation), moins dépendant des aléas météorologiques, est toutefois en augmentation nette sur la dernière décennie. On notera par ailleurs qu’environ 29 % du volume global prélevé pour cet usage n’est pas directement mesuré. Il fait l’objet d’une estimation forfaitaire (selon le nombre d’hectares irrigables par exemple) dans la Banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau (BNPE) et varie donc peu selon les années. Cette proportion est sensiblement plus élevée que pour les autres usages (en dehors de l’alimentation des canaux de navigation) pour lesquels cette part est de l’ordre de quelques pourcents.
Répartition territoriale Les prélèvements pour l’agriculture concernent surtout la moitié sud du pays, et, dans une moindre mesure, le Centre-Ouest. Cette eau est en majorité puisée en eaux de surface (64 % en 2021), avec cependant une situation contrastée entre le Sud, où les eaux de surfaces sont majoritaires (plus de 85 % des volumes prélevés), et les bassins du Centre et de l’Ouest, où la proportion est inverse (plus de 85 % de prélèvements en eaux souterraines). Les prélèvements particulièrement importants dans les Bouches-du-Rhône correspondent à de l’irrigation de surface pour les prairies permanentes (pâturages et prés) qui représentent 35 % des surfaces irriguées de ce département et pour la culture du riz, qui représente 18 % des surfaces irriguées.
Les prélèvements pour l’agriculture, essentiellement destinés à l’irrigation des cultures, interviennent pour l’essentiel entre avril et septembre, au moment où le débit naturel des cours d’eau est le plus bas (période d’étiage). Pour cet usage, la part de l’eau restituée aux milieux aquatiques par rapport à la quantité d’eau prélevée pour les usages agricoles est par ailleurs faible, l’eau étant pour l’essentiel absorbée par les plantes ou évaporée.
La production d’électricité est le secteur qui mobilise les plus grandes quantités d’eau en France métropolitaine avec 14,4 milliards de m 3 d’eau douce prélevée en 2021, soit 48,6 % du volume total prélevé (hors production hydroélectrique).
L’eau douce prélevée est utilisée pour assurer le refroidissement des centrales thermiques de production d’électricité (nucléaires ou à flamme). Plus de 95 % de l’eau prélevée (en moyenne nationale) est toutefois restituée au milieu naturel à proximité du lieu de prélèvement.
L’importance des volumes prélevés et restitués dépend cependant du type de système de refroidissement (fermé ou ouvert). Ainsi 79 % des prélèvements d’eau douce des centrales électriques sont concentrés en 2021 sur les trois sites nucléaires équipés de circuits ouverts.
Le fonctionnement en circuit de refroidissement ouvert nécessite des prélèvements d’eau plus importants qu’avec un système fermé : pour chaque kilowattheure produit, les circuits ouverts mobilisent en moyenne un volume d’eau 20 fois équivalent aux circuits fermés. Ces deux systèmes se différencient également par le devenir de l’eau prélevée après utilisation : pour les systèmes fermés, une partie de l’eau prélevée est évacuée sous forme de vapeur dans une tour aéroréfrigérante, alors que pour les circuits ouverts, la quasi-totalité de l’eau prélevée est restituée à la rivière.
La température de l’eau rejetée est toutefois plus élevée que celle prélevée. L’échauffement maximal du milieu aquatique résultant des rejets d’eau chaude après mélange est limité par la réglementation propre à chaque site (par décision de l’Autorité de sûreté nucléaire), et dépend à la fois de la période de l’année et des conditions climatiques.
Évolution depuis les années 1960 Les prélèvements en eau douce utilisés pour le refroidissement des centrales électriques se sont développés dès les années 1960, avec les besoins de la production d’électricité issue de centrales thermiques à combustibles fossiles. Ils se sont accrus au cours de la décennie 1980 avec la montée en puissance du parc de centrales nucléaires. Proches de 19 milliards de m 3 entre le milieu des années 1990 et le milieu des années 2000, ils tendent à diminuer tendanciellement depuis, notamment du fait de la diminution globale de l’utilisation des centrales thermiques « à flamme » (charbon, gaz, fioul, biomasse…) qui représentaient 17 % des volumes prélevés en 2010, contre 5 % en 2021.
Répartition territoriale Pour le refroidissement des centrales électriques, les prélèvements d’eau douce les plus importants se font le long du Rhône, du fait de la présence de trois centrales nucléaires équipées de circuits de refroidissement ouverts (sites de Tricastin dans la Drôme, Saint-Alban en Isère et Bugey dans l’Ain).
Les autres prélèvements d’eau douce pour cet usage se répartissent sur les fleuves et rivières le long desquels sont implantés les autres sites de productions d’électricité : principalement la Loire et le Rhône, mais également la Meuse, la Moselle, la Seine, la Vienne et la Garonne. A noter que les volumes d’eaux de mer ou saumâtre utilisés par les sites situés en zone littorale ne sont pas pris en compte ici.
Le volume d’eau mobilisé pour le refroidissement des centrales peut varier fortement d’une année sur l’autre, en fonction notamment de la quantité d’électricité produite, des conditions climatiques, et des caractéristiques d’exploitation des différents réacteurs. Ainsi, la baisse notable des prélèvements en 2020 est attribuable à la fermeture mi-2020 du site de Fessenheim mais aussi en grande partie au fonctionnement réduit du site du Bugey pour maintenance décennale. En 2021, les prélèvements augmentent à nouveau du fait d’un retour à la normale pour le site du Bugey, et en dépit de l’arrêt complet du site de Fessenheim.
L’eau douce mobilisée pour l’alimentation des canaux, en vue du maintien de la navigabilité ou de la circulation de l’eau dans ces ouvrages, représente 5,1 milliards de m 3 d’eau en France métropolitaine en 2021, soit 17,4 % du volume total prélevé. Ces prélèvements sont effectués en quasi-totalité dans les eaux de surface (99,7 %).
Évolution depuis 2012 L’historique concernant ces prélèvements est assez récent (peu ou pas de données avant 2012). Le volume annuel prélevé semble assez stable au fil du temps. On notera toutefois qu’environ 28 % des prélèvements, représentant 43 % des volumes prélevés, font l’objet d’une estimation forfaitaire qui ne varie pas ou très peu selon les années.
Répartition territoriale Ces prélèvements concernent principalement les bassins de la moitié est du pays et le pourtour méditerranéen : 48 départements sont concernés.
L’eau qui alimente les canaux est potentiellement disponible pour d’autres usages. Cependant pour éviter les doubles comptes, le volume indiqué pour cet usage exclut les prélèvements effectués dans des canaux pour d’autres usages (irrigation par exemple).
Par ailleurs, on considère généralement que l’eau prélevée pour cet usage est entièrement restituée au milieu naturel, même s’il y a probablement des pertes par évaporation ou fuite. Cette restitution se fait toutefois généralement dans un autre bassin versant que celui dans lequel a eu lieu le prélèvement.
En dehors de l’eau prélevée pour la production d’eau potable, l’agriculture, le refroidissement des centrales ou les canaux de navigation, les autres usages mobilisent 2,3 milliards de m3, soit 7,7 % des prélèvements d’eau douce en 2021 en France métropolitaine.
Parmi ceux-ci, 80 % sont réalisés par des entreprises industrielles, et le reste est attribuable à des collectivités et établissements publics et à certaines activités du secteur tertiaire, privé et public (bases de loisirs, golfs, stations de sport d’hiver (canons à neige), parcs, stades…) Dans cette catégorie ne sont recensés que les prélèvements directs effectués dans le milieu naturel par ces différents acteurs. L’utilisation d’eau potable distribuée par des réseaux publics, y compris par des acteurs industriels, est comptabilisée dans l’usage « production d’eau potable ».
Les entreprises industrielles utilisent l’eau soit comme solvant (électrolyse, homogénéisation de mélange, nettoyage de matières premières, de composants, d’outils ou d’équipements), soit comme matière première (boisson, aliments, médicaments, peintures, savons…) ou fluide caloporteur (vapeur ou refroidissement). Une fraction du volume des prélèvements enregistrés dans cette catégorie est utilisée pour des usages similaires aux usages domestiques (sanitaires).
Évolution depuis les années 1980 Les prélèvements directs pour l’ensemble des usages industriels et économiques diminuent en tendance depuis le début des années 1980. L’amélioration des processus de production a joué un rôle prépondérant dans cette évolution, accentuée par le ralentissement de certaines activités (industries extractives, métallurgie, matériaux de construction, matières plastiques, automobile).
En 2021, les prélèvements sont ainsi inférieurs de 43 % à ceux enregistrés en 1994. La proportion des eaux de surface dans ces prélèvements reste majoritaire et assez stable, autour de 60 %.
Répartition territoriale Le secteur de la chimie est le principal préleveur d’eau à usage industriel, avec environ 50 % des prélèvements de l’industrie manufacturière, suivi de la fabrication des papiers et cartons et de la fabrication des produits alimentaires (environ 15 % des prélèvements industriels pour chacun).
Une grande partie des prélèvements industriels de l’industrie chimique est concentrée dans le Nord-Est du territoire et dans le couloir rhodanien. Les prélèvements d’eau douce de l’industrie papetière sont plus dispersés sur le territoire. Ceux de l’industrie alimentaire sont concentrés dans le Nord (bassin de l’Escaut), l’Est (Rhin supérieur) et la Bretagne (Vilaine et côtiers bretons).
Données et cartes
Toutes les cartes sont mises à disposition sur l’application « Cartographie interactive » du SDES.
Les données détaillées sont téléchargeables via l'onglet « Tableau » / menu « Actions » / « Exporter » de cette application.
Fin du texte officiel repris
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