Les prélèvements d'eau douce par usage en France en 2023

SDES — Licence Ouverte / Etalab 2.0. Publication d'origine, 17 juillet 2026.
L'essentiel
- En 2023, 29,4 milliards de m3 d’eau douce ont été prélevés en France (hors production hydroélectrique).
- Ce volume est comparable à celui de 2022 (29,3 milliards de m3).
- Parmi ces prélèvements, 81 % proviennent des eaux de surface, et 19 % des eaux souterraines.
- Depuis 2008, le volume total des prélèvements a nettement baissé (- 16 %), principalement sous l’effet de la baisse des usages industriels et du refroidissement des centrales électriques.
Phrases relevées telles quelles dans le texte officiel reproduit ci-dessous (SDES, Licence Ouverte / Etalab 2.0).
Texte officiel intégral
Ci-dessous, le corps complet de la publication de SDES, reproduit sans modification. La Licence Ouverte / Etalab 2.0 en autorise expressément la reproduction, à la seule condition d'en mentionner la paternité.
En 2023, 29,4 milliards de m3 d’eau douce ont été prélevés en France (hors production hydroélectrique). Ce volume est comparable à celui de 2022 (29,3 milliards de m3). Parmi ces prélèvements, 81 % proviennent des eaux de surface, et 19 % des eaux souterraines. L’eau est prélevée pour différents usages : 45 % du volume est destiné au refroidissement des centrales électriques, 20 % pour l’alimentation des canaux de navigation, 18 % pour la production d’eau potable, 10 % pour l’agriculture et 7 % pour les autres activités économiques. Depuis 2008, le volume total des prélèvements a nettement baissé (- 16 %), principalement sous l’effet de la baisse des usages industriels et du refroidissement des centrales électriques.
Évolution des prélèvements d’eau douce par usage et selon les territoires
En 2023, 29,4 milliards de m 3 d’eau douce ont été prélevés en France, dont 28,9 milliards en France métropolitaine (hors production hydroélectrique), soit quasiment le même volume qu’en 2022 (29,1 milliards de m 3 ).
En raison d’étiages particulièrement bas en 2023, plusieurs restrictions de prélèvement ont été imposées par arrêtés préfectoraux. Ainsi, fin mai 2023, près de 10 % de la France métropolitaine était soumis à des restrictions d’usages des eaux superficielles et plus d’un tiers du territoire entre mi-juillet et la fin octobre.
En 2023, les usages se répartissent entre le refroidissement des centrales électriques (45 %), l’alimentation des canaux de navigation (20 %), la production d’eau potable (18 %), l’agriculture (10 %) et les autres activités économiques (7 %). Les deux premiers usages se différencient par le fait que l’eau est quasi totalement restituée au milieu naturel.
Depuis le milieu des années 2000, le volume d’eau douce prélevée en France métropolitaine a baissé de 16 %, que ce soit pour la production d’eau potable (- 8 %), pour les usages industriels (- 33 %) ou le refroidissement des centrales électriques, en dehors du turbinage des barrages hydroélectriques (- 27 %). Les prélèvements pour l’irrigation ont augmenté de 8 % entre 2008 et 2023. Toutefois, en élargissant l’analyse à des périodes plus longues afin de lisser les effets des variations météorologiques, les prélèvements sont quasiment stables entre les années 2008 à 2010 et 2020 à 2023.
Évolution des prélèvements d’eau douce par usage entre 2008 et 2023 en France métropolitaine En milliards de m 3
Note : données déclarées auprès des agences de l’eau, hors prélèvements en mer et en eau saumâtre, hors hydroélectricité. Champ : France métropolitaine. Sources : Agences de l'eau ; OFB, banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau. Traitements : SDES, 2026
La répartition géographique des prélèvements d’eau douce varie selon les usages. Si les volumes destinés à l’eau potable sont répartis sur l’ensemble du territoire, ceux pour l’agriculture sont plutôt concentrés dans le sud, tandis que ceux pour l’industrie le sont dans l’est et le nord.
Une très grande partie du volume d’eau douce prélevé pour le refroidissement des centrales électriques est concentrée sur un nombre restreint de sites en particulier le long du Rhône.
Prélèvements en eaux de surface et eaux souterraines selon les usages
En 2023, le refroidissement des centrales de production d’électricité et l’alimentation des canaux de navigation mobilisent exclusivement des eaux de surface (rivières, lacs, etc.). Le reste des prélèvements, pour les usages domestiques, agricoles, industriels et autres, se répartissent à parts comparables entre eaux de surface (48 %) et eaux souterraines (52 %).
Répartition des volumes d’eau douce prélevés par usages et par milieux en 2023 En milliards de m 3
Note : données déclarées auprès des agences de l’eau, hors prélèvements en mer et en eau saumâtre, hors hydroélectricité. Champ : France. Source : Banque nationale des prélèvements en eaux (BNPE), OFB. Traitements : SDES, 2026
Les prélèvements d’eau douce selon chaque usage en France métropolitaine
Eau potable, agriculture, refroidissement des centrales de production d’électricité, alimentation des canaux, et autres activités économiques.
Les prélèvements pour la production et l’alimentation en eau potable représentent 17,6 % du volume total prélevé en 2023 en France métropolitaine.
Ils alimentent les réseaux publics d’adduction en eau potable auxquels sont raccordés les ménages, mais aussi les entreprises ainsi que tous les établissements équipés d’installations sanitaires (écoles, hôpitaux, hôtels, installations sportives, etc.).
En 2023, les prélèvements d’eau douce pour l’alimentation en eau potable en France métropolitaine s’élèvent à 5,1 milliards de m 3 (Mdm 3 ), soit un volume légèrement inférieur à celui de 2022 (5,3 Mdm 3 ). Sur le long terme, ces prélèvements ont augmenté entre les années 1950 et la fin des années 1980, à un rythme supérieur à l’accroissement de la population. Relativement stables, aux environs de 6 Mdm 3 jusqu’au milieu des années 2000, à l’exception d’un pic à 6,2 Mdm 3 enregistré en 2003, année marquée par la canicule, ils tendent depuis à diminuer.
Au début des années 2000, le volume d’eau prélevé annuellement pour l’alimentation en eau potable est d’environ100 m 3 par habitant. Il diminue ensuite, notamment à la suite de la canicule de 2003, avec la prise de conscience collective de la nécessité d’une plus grande sobriété, pour s’établir en moyenne aux alentours de 81 m 3 par habitant depuis 2015. En 2023, il atteint à 77 m 3 par habitant, contre 81 m 3 en 2022. Cette baisse résulte de l’effet du recul des prélèvements destinés à cet usage (- 5 %)..
L es deux tiers des prélèvements proviennent de ressources souterraines. Cette répartition varie selon les territoires. Ainsi, les prélèvements en eaux de surface sont majoritaires pour cet usage en région parisienne, en Bretagne, dans les Pays de la Loire, sur la Côte d’Azur et en Occitanie. Dans ces régions, les nappes phréatiques sont souvent peu abondantes, difficiles d’accès ou exposées à des risques de pollution.
Volume d’eau potable prélevé, par habitant et par département en 2023
Lecture : les prélèvements pour l’alimentation en eau potable sont inférieurs à 70 m 3 par habitant, pour le département du Loiret en 2023. Note : la consommation moyenne est de 77 m 3 par habitant en métropole et de 78 m 3 par habitant en incluant les DROM. Champ : France. Sources : Banque nationale des prélèvements en eaux (BNPE), OFB. Recensement de la population 2023, Insee. Traitements : SDES, 2026.
Le niveau des prélèvements destinés à l’alimentation d’eau potable dépend principalement de la taille de la population résidente. Toutefois, de nombreux autres facteurs interviennent, notamment ceux liés à la gestion et à l’interconnexion des réseaux de distribution.
Les prélèvements d’eau douce destinés à l’alimentation en eau potable ne sont pas toujours réalisés au sein de l’unité de distribution (UDI) desservie. Il n’est pas rare que l’eau destinée à la potabilisation provienne d’un autre sous-bassin ou d’un autre département, selon l’organisation des réseaux et des ressources disponibles. Ainsi, de nombreux captages dans l’Yonne alimentent l’Île-de-France via de grands réseaux interconnectés, comme ceux d’Eau de Paris. Ces interconnexions entre territoires rendent parfois moins évident le lien direct entre le lieu de prélèvement et la zone effectivement desservie.
La fréquentation touristique est également susceptible d’affecter le niveau de ce ratio dans certaines zones géographiques, en générant des prélèvements supplémentaires par rapport aux besoins de la population résidente. Cela s’observe particulièrement dans les Alpes-Maritimes, en raison de l’attractivité du littoral, ainsi que dans les Hautes-Alpes, du fait de l’affluence touristique en zone de montagne.
Volume de prélèvements d'eau douce par usage principal et selon le milieu pour la production d'eau potable en 2023 En milliers de m 3
Les prélèvements destinés aux usages agricoles, essentiellement liés à l’irrigation, représentent 9,8 % des volumes d’eau prélevés en 2023 en France métropolitaine, soit 2,8 milliards de m 3 (Mdm 3 ).
L’irrigation constitue le principal usage agricole de l’eau. Elle complète les apports pluviométriques, soit pour améliorer les rendements, soit pour compenser les périodes de sécheresse.
L’eau prélevée pour les usages agricoles est également utilisée, de façon marginale, pour l’abreuvement des animaux ainsi que pour le nettoyage des bâtiments et du matériel. Ces usages peuvent être en partie assurés par le réseau public d’eau potable, mais ils ne sont pas identifiables au sein de l’usage « eau potable » dans la BNPE.
Plus que tout autre usage, les prélèvements agricoles dépendent fortement des conditions météorologiques, notamment des précipitations et de l’évaporation. Contrairement à l’été 2022, marqué par un déficit pluviométrique exceptionnel, la période estivale de 2023 a été conforme à la normale 1991-2020. Les prélèvements de 2023 liés à l’agriculture représentent ainsi 0,7 Mdm 3 de moins qu’en 2022. Le pourtour méditerranéen a cependant subi un déficit sévère, en particulier dans l’ancienne région Languedoc-Roussillon, où la pluviométrie annuelle a été inférieure de 30 % à la normale 1991-2020.
Les surfaces agricoles irrigables, c’est-à-dire équipées pour l’irrigation, ont nettement augmenté entre 2010 et 2020, puis se sont stabilisées entre 2020 et 2023. En revanche, les surfaces effectivement irriguées, après une hausse entre 2010 et 2020, ont ensuite diminué et sont moins étendues en 2023 qu’en 2020 (sources : recensement agricole et enquête structure ESEA2023 ).
Par ailleurs, en 2023, 23 % du volume total prélevé pour l’agriculture fait l’objet d’une estimation forfaitaire par les exploitants agricoles dans la Banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau (BNPE), par exemple à partir du nombre d’hectares irrigables, contre 21 % en 2022 et 29 % en 2021. Ce mode de déclaration conduit à une relative stabilité des volumes estimés et ne permet donc pas de suivre précisément les variations réelles des prélèvements.
Compte tenu de la forte variabilité liée aux conditions météorologiques, de l’évolution des surfaces irriguées et des modalités de déclaration, aucune tendance nette d’évolution de ces prélèvements n’apparaît sur une longue période.
Les prélèvements destinés à l’agriculture concernent surtout la moitié sud du pays et, dans une moindre mesure, le centre-ouest.
Cette eau est en majorité prélevée dans les eaux de surface (61 % en 2023), mais la répartition varie fortement selon les régions. Dans le sud, plus de 85 % des volumes prélevés proviennent des eaux de surface, tandis que dans les bassins du centre et de l’ouest, plus de 85 % des prélèvements sont effectués dans les eaux souterraines. Ces différences s’expliquent par la géologie : les terrains sédimentaires du sud ne disposent pas de nappes libres étendues, ce qui conduit à privilégier les prélèvements en eau de surface. À l’inverse, dans les bassins parisien et aquitain, l’empilement des couches géologiques rend les nappes libres plus accessibles.
Dans les Bouches-du-Rhône, les volumes prélevés particulièrement importants sont destinés à l’irrigation de surface des prairies permanentes (pâturages et prés), qui représentent 35 % des surfaces irriguées du département, ainsi qu’à la culture du riz, qui en représente 18 % (source : recensement agricole 2020).
Les prélèvements pour l’agriculture, essentiellement destinés à l’irrigation des cultures, interviennent principalement entre avril et septembre, période durant laquelle le débit naturel des cours d’eau est le plus faible (période d’étiage). Pour cet usage, la part de l’eau restituée aux milieux aquatiques est faible par rapport aux volumes prélevés pour les usages agricoles, l’eau étant majoritairement absorbée par les plantes ou évaporée.
Volume de prélèvements d'eau douce par usage principal et selon le milieu pour l'agriculture en 2023 En milliers de m 3
La production d’électricité est le secteur qui mobilise les plus grandes quantités d’eau en France métropolitaine, avec 13,1 milliards de m 3 (Mdm 3 ) d’eau douce prélevée en 2023, soit 45,2 % du volume total prélevé (hors production hydroélectrique). Après une nette baisse en 2022 (- 7,6 % par rapport à 2021), les prélèvements sont quasi stables en 2023 (+ 0,2 %). Ils sont inférieurs de 24 % à ceux de 2010.
L’eau douce prélevée est utilisée pour assurer le refroidissement des centrales thermiques de production d’électricité (nucléaires ou à flamme). Plus de 95 % de l’eau prélevée, en moyenne nationale, est toutefois restituée au milieu naturel à proximité du lieu de prélèvement.
Le volume d’eau mobilisé pour le refroidissement des centrales peut varier fortement d’une année sur l’autre, en fonction notamment de la quantité d’électricité produite, des conditions climatiques, et des caractéristiques d’exploitation des différents réacteurs. En 2023, la quasi-stabilité des prélèvements résulte d’une hausse des prélèvements des centrales nucléaires, compensée par la baisse de ceux des centrales thermiques. En effet, les centrales thermiques à charbon en métropole ont été nettement moins sollicitées qu’en 2022, grâce au rebond de la production nucléaire, à la forte augmentation de la production renouvelable et à la baisse de la consommation d’électricité (source : Bilan énergétique de la France pour 2023 ). Ainsi, la centrale thermique du Cordemais a nettement moins prélevé qu’en 2022 (- 228 millions de m 3 ), contribuant largement à la baisse des prélèvements totaux pour le refroidissement. Concernant les centrales nucléaires, la remise en service de certains réacteurs et la reprise de la production après des arrêts ont entraîné une hausse des prélèvements, comme à la centrale du Tricastin (+ 436 millions de m 3 ). Toutefois, malgré cette reprise, la production nucléaire reste en 2023 bien inférieure à celle des années 2000, et les prélèvements d’eau douce demeurent parmi les plus bas enregistrés.
L’importance des volumes prélevés et restitués dépend cependant du type de système de refroidissement (fermé ou ouvert). Ainsi, 84 % des prélèvements d’eau douce des centrales électriques sont concentrés en 2023 sur les trois sites nucléaires équipés de circuits ouverts (sites du Tricastin dans la Drôme, Saint-Alban en Isère et Bugey dans l’Ain).
Le fonctionnement en circuit de refroidissement ouvert nécessite en effet des prélèvements d’eau plus importants que ceux des systèmes fermés : pour chaque kilowattheure produit, les circuits ouverts mobilisent en moyenne un volume d’eau 20 fois équivalent aux circuits fermés. Ces deux systèmes se différencient également par le devenir de l’eau prélevée après utilisation : pour les systèmes fermés, une partie de l’eau prélevée est évacuée sous forme de vapeur via une tour aéroréfrigérante, alors que, pour les circuits ouverts, la quasi-totalité de l’eau prélevée est restituée à la rivière.
La température de l’eau rejetée est toutefois plus élevée que celle prélevée. L’échauffement maximal du milieu aquatique résultant des rejets d’eau chaude, après mélange, est encadré par la réglementation propre à chaque site (fixé par décision de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection) et dépend à la fois de la période de l’année et des conditions climatiques..
Les prélèvements en eau douce utilisés destinés au refroidissement des centrales électriques se sont développés dès les années 1960, avec les besoins de la production d’électricité issue de centrales thermiques à combustibles fossiles. Ils se sont accrus au cours des années 1980 avec la montée en puissance du parc de centrales nucléaires. Proches de 19 Mdm 3 entre le milieu des années 1990 et le milieu des années 2000, ils diminuent tendanciellement depuis, notamment en raison du recul de l’utilisation des centrales thermiques « à flamme » (charbon, gaz, fioul, biomasse, etc.), dont la part dans les volumes prélevés est passée de 17 % en 2010 à 3,4 % en 2023.
Pour le refroidissement des centrales électriques, les principaux prélèvements d’eau douce se font le long du Rhône, en raison de la présence de trois centrales nucléaires équipées de circuits de refroidissement ouverts.
Les autres prélèvements d’eau douce pour cet usage sont répartis le long des fleuves et rivières où sont implantés les autres sites de production d’électricité, principalement la Loire et le Rhône, mais également la Meuse, la Moselle, la Seine, la Vienne et la Garonne. Les volumes d’eau de mer ou d’eau saumâtre utilisés par les sites situés en zone littorale ne sont pas comptés ici.
Volume de prélèvements d'eau douce par usage principal et selon le milieu pour le refroidissement des centrales électriques en 2023 En milliers de m 3
L’eau douce mobilisée pour l’alimentation des canaux, en vue du maintien de la navigabilité ou de la circulation de l’eau dans ces ouvrages, représente 5,8 milliards de m 3 d’eau en France métropolitaine en 2023, soit 20,3 % du volume total prélevé. Ces prélèvements sont effectués en quasi-totalité dans les eaux de surface (99,9 %).
L’historique concernant ces prélèvements est relativement récent (il existe peu, voire pas de données avant 2012). Le volume annuel prélevé est globalement stable au fil du temps. Plusieurs dispositifs permettent de déterminer les volumes d’eau soumis à redevance, selon les équipements de mesure installés ou la nature des prélèvements. En 2023, 66 % des points de prélèvement pour l’alimentation des canaux, représentant 42 % des volumes, sont mesurés directement, par exemple au moyen d’un compteur. Comme en 2022, 26 % des points sont déterminés forfaitairement, ce qui correspond à 38 % des volumes, soit une part bien moindre qu’en 2022 (45 %). Enfin, 8 % font l’objet d’une mesure indirecte ou spécifique (20 % des volumes).
L’eau qui alimente les canaux est potentiellement disponible pour d’autres usages. Cependant, afin d’éviter les doubles comptes, le volume indiqué pour cet usage exclut les prélèvements effectués dans des canaux pour d’autres usages (irrigation, eau potable, par exemple).
Par ailleurs, on considère généralement que l’eau prélevée pour cet usage est entièrement restituée au milieu naturel, même s’il existe probablement des pertes par évaporation ou fuite. Cette restitution se fait toutefois généralement dans un autre bassin versant que celui dans lequel le prélèvement a eu lieu.
Ces prélèvements concernent principalement les bassins de la moitié est du pays et le pourtour méditerranéen : 51 départements sont concernés.
Volume de prélèvements d'eau douce par usage principal et selon le milieu pour l'alimentation des canaux de navigation en 2023 En milliers de m 3
En dehors de l’eau prélevée pour la production d’eau potable, l’agriculture, le refroidissement des centrales ou les canaux de navigation, les autres usages mobilisent 2,1 milliards de m 3, soit 7,2 % des prélèvements d’eau douce en 2023 en France métropolitaine.
Parmi ceux-ci, 80 % sont réalisés par des entreprises industrielles, et le reste est attribuable aux collectivités, aux établissements publics ainsi qu’à certaines activités du secteur tertiaire, privé et public (bases de loisirs, golfs, stations de sport d’hiver (canons à neige), parcs, stades, etc.). Dans cette catégorie, ne sont recensés que les prélèvements directs effectués dans le milieu naturel par ces différents acteurs. L’utilisation d’eau potable distribuée par des réseaux publics, y compris par des acteurs industriels, est comptabilisée dans l’usage « production d’eau potable ».
Les entreprises industrielles utilisent l’eau soit comme solvant (électrolyse, homogénéisation de mélanges, nettoyage de matières premières, de composants, d’outils ou d’équipements), soit comme matière première (boissons, aliments, médicaments, peintures, savons, etc.), soit comme fluide caloporteur (vapeur ou refroidissement). Une fraction du volume des prélèvements enregistrés dans cette catégorie est utilisée pour des usages similaires aux usages domestiques (sanitaires).
Le secteur de la chimie est le principal préleveur d’eau à usage industriel, avec environ 47 % des prélèvements de l’industrie manufacturière, suivi par la fabrication des produits alimentaires (20 %) et de celle des papiers et cartons (14 %).
Les prélèvements directs pour l’ensemble des usages industriels et économiques diminuent tendanciellement depuis le début des années 1980. L’amélioration des processus de production a joué un rôle prépondérant dans cette évolution, accentuée par le ralentissement de certaines activités (industries extractives, métallurgie, matériaux de construction, matières plastiques, automobile).
En 2023, les prélèvements pour les usages industriels et économiques sont ainsi inférieurs de 46 % à ceux enregistrés en 1994. La proportion de recours aux eaux de surface dans ces prélèvements reste majoritaire au niveau national, autour de 61 %, mais avec des écarts importants selon les départements : 100 % à Paris ou en Haute-Loire, contre moins de 10 % dans la Drôme et dans la Marne. Par ailleurs, cette proportion est stable dans le temps au niveau national.
Une grande partie des prélèvements industriels de l’industrie chimique est concentrée dans le Nord-Est du territoire et dans le couloir rhodanien. Les prélèvements d’eau douce de l’industrie papetière sont plus dispersés sur le territoire. Ceux de l’industrie alimentaire sont concentrés dans le Nord (bassin de l’Escaut), l’Est (Rhin supérieur) et en Bretagne (Vilaine et côtiers bretons).
Volume de prélèvements d'eau douce par usage principal et selon le milieu pour l'industrie et les autres activités économiques en 2023 En milliers de m 3
L'essentiel en infographie
Découvrez les principaux chiffres relatifs aux prélèvements d'eau douce par usage en France en 2023.
Afficher Masquer la version texte du média Prélèvements d'eau douce en 2023 selon les usages en France métropolitaine Refroidissement des centrales électriques : 45 % Alimentation des canaux : 20 % Production d’eau potable : 18 % Usages agricoles : 10 % Usages industriels : 7 %
Méthodologie
En France, les prélèvements d’eau douce sont soumis à un régime réglementaire de déclaration ou d’autorisation ainsi qu’à l’enregistrement des volumes prélevés, en application de la loi sur l’eau de 1992, révisée par la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (LEMA) de 2006.
Données et cartes
Les données détaillées sont téléchargeables sur l’interface « Cartographie interactive » du SDES via l’onglet « Tableau » / menu « Actions » / « Exporter ».
Fin du texte officiel repris
Source :SDES, publié le — Licence Ouverte / Etalab 2.0.
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