Victime ou témoin de maltraitance envers un adulte vulnérable, j’appelle le 3133

Ministère des Solidarités — Licence Ouverte / Etalab 2.0. Publication d'origine, 1er juin 2026.
L'essentiel
- La loi 2016-1691 du 9 décembre 2016 dite « loi Sapin » protège les lanceurs d’alertes.
Phrases relevées telles quelles dans le texte officiel reproduit ci-dessous (Ministère des Solidarités, Licence Ouverte / Etalab 2.0).
Texte officiel intégral
Ci-dessous, le corps complet de la publication de Ministère des Solidarités, reproduit sans modification. La Licence Ouverte / Etalab 2.0 en autorise expressément la reproduction, à la seule condition d'en mentionner la paternité.
Vous êtes victime ou témoin de maltraitance envers une personne adulte vulnérable, âgée, en situation de handicap ou de précarité ? Depuis le 1 er mars 2026, le 3133 est le numéro national dédié à la lutte contre les maltraitances. Il remplace le 3977. Ce numéro est gratuit et accessible 7 jours/7, de 9 h à 20 h.
La maltraitance envers les personnes vulnérables – personnes âgées, en situation de handicap ou de précarité – est une réalité préoccupante qui peut prendre différentes formes : violences physiques, psychologiques, financières ou liées à de la négligence. Elle se manifeste souvent par un abus de pouvoir ou un défaut de soins, que ce soit à domicile ou en institution. Ces actes portent gravement atteinte à la dignité et aux droits fondamentaux des personnes particulièrement vulnérables. La sensibilisation et le signalement sont essentiels pour briser le silence et protéger les victimes.
Lire la retranscription textuelle
Vous êtes inquiet pour quelqu'un dont le comportement a changé ? Une personne adulte vulnérable, âgée, en situation de handicap ou de précarité ? Une situation ne vous semble pas normale ? Violences physiques, psychologiques, financières ou liée à de la négligence ? Un abus de pouvoir ou un défaut de soin ? Vous ne savez pas à qui en parler ni quoi faire ? Il existe un numéro gratuit, accessible à tous. C'est le 3133.
Vous êtes victime, proche ou simplement témoin d'une situation préoccupante ? Ce numéro est fait pour vous.
L'appel est gratuit, disponible 7 jours sur 7 de 9 h à 20 h, accessible aux personnes sourdes ou malentendantes.
Un écoutant formé vous répond. Si vous êtes en danger immédiat, il vous oriente directement vers les secours : le 15, le 17, le 18 ou le 114. Sinon, il prend le temps de vous écouter, sans jugement, sans limite de temps, et l'appel peut rester anonyme si vous le souhaitez. L'écoutant analyse la situation à travers quatre questions. Il cherche à comprendre. Existe-t-il une relation d'aide entre la personne et l'auteur des faits ? La personne est-elle vulnérable ? Les faits relèvent-ils d'un geste, d'une parole, d'une action ou d'un défaut d'action ? Y a-t-il des conséquences sur la personne ? Si les quatre réponses sont oui, la situation est qualifiée de maltraitance potentielle. Chaque situation est traitée dans les meilleurs délais et transmise aux autorités compétentes. L'agence régionale de santé (l'ARS), le conseil départemental ou la direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités (la DDETS). Vous serez ensuite informé par un email des suites données à votre signalement.
Tout appel, sans exception, donne lieu à une trace écrite par la plateforme. Et si vous n'êtes pas disponible pendant les horaires d'ouverture, vous pouvez également remplir un formulaire sur le site pour effectuer un signalement en ligne ou être rappelé.
Qui peut appeler le 3133 ?
Le 3133 peut être composé par tous. Il est ouvert à toute personne victime ou témoin d’une situation de maltraitance :
- un proche, un aidant ou toute personne témoin ou inquiète pour une personne vulnérable.
Une personne se sent ou est en situation de vulnérabilité lorsqu’elle se trouve en difficulté voire dans l’impossibilité de se défendre ou de faire cesser une maltraitance à son égard ou de faire valoir ses droits du fait de son état de santé, d’une situation de handicap, d’un environnement inadapté ou violent, d’une situation de précarité ou d’une relation d’emprise.
Appeler le 3133 permet de bénéficier d'une écoute professionnelle, d'un accompagnement personnalisé et d'une orientation vers une réponse adaptée à votre situation. Ce numéro est à votre disposition même en cas de doute. Il participe au repérage des maltraitances afin d’y apporter des solutions au plus tôt.
Pour planifier un appel avec le 3133 ou demander à être rappelé, veuillez compléter ce formulaire.
Un formulaire de signalement en ligne est également disponible. Il permet un signalement écrit et une saisine à tout moment, y compris en dehors des horaires d’ouverture du numéro 3133.
Que se passe-t-il lorsque j’appelle le 3133 ?
- Je suis victime ou témoin de maltraitance envers une personne vulnérable, j’appelle le 3133.
- Un professionnel formé m’écoute et analyse la situation. En fonction des faits : - la déclaration relève de faits de maltraitances, celle-ci est transmise à l’autorité compétente : l’agence régionale de santé, le conseil départemental ou la direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités ; - dans les autres cas, je suis orienté vers les interlocuteurs adaptés à ma situation.
- Pour les situations de maltraitance, je suis informé de l’avancée de ma demande en recevant un retour d’information par mail.
Quels sont les signaux qui alertent sur la souffrance d’une personne maltraitée ?
Des signes peuvent vous alerter sur des faits de maltraitance :
Vous avez des doutes ou peur de vous tromper, le 3133 vous accompagne dans votre démarche et vous apporte conseil si besoin.
La maltraitance : la qualifier pour mieux la combattre
Un vocabulaire spécifique a été établi pour définir la maltraitance :
Il y a maltraitance d’une personne en situation de vulnérabilité lorsqu’un geste, une parole, une action ou un défaut d’action, compromet ou porte atteinte à son développement, à ses droits, à ses besoins fondamentaux, et/ou à sa santé et que cette atteinte intervient dans une relation de confiance, de dépendance, de soin ou d’accompagnement.
Les situations de maltraitance peuvent être ponctuelles ou durables, intentionnelles ou non ; leur origine peut être individuelle, collective ou institutionnelle. Les violences et les négligences peuvent revêtir des formes multiples et associées au sein de ces situations. (Article L119-1, Code de l'action sociale et des familles)
Les maltraitances surviennent souvent dans des relations de confiance, de dépendance, de soin ou d’accompagnement. Elles prennent plusieurs formes :
La maltraitance physique
La maltraitance physique est la forme la plus visible de violence. Elle inclut les coups, les bousculades, les brûlures, les morsures, ou encore l'administration inappropriée de médicaments ou de substances.
La maltraitance psychologique
Ce type de violence est plus difficile à détecter car elle ne laisse pas de traces physiques. Elle comprend :
- l'isolement social (ou maltraitance civique) : empêcher la personne de voir ses proches ou de communiquer avec l'extérieur ;
Les violences sexuelles
Il s'agit de tout acte à caractère sexuel commis avec menace, contrainte, surprise ou violence (agressions sexuelles, viols, etc.), ou sur une personne qui n'est pas en mesure de donner son consentement (mineurs, personnes vulnérables).
La négligence (ou maltraitance passive)
Elle survient lorsqu'un besoin fondamental n'est pas satisfait par la personne qui en a la responsabilité. On distingue :
- la négligence physique : manque de nourriture, d'hygiène, d'habillement ou de soins médicaux et douleurs non prises en compte (maltraitance médicales)
- la négligence émotionnelle : manque d'attention, d'affection ou de soutien moral.
La maltraitance institutionnelle
Elle se produit au sein de structures (écoles, hôpitaux, EHPAD, prisons) où des règles inadaptées, un manque de personnel ou des pratiques routinières finissent par porter atteinte aux droits et au bien-être des individus.
Les phénomènes de maltraitance se manifestent fréquemment par une accumulation de faits. Parfois insidieux, certains comportements du quotidien finissent par isoler la personne vulnérable.
Les maltraitances peuvent découler d’actes intentionnels ou sans intention de nuire. L'omission de soins, souvent liée à un déficit d'information, constitue une forme de maltraitance involontaire. Puisque ces situations peuvent survenir dans n'importe quel cadre (privé ou professionnel), une attention de tous les instants est requise pour prévenir et signaler ces abus.
La lutte contre les maltraitances est l’affaire de tous
La lutte contre les maltraitances s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale dédiée dont l’un des objectifs est de renforcer significativement la prévention, le repérage et l’accompagnement des situations de maltraitance. L’utilisation des dispositifs d’alerte et d’écoute est essentielle pour arrêter les maltraitances.
- La loi 2016-1691 du 9 décembre 2016 dite « loi Sapin » protège les lanceurs d’alertes.
Face à une situation de maltraitance, chacun peut jouer un rôle décisif. Il n’est pas nécessaire d’être certain pour agir : le doute suffit pour alerter, en toute simplicité et sans risque de se tromper. Alerter sur une situation préoccupante, c’est déjà contribuer à faire cesser des maltraitances et à protéger les personnes les plus vulnérables. Être témoin, c’est pouvoir protéger.
Lire la retranscription textuelle
Jean-Manuel Vallée, directeur d'une entreprise de service d'aide et d'accompagnement à domicile (SAAAD), Pantin (93) : Je suis directeur d'un service d'aide à domicile et dans ce cadre-là, j'ai eu plusieurs remontées d'aides à domicile au sujet d'une dame âgée, 92 ans, seule, pour qui on trouvait quand même de plus en plus qu'il y avait des manquements par son entourage familial, puisqu'elle avait un fils unique, mais aussi par l'équipe médico-sociale. Régulièrement, la nourriture était un peu faible. Il n'y avait pas toujours de quoi la changer. Il n'y avait pas toujours de quoi la laver. Les médicaments n'étaient pas toujours préparés. J'ai interpellé le fils plusieurs fois en disant que je comprenais tout à fait qu'il puisse être épuisé et qu'il lâche prise un peu. Puis après, on a signalé.
Moi, je l'ai fait dans un cadre professionnel donc plus avec un écrit. On peut dans un premier temps appeler le 3133. Là, on a quelqu'un de dédié qui est là pour écouter. Suite à mon signalement, les autorités ont réagi très rapidement.
Aujourd'hui, cette dame, elle est effectivement dans un EHPAD. Elle va beaucoup mieux, elle a pris un peu de poids et visiblement elle retrouve un peu de sa mobilité. Ça a été vraiment bénéfique pour elle.
Je pense qu'il ne faut pas hésiter à appeler le numéro. En face, on a des professionnels qui vont écouter, qui vont poser les bonnes questions et surtout faire les choses derrière.
Le signal, c'est si je me pose la question, c'est qu'il y a une question. Et donc il faut faire, il faut appeler.
Victime ou témoin de maltraitance envers un adulte vulnérable, appelez le numéro national d'écoute et de signalement 3133.
Fin du texte officiel repris
Source :Ministère des Solidarités, publié le — Licence Ouverte / Etalab 2.0.
Consulter la publication d'originehttps://solidarites.gouv.fr/3133-maltraitances
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