Santé et besoin de répit des proches aidants

Drees — Licence Ouverte / Etalab 2.0. Publication d'origine, 28 septembre 2026.
L'essentiel
- Parmi les aidants à la vie quotidienne, le besoin de répit, désigné comme un temps permettant aux aidants de faire une pause dans l’aide apportée, est exprimé par 36 % des proches aidants, soit, 2,1 millions d’entre eux.
- 41 % des femmes proches aidantes déclarent un besoin de répit contre 30 % des hommes.
- Lorsqu’elles expriment ce besoin, elles sont également plus nombreuses à souhaiter des moments de pause plus longs ou plus réguliers que ceux dont elles disposent déjà : 39 % contre 29 % des hommes.
- Les parents aidants d’enfants en situation de handicap constituent un autre profil d’aidants qui déclarent un besoin de répit élevé : 51 % signalent en avoir besoin.
Phrases relevées telles quelles dans le texte officiel reproduit ci-dessous (Drees, Licence Ouverte / Etalab 2.0).
Texte officiel intégral
Ci-dessous, le corps complet de la publication de Drees, reproduit sans modification. La Licence Ouverte / Etalab 2.0 en autorise expressément la reproduction, à la seule condition d'en mentionner la paternité.
La Drees publie deux nouvelles études sur le besoin de répit et sur l’état de santé des proches aidants. La première analyse le besoin de répit des 5,9 millions de proches aidants qui apportent une aide à la vie quotidienne de leur proche vivant en logement ordinaire en s’appuyant sur les données du volet Aidants de l’enquête Autonomie-Ménages. La seconde, en collaboration avec l’Institut des Politiques Publiques (IPP) observe l’état de santé des proches aidants en Europe, à partir des données de l’enquête européenne sur la santé (EHIS). Ensemble, ces travaux s’inscrivent dans une série de travaux récents de la Drees sur les proches aidants, qui mettent en lumière les enjeux liés à l’investissement important que représente l’aide apportée à un proche. Ils montrent que les aidants les plus fortement mobilisés expriment plus souvent un besoin de répit et qu’une implication importante dans l’aide peut également être associée à une moins bonne santé, notamment mentale.
Parmi les aidants à la vie quotidienne, le besoin de répit, désigné comme un temps permettant aux aidants de faire une pause dans l’aide apportée, est exprimé par 36 % des proches aidants, soit, 2,1 millions d’entre eux. Le besoin de répit augmente significativement avec l’intensité de l’aide apportée, qui est mesurée ici par le nombre et le type de tâches effectuées et le volume d’heures d’aide apporté. Environ un quart des personnes effectuant au maximum trois tâches d’aide différentes souhaitent des moments de pause contre plus de deux tiers de celles qui réalisent plus de huit tâches (graphique). Les aides aux soins personnels (aider à manger ou boire, à se laver ou s’habiller…) et les aides à la mobilité (déplacements dans le domicile, lever et coucher du lit…) qui représentent des tâches physiques et techniques sont plus souvent associées à un besoin de répit que les aides aux tâches domestiques et organisationnelles (faire les courses, le ménage…).
Dans leur rôle d’aidant, les femmes déclarent plus fréquemment un besoin de répit que les hommes
41 % des femmes proches aidantes déclarent un besoin de répit contre 30 % des hommes. Lorsqu’elles expriment ce besoin, elles sont également plus nombreuses à souhaiter des moments de pause plus longs ou plus réguliers que ceux dont elles disposent déjà : 39 % contre 29 % des hommes. Les parents aidants d’enfants en situation de handicap constituent un autre profil d’aidants qui déclarent un besoin de répit élevé : 51 % signalent en avoir besoin. 80 % des parents aidants cohabitent avec l’enfant aidé, une situation susceptible de limiter les possibilités de répit.
Parmi les aidants déclarant un besoin de répit, une grande majorité parvient à en prendre, mais souvent de manière jugée insuffisante
Parmi ceux qui expriment un besoin de répit, 49 % ne parviennent pas à en bénéficier dans des conditions jugées satisfaisantes : 35 % prennent des moments de pause mais jugés insuffisants et 14 % n’en prennent aucun. Lorsqu’ils prennent un temps de répit, celui-ci repose le plus souvent sur des arrangements peu institutionnalisés : les moments où la personne aidée peut rester seule (52 %) ou encore l’intervention de l’entourage ou de professionnels à domicile (47 %). Le recours à des solutions hors du domicile, dans des lieux dédiés comme l’accueil en établissement, est minoritaire (21 %). Au-delà de la question du répit, un autre enjeu est celui des conséquences potentielles de l’aide sur leur propre santé. La seconde étude publiée par la Drees et l’IPP apporte un éclairage sur cette question à l’échelle européenne.
Selon l’Enquête santé européenne (EHIS), la France figure en 2019 parmi les pays où la part de personnes se déclarant proches aidants est la plus élevée, avec 25 % 1 de la population concernée, un niveau au-delà de la moyenne européenne où 16 % des personnes âgées de 15 ans ou plus déclarent apporter régulièrement une aide ou des soins à une personne en situation de handicap, de maladie chronique ou de perte d’autonomie. Si la France se caractérise par une proportion élevée de proches aidants, la part d’aidants consacrant au moins 20 heures par semaine à l’aide apportée y est en revanche relativement faible : 7 % des contre 18 % en moyenne en Europe.
À caractéristiques sociodémographiques comparables, être proche aidant n’est pas systématiquement associé à un état de santé jugé moins bon. Dans la plupart des pays de l’Europe, l’état de santé globale est davantage associé à l’âge, au niveau d’éducation et aux revenus qu’au statut d’aidant. En revanche, lorsque le temps consacré à l’aide apportée atteint ou dépasse 20 heures par semaine, les aidants déclarent plus souvent un état de santé dégradé que les non-aidants dans plusieurs pays européens. En France, cet écart n’est pas statistiquement significatif.
Les différences sont plus marquées pour la santé mentale que pour la santé physique
Dans un tiers des pays européens, les aidants qui consacrent au moins 20 heures par semaine à l’aide apportée déclarent moins souvent être en bonne santé physique que les non-aidants. En France, leur probabilité de déclarer être en bonne santé physique est inférieure de 4 points à celle des non-aidants, à caractéristiques sociodémographiques comparables. Les écarts sont particulièrement marqués dans certains pays d’Europe du Nord et de l’Ouest. La santé mentale apparaît également moins bonne chez les personnes consacrant davantage de temps à l’aide. Dans la moitié des pays européens, ces derniers déclarent moins fréquemment être en bonne santé mentale que les non-aidants. En France, leur probabilité de déclarer une bonne santé mentale est inférieure de 8 points à celle des non-aidants, à caractéristiques comparables.
Consulter les études
- 1 La part des proches aidants estimée à partir de l’EHIS 2019 (25 % des personnes âgées de 15 ans ou plus) est plus élevée que celle observée dans l’enquête VQS 2021 (17 % des adultes ; Blavet, 2023). Cet écart peut notamment s’expliquer par des différences dans les définitions retenues et la formulation des questions. Dans l’EHIS, l’aide apportée au moins une fois par semaine à une personne souffrant de problèmes liés à l’âge, d’une maladie chronique ou d’une infirmité est prise en compte, tandis que VQS se limite à l’aide régulière apportée à une personne en situation de handicap ou de perte d’autonomie. Les populations ainsi identifiées ne sont donc pas strictement équivalentes, ce qui limite la comparabilité directe des estimations issues des deux enquêtes.
Fin du texte officiel repris
Source :Drees, publié le — Licence Ouverte / Etalab 2.0.
Consulter la publication d'originehttps://drees.solidarites-sante.gouv.fr/communique-de-presse/etudes-et-resultats/260929_sante-et-besoin-de-repit-des-proches-aidants
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