Stratégie Ecophyto 2030 : le Gouvernement partage un bilan à 2 ans en Comité d’orientation stratégique et de suivi et dresse des perspectives pour l’avenir

Ministère de l'Agriculture — Licence Ouverte / Etalab 2.0. Publication d'origine, 23 septembre 2026.
L'essentiel
- Le comité d’orientation stratégique et de suivi (COS) de la Stratégie Écophyto 2030 s’est réuni vendredi 18 septembre.
- Cela représente déjà un engagement financier inédit de 180 M€.
- La circulaire interministérielle du 3 mars 2026 cadre les attendus du diagnostic territorial et du plan d’action.
- L’indicateur de référence de la stratégie, l’indicateur de risque harmonisé européen HRI1, s’établit à 53 pour l’année 2024, en baisse de 47 % par rapport à la période de référence (2011-2013) pour un objectif de 50 % à l’horizon 2030.
Phrases relevées telles quelles dans le texte officiel reproduit ci-dessous (Ministère de l'Agriculture, Licence Ouverte / Etalab 2.0).
Texte officiel intégral
Ci-dessous, le corps complet de la publication de Ministère de l'Agriculture, reproduit sans modification. La Licence Ouverte / Etalab 2.0 en autorise expressément la reproduction, à la seule condition d'en mentionner la paternité.
Le comité d’orientation stratégique et de suivi (COS) de la Stratégie Écophyto 2030 s’est réuni vendredi 18 septembre. Cette réunion était présidée par la ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Souveraineté Alimentaire, la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, et des Négociations internationales sur le climat et la nature, la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées et le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, avec le représentant du ministre des Outre-Mer.
Cette stratégie constitue un changement de méthode, autant dans l’ampleur des actions et des moyens mis en œuvre depuis 2024 que dans l’approche, fondée sur la recherche et le déploiement d’alternatives aux produits phytopharmaceutiques de synthèse qui soient techniquement efficaces et économiquement viables, le soutien aux agriculteurs engagés dans la transition vers des pratiques plus vertueuses, l’importance de la concertation et la priorité donnée aux zones à enjeux pour la santé humaine et l’environnement.
Un bilan encourageant
Le COS a pu constater de nombreuses avancées sur l’ensemble des axes de la stratégie, en particulier :
- La France a pris début 2026 une mesure conservatoire d’urgence suspendant l’introduction, l’importation et la mise sur le marché de végétaux traités avec des substances dangereuses pour la santé et interdites d’utilisation dans l’Union européenne.
- L’amplification du plan pour l’anticipation du potentiel retrait européen des substances actives et le développement de techniques alternatives de protection des cultures (Parsada). Ce sont désormais 45 projets lauréats, en réponse aux 28 plans d’action, co-construits avec les filières de production, qui mobilisent les acteurs de la recherche fondamentale et appliquée, et du monde agricole. Cela représente déjà un engagement financier inédit de 180 M€.
- Tenant compte des recommandations du Comité Scientifique et Technique Écophyto 2030, l’État poursuit et renforce la dynamique du dispositif Dephy-ferme. La réforme engagée poursuit le double objectif d’améliorer l’ancrage territorial des projets en lien avec les enjeux locaux, notamment les zones à enjeu identifiées sur les territoires (aires d’alimentation de captage, Natura 2000…) et de renforcer le continuum entre la création de référence et leur diffusion plus large vers d’autres collectifs d’agriculteurs.
- L’appel à projets « Prise de Risque Amont Aval et Massification de pratiques visant à réduire l’usage des produits phytopharmaceutiques sur les exploitations agricoles » a été mis en œuvre. Les dossiers déposés sont en cours d’instruction, avec un premier projet lauréat BOLIIDE (Booster la Lutte Intégrée par l’Innovation, la Diversification et l’Economie durable) déposé par la filière noisette qui bénéficie d’un soutien financier de l’Etat de plus de 11,7 millions d’euros.
- Une démarche expérimentale ciblant des territoires croisant des enjeux eau (aires d’alimentation de captages prioritaires ou sensibles) et biodiversité (en particulier les sites Natura 2000) a été conduite via un appel à projets. Sept projets ont été retenus pour tester de nouveaux outils et méthodes pour accompagner les collectivités, les agriculteurs et les acteurs des filières. Par ailleurs, la politique de protection des captages se voit renforcée par la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles.
- Le projet AGIR Écophyto, lancé en janvier 2026, prolonge l’engagement de l’enseignement technique agricole. Dans neuf lycées agricoles, les apprenants concevront une problématique territorialisée en lien avec la protection des cultures, en lien avec les équipes pédagogiques et de pilotage des exploitations de leurs lycées agricoles, mais aussi localement des agriculteurs et leurs conseillers. Ils proposeront des solutions alternatives aux produits phytopharmaceutiques, qui pourront être expérimentées et évaluées sur les exploitations de ces lycées. Un travail de capitalisation sera conduit pour favoriser l’essaimage et la réplication dans un cercle plus large d’établissements ou à destination des professionnels.
- Après une phase pilote lancée à l’automne 2024 dans quatre régions, les pouvoirs publics sont mobilisés depuis l’été 2025 pour accompagner l’ensemble des régions dans la territorialisation de la stratégie. La circulaire interministérielle du 3 mars 2026 cadre les attendus du diagnostic territorial et du plan d’action. La concertation et la pleine association des parties prenantes sont un impératif dans cette démarche.
- Un coordonnateur interministériel de la stratégie a été désigné : Christophe Chassande, par ailleurs délégué interministériel en charge de la gestion de l’eau en agriculture. Cette désignation traduit la volonté de renforcer la coordination opérationnelle de la stratégie et d’articuler pleinement la stratégie Ecophyto avec les démarches de préservation de la ressource en eau
- Les financements OFB-Ecophyto ont été renouvelés au profit notamment d’actions financées au long cours telles que le Bulletin de Santé du végétal et DEPHY et son réseau de fermes expérimentales.
Des progrès et des perspectives
L’indicateur de référence de la stratégie, l’indicateur de risque harmonisé européen HRI1, s’établit à 53 pour l’année 2024, en baisse de 47 % par rapport à la période de référence (2011-2013) pour un objectif de 50 % à l’horizon 2030. Cette valeur est encourageante et traduit les efforts mis en œuvre pour supprimer les matières actives les plus à risque et réduire l’utilisation et les risques liés à l’emploi de produits phytopharmaceutiques dans le cadre des plans Ecophyto successifs. Néanmoins, son augmentation entre 2023 et 2024 appelle à maintenir les efforts pour que sa baisse s’inscrive dans le temps. C'est également l’objet du suivi des indicateurs complémentaires de la stratégie.
Le Gouvernement a enfin réaffirmé son plein engagement dans la mise en œuvre de la stratégie Ecophyto 2030, en dressant les perspectives pour les prochains mois. Parmi les priorités ont notamment été citées :
- La poursuite des actions au titre du PARSADA avec la mise en œuvre des projets retenus lors des vagues 1 et 2 et le suivi de leur bon déploiement ;
- Le déploiement de la stratégie d’influence au niveau européen, en particulier pour défendre le principe de l’harmonisation du système de délivrance des autorisations de mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques et faire évoluer les procédures européennes fixant les limites maximales de résidus des produits importés, notamment dans le cadre des travaux en cours sur le règlement omnibus de simplification sur la sécurité des denrées alimentaires ;
- Le renforcement et l’accélération de la politique de protection des captages d’eau par la mise en œuvre de l’article 29 de la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricole.
- La poursuite des analyses conduites pour identifier les sites Natura 2000 soumis à une pression des produits phytopharmaceutiques et la définition de mesures d’accompagnement pour les exploitations agricoles situées dans les sites à enjeux ;
- La mise en œuvre de la réforme du dispositif DEPHY FERME, à travers le lancement d’un appel à projets national pour faire émerger et accompagner de nouveaux groupes d’agriculteurs, et en renforçant les articulations avec les autres dispositifs (Groupes 30 000, PARSADA, etc.) ;
- La création d’un portail national d’information sur l’exposition des riverains aux produits phytopharmaceutiques pour coordonner les dispositifs déployés au niveau régional et assurer une réponse aux questions des citoyens ;
- Le renforcement de la coordination des dispositifs de recherche, y compris avec les instituts européens, par l’actualisation de la cartographie de la recherche existante ;
- La finalisation de la déclinaison territoriale de la stratégie sur l’ensemble du territoire (métropole et départements d’outre-mer), à travers la réalisation dans chaque région d’un diagnostic territorial puis l’élaboration d’un plan d’action, en veillant à l’association et la concertation de l’ensemble des parties prenantes. Une nouvelle dotation budgétaire sera déployée pour soutenir cette dynamique par des actions innovantes, en particulier sur les aires d’alimentation de captages et les sites Natura 2000.
- La structuration de la coordination outre-mer de la stratégie Écophyto 2030 et la définition des modalités de l’appui financier dédié aux territoires ultramarins.
L’État appelle l’ensemble des parties prenantes à poursuivre leur mobilisation dans l’objectif de réduire l’usage et les risques des produits phytopharmaceutiques, tout en donnant aux agriculteurs les moyens de cette transition.
Fin du texte officiel repris
Source :Ministère de l'Agriculture, publié le — Licence Ouverte / Etalab 2.0.
Consulter la publication d'originehttps://agriculture.gouv.fr/strategie-ecophyto-2030-le-gouvernement-partage-un-bilan-a-2-ans-en-comite-dorientation-strategique
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