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ENVIRONNEMENT1 sourceGrand Est9 min de lecture

Données PFAS dans les eaux usées des stations d'épurations des eaux urbaines du Grand Est

Illustration — Environnement
Landscape in Forêt (Trooz) 02.jpg — Pierre-Jacques DESPA, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

DREAL Grand Est — Licence Ouverte / Etalab 2.0. Publication d'origine, 22 octobre 2026.

Agrégé automatiquement — Responsable de publication : — Mis à jour le

L'essentiel

  • En réponse aux préoccupations grandissantes, le gouvernement a lancé, le 4 avril 2024, un plan d’action interministériel pour limiter les risques associés aux PFAS.
  • Ainsi, l’arrêté ministériel du 3 septembre 2025 vise à prescrire l’analyse de PFAS et obtenir un premier état des lieux de la présence de PFAS au sein des rejets des stations de traitement des eaux usées.
  • Le maître d’ouvrage de la station réalise une analyse des PFAS quantifiés dans les rejets aqueux des ICPE concernées par l’arrêté du 20 juin 2023.

Phrases relevées telles quelles dans le texte officiel reproduit ci-dessous (DREAL Grand Est, Licence Ouverte / Etalab 2.0).

Texte officiel intégral

Ci-dessous, le corps complet de la publication de DREAL Grand Est, reproduit sans modification. La Licence Ouverte / Etalab 2.0 en autorise expressément la reproduction, à la seule condition d'en mentionner la paternité.

Les substances per- ou polyfluoroalkyles (PFAS) sont une large famille de plusieurs milliers de composés chimiques. Il s’agit, au sens de la définition produite par l’OCDE des molécules formées d’une chaîne d’atomes de carbone plus ou moins longue, linéaire, ramifiée ou cyclique, et contenant au moins un groupement fluoré, soit méthyl ou méthylène, saturé et complètement fluoré. À ce squelette fluorocarboné peuvent s’ajouter différents groupes fonctionnels qui confèrent à ces molécules des propriétés physiques, chimiques et toxicologiques distinctes. Elles présentent de nombreuses propriétés (antiadhésives, imperméabilisantes, résistantes aux fortes chaleurs) qui ont encouragé leur fabrication puis leur utilisation par de multiples secteurs industriels depuis les années 1950. Les PFAS sont des molécules très persistantes, largement répandues dans l’environnement et bioaccumulables. Les sources d’émissions de PFAS dans l’environnement sont multiples (sites industriels, rejets des eaux usées domestiques, aéroports et sites de formation incendie en raison d’utilisation de mousses anti-incendie contenant des PFAS, station de ski en raison des produits de fart contenant des PFAS, usage en tant que produits phytosanitaires…). S’agissant des stations de traitement des eaux usées urbaines (STEU), celles-ci reçoivent des effluents d’origine domestique et non domestique (qui peuvent notamment provenir d’industries, d’établissement commerciaux, d’hôpitaux…). Ces eaux usées arrivant en station sont susceptibles de contenir divers micropolluants dont des PFAS. Les origines des PFAS dans les eaux usées sont majoritairement diffuses : elles sont liées la production et à l’utilisation de nombreux produits de consommation liés à un usage domestique (produits pharmaceutiques, cosmétiques, textiles…), et aux usages par les industriels de PFAS dans leurs process, lorsqu’ils sont raccordés à un réseau d’assainissement. Des sources ponctuelles peuvent néanmoins être relevées, notamment les mousses anti-incendie. Les STEU urbaines ne sont pas initialement conçues pour assurer un traitement des micropolluants. Les boues étant le déchet du traitement des eaux usées, peuvent également en contenir. Par conséquent, les PFAS peuvent se retrouver dans l’environnement via les rejets des stations d’épuration ou lorsque des boues sont épandues sur les sols agricoles. Au-delà des rejets dans les eaux en sortie de STEU et des boues, les périodes pluvieuses peuvent occasionner des rejets directs d’eaux usées par les systèmes d’assainissement.

En réponse aux préoccupations grandissantes, le gouvernement a lancé, le 4 avril 2024, un plan d’action interministériel pour limiter les risques associés aux PFAS. Il s’appuie sur cinq axes et organise la mobilisation de toutes les administrations publiques, en définissant clairement les objectifs et les responsabilités pour assurer la cohérence et l’efficacité de l’action des différents ministères concernés. Parmi les mesures de l’axe 2 « Améliorer, renforcer la surveillance et mobiliser les données qui en sont issues pour agir », l’une porte sur le renforcement de la surveillance des PFAS dans les stations de traitement des eaux usées. Ainsi, l’arrêté ministériel du 3 septembre 2025 vise à prescrire l’analyse de PFAS et obtenir un premier état des lieux de la présence de PFAS au sein des rejets des stations de traitement des eaux usées. Les analyses demandées ont pour but d’améliorer les connaissances disponibles, en complément des campagnes « Recherche de substances dangereuses dans l’eau » (RSDE) existantes sur la surveillance de 96 micropolluants (dont un seul PFAS) dans les eaux de STEU. L’arrêté du 3 septembre 2025 modifié par l’arrêté du 20 avril 2026, relatif à l’analyse de substances per- et polyfluoroalkylées dans les eaux en entrée et sortie de stations de traitement des eaux usées urbaines prévoit que les maîtres d’ouvrage des STEU de plus de 10 000 équivalents habitants (soit environ 1 275 STEU, représentant 80% de la pollution collectée à l’échelle nationale) réalisent trois prélèvements et analyses sur les eaux en entrée et sortie de station. Elles doivent conduire cette campagne d’ici le 30 juin 2027, qui doit porter sur :

  • Une surveillance minimale de 23 PFAS : les 20 PFAS de la directive eau potable, deux PFAS présents dans les mousses anti incendie (le 6:2 FTAB et le 6:2 FTSA) ainsi que le TFA ;
  • L’analyse du paramètre « AOF » (fluor organique adsorbable), utilisé afin d’estimer la quantité totale de PFAS dans les eaux de sortie de STEU. Elle permet de doser théoriquement toutes les molécules fluorées (le fluor étant un élément constitutif des PFAS) ;
  • Une surveillance complémentaire pour les stations recevant les effluents des ICPE dans leur réseau. Le maître d’ouvrage de la station réalise une analyse des PFAS quantifiés dans les rejets aqueux des ICPE concernées par l’arrêté du 20 juin 2023.

Les fichiers des données brutes disponibles ci-après fournissent des informations concernant :

  • La mesure effectuée (mesure en entrée dit « A3 » ou sortie dit « A4 » de la station, date du prélèvement, substance PFAS analysée…) ;
  • Le résultat de l’analyse (concentration de la substance PFAS. Le « code remarque » = 1 indique un résultat supérieur à la limite de quantification, ce qui signifie qu’un PFAS a été détecté dans les eaux. La limite quantification correspond à la plus petite valeur à partir de laquelle il existe un résultat de mesure avec une fidélité suffisante) ;

Les résultats doivent néanmoins être interprétés avec prudence, dans la mesure où il s’agit de la première campagne nationale de recherche de PFAS dans les eaux usées et que celle-ci porte sur un nombre encore limité d’échantillons. De plus, la matrice « eaux usées » est plus complexe à analyser car plus chargée (matières en suspension, substances organiques…) que d’autres types d’eaux telles que l’eau potable. Par ailleurs, des erreurs de saisie des données (par exemple sur les unités de mesure) sont possibles pour quelques STEU. Ces erreurs seront remontées par les Services police de l’eau au maitre d’ouvrage des STEU et laboratoire afin de ne plus apparaitre dans les prochaines mises à jour des données. Quelques données issues d’autres campagnes de mesures du RSDE peuvent également être présentes dans les tableaux de résultats publiés.

Cette première photographie nationale des PFAS présents dans les eaux usées urbaines en entrée et sortie de station pourra toutefois permettre :

  • D’acquérir de la connaissance concernant la quantification des PFAS contenus dans les eaux usées urbaines en essayant de différencier les apports diffus (par les ménages) et ponctuels (par les industriels raccordés) ;
  • De disposer de premières données concernant la capacité des STEU à retenir les PFAS contenues dans les eaux usées urbaines avant leur rejet dans les milieux aquatiques ;
  • De calibrer d’éventuelles prochaines mesures de PFAS suite à l’exploitation des résultats ;
  • D’évaluer à terme la contribution des rejets des STEU urbaines dans les flux de PFAS présents dans les milieux aquatiques ;
  • D’orienter et définir des campagnes de surveillance pérennes et mettre en place des mesures de gestion adaptées ;
  • D’éclairer localement d’éventuelles investigations complémentaires pour identifier, en cas de teneurs élevées en PFAS, des sources d’émission ponctuelles et, le cas échéant, mettre en place les leviers pertinents pour réduire cette pollution.

Enfin, il est important de noter que la teneur des PFAS dans les eaux usées ne préjuge pas de la teneur dans l’eau potable, dans la mesure où cette dernière n’est pas produite directement à partir d’eaux usées traitées (mais à partir d’eaux de nappe ou de rivière dans laquelle a lieu une dilution des rejets de STEU) et a subi des traitements et étant soumises à de stricts contrôles de qualité.

4) Situation du département Ardennes 5 stations de traitement des eaux usées supérieures à 10 000 équivalents habitant font l’objet de la campagne de mesures.

5) Situation du département Aube 3 stations de traitement des eaux usées supérieures à 10 000 équivalents habitant font l’objet de la campagne de mesures.

6) Situation du département Marne Une station de traitement des eaux usées supérieures à 10 000 équivalents habitant fait l’objet de la campagne de mesures.

7) Situation du département Haute-Marne 5 stations de traitement des eaux usées supérieures à 10 000 équivalents habitant font l’objet de la campagne de mesures.

8) Situation du département Meurthe-Et-Moselle 10 stations de traitement des eaux usées supérieures à 10 000 équivalents habitant font l’objet de la campagne de mesures.

9) Situation du département Meuse 4 stations de traitement des eaux usées supérieures à 10 000 équivalents habitant font l’objet de la campagne de mesures.

10) Situation du département Moselle 21 stations de traitement des eaux usées supérieures à 10 000 équivalents habitant font l’objet de la campagne de mesures.

11) Situation du département Bas-Rhin 32 stations de traitement des eaux usées supérieures à 10 000 équivalents habitant font l’objet de la campagne de mesures.

12) Situation du département Haut-Rhin 13 stations de traitement des eaux usées supérieures à 10 000 équivalents habitant font l’objet de la campagne de mesures.

13) Situation du département Vosges 10 stations de traitement des eaux usées supérieures à 10 000 équivalents habitant font l’objet de la campagne de mesures.

Fin du texte officiel repris

Source :DREAL Grand Est, publié le — Licence Ouverte / Etalab 2.0.

Consulter la publication d'originehttps://www.grand-est.developpement-durable.gouv.fr/donnees-pfas-dans-les-eaux-usees-des-stations-d-a24057.html

Texte reproduit dans son intégralité. La mention de la source et de sa date de dernière mise à jour est la seule condition posée par la Licence Ouverte / Etalab 2.0 ; elle ne confère aucun caractère officiel à cette reprise et ne vaut ni reconnaissance ni caution de fildactu.fr par l'émetteur.

Sources

1 source (DREAL Grand Est — Actualités). Chaque lien renvoie vers la publication d'origine — le contenu reste chez son éditeur.

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