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ÉCONOMIE1 source20 min de lecture

Reconstruire et adapter les territoires après les incendies

Illustration — Économie
Le métro du côté de Bercy.jpg — besopha, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons.

Service d'information du Gouvernement — Licence Ouverte / Etalab 2.0. Publication d'origine, 17 août 2026.

Agrégé automatiquement — Responsable de publication : — Mis à jour le

L'essentiel

  • Donc là, c'est le sens des 12 millions d'euros que nous débloquons, et pour les Landes et pour la Gironde, qui vont vraiment être délégués à la préfète de région, donc à l’échelon local.
  • Ce sont donc des dispositifs que vous retrouverez dans le projet de loi de finances pour 2027, dans le texte initial du Gouvernement.
  • Le tout, évidemment, c'est d'en tenir compte, puisqu'on voit bien que quand j'étais ministre des Armées en 2022, j'avais mobilisé l'embryon d'Héphaïstos, à l'époque, qu'on avait renforcé.

Phrases relevées telles quelles dans le texte officiel reproduit ci-dessous (Service d'information du Gouvernement, Licence Ouverte / Etalab 2.0).

Texte officiel intégral

Ci-dessous, le corps complet de la publication de Service d'information du Gouvernement, reproduit sans modification. La Licence Ouverte / Etalab 2.0 en autorise expressément la reproduction, à la seule condition d'en mentionner la paternité.

VIDÉO. Après les feux majeurs de l’été 2026, l’État engage le relèvement en Gironde et dans les Landes avec des mesures pour les habitants et l’économie.

En déplacement à Mérignac (Gironde), le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a présenté, lundi 17 août 2026, plusieurs mesures destinées à accompagner les territoires sinistrés par les feux majeurs ayant touché la Gironde et les Landes cet été.

Le Gouvernement « assume de sortir l’artillerie lourde », a assuré le Premier ministre, afin d’aider les sinistrés à retrouver une vie normale, alors que la saison estivale est toujours en cours et que la rentrée des classes approche.

Sébastien LECORNU, Premier ministre, chargé de la Planification écologique.

Approchez-vous, Madame la préfète de région, je salue également les membres de la mission qui va appuyer et l'État local et les collectivités locales et l'État national et donc le Gouvernement, dans les efforts de reconstruction et de redémarrage du territoire.

Nous avons tenu une longue réunion avec l'ensemble des acteurs socio-économiques et politiques de la Gironde, mais aussi des Landes, et au-delà d'ailleurs de la Gironde et des Landes, tout ce que nous allons vous annoncer dans quelques instants emmène aussi d'autres territoires qui ont pu être touchés ces dernières semaines par des incendies importants – je pense notamment au Var, à la Corse, avec des enjeux de reconstruction, des enjeux de relogement, d'accompagnement en matière de solidarité d'un certain nombre de nos compatriotes, mais enfin aussi des enjeux sur la résilience, comme on le dit, en tout cas l'adaptation de ces constructions à l'avenir aux risques incendies, aux différents risques aussi climatiques d'ailleurs qui peuvent découler de cela, à la relance des territoires en question.

C'est vrai pour les finances des collectivités locales, singulièrement d'ailleurs les finances communales, enfin aussi le monde économique, surtout qu'à chaque fois nous sommes en général dans des départements touristiques qui sont largement impactés évidemment par la rupture que nous avons connue dans la saison. Je veux quand même démarrer en ayant évidemment un message non seulement de reconnaissance, mais aussi de confiance dans les services de l'État ici en Gironde, la préfète de région évidemment, Sophie BROCAS, le contrôleur général, le directeur départemental du service d'incendies et de secours, parce qu’on parle beaucoup de ce qui n'a pas été sauvé, c'est d'ailleurs bien légitime et bien naturel, mais enfin il y a aussi tout ce qui a été sauvé dans la lutte contre ces incendies, les vies humaines, qui étaient quand même évidemment le vrai sujet, la vraie préoccupation majeure pour nous, la mise en protection des sites Seveso ou les sites industriels dangereux, parce que l'actualité passe, mais on finit par oublier qu'il y a quelques semaines, nous nous posions quand même des questions qui étaient redoutablement complexes, limiter évidemment les évacuations pour ce qui était nécessaire.

Je rappelle aussi qu'il y a seulement quelques semaines, nous posions la question d'une évacuation tout simplement de la ville de Bordeaux, en tout cas jusqu'à la Garonne, et que tout a été fait avec l'ensemble des moyens qui étaient à la disposition de l'État pour mettre en protection avant tout les personnes.

Ça n'a pas suffi, vous le savez, le ministre de l'Intérieur le sait mieux que quiconque, pour préserver la vie de deux sapeurs-pompiers qui ont perdu la vie ici en Gironde, qui sont morts au feu, qui ont rejoint malheureusement la liste d'autres sapeurs morts au feu cette année en France, et malheureusement la liste de celles et ceux qui ont déjà perdu la vie ces dernières années. Et puis, bien sûr, l'ensemble des biens qui ont été protégés.

Et donc, ce qui nous amène aujourd'hui à nous projeter un tout petit peu plutôt vers l'avenir, en disant : comment on retrouve une vie normale ici dans les territoires concernés, et comment on est capable de déclencher la solidarité nationale. Et c'est pour ça qu'on a choisi de le faire très vite ce 17 août, parce que la saison touristique n'est pas complètement terminée, parce que la rentrée scolaire constitue une angoisse importante pour les populations qui ont été évacuées et surtout sinistrées, qui ont tout perdu dans ces incendies, et sur lesquelles il convient désormais de donner des outils, des moyens, débloquer des sommes d'argent importantes pour permettre aux territoires de se projeter vers l'avenir, de réussir la rentrée autant que faire se peut, et surtout de préparer déjà les saisons qui viendront, notamment sur le risque incendie.

La première chose que je veux redire, je l'ai dit tout à l'heure — mais je le dis parce que je vois bien ce qui a pu être dit ici ou là, soit par les polémiques politiciennes menées par les uns et les autres, surtout par les réseaux sociaux, par certaines sphères complotistes — nous n'avons rien à cacher sur le déroulé des opérations. La directrice générale adjointe de la Sécurité civile est ici.

Nous avons demandé avec Laurent NUÑEZ à ce que des réunions puissent se tenir assez rapidement avec l'ensemble des communes concernées, tout simplement pour montrer, comme on le fait d'ailleurs dans les opérations militaires avec le pouvoir politique — ça m'est déjà arrivé de le faire comme ministre des Armées — ce qui s'est passé minute par minute, comment les décisions ont été prises. Ce sont souvent des décisions qui n'ont pas été prises à Paris, ça tombe sous le sens, généralement pas non plus à Bordeaux d'ailleurs, parce qu'on est sur des décisions tactiques de terrain. Et je pense qu'au fond, au moment où tout le monde a parfois dit un peu tout et n'importe quoi, il n'est pas inutile de remettre un tout petit peu de rationalité, de vérité.

Et en tout cas, on n'a rien à cacher, et donc cette opération de transparence rationnelle, clinique, si j'ose dire, elle a beaucoup de sens. Elle permettra aussi à tout un chacun de comprendre la difficulté dans laquelle se sont retrouvés les services de l'État et les pompiers, avec une multitude de départs de feu, et un phénomène climatique, je vous rappelle, tout à fait particulier ce jour-là, puisque d'un feu conventionnel, il est devenu convectif, avec, donc, un embrasement tout à fait particulier que nous n’avions pas connu jusqu'à présent. Cette vérité (et cette transparence) nous permettra aussi d'accompagner quand même un territoire qui est profondément bouleversé, dans lequel, on le voit bien — ça m'a été rapporté, y compris hier après-midi, où j'ai décidé de me déplacer sans caméra, sans protocole, j'ai passé plus de deux heures avec le maire des Porge, et ça m'a permis d'avoir un contact particulier avec la population, pardon de le dire devant les journalistes, mais sans caméra, évidemment, ça change tout — il y a un enjeu psychologique majeur, un enjeu de suivi des individus, des personnes fragiles, parfois des personnes moins fragiles, mais qui commencent à découvrir des fragilités, des gens en tout perdu. Et donc là aussi, il y a une approche profondément psychologique, sanitaire même, quelque part, qu'il va nous falloir muscler.

Beaucoup de choses ont déjà été mises en œuvre, mais je commence par là, parce que c'est ce qui m'a le plus frappé dans les rencontres que j'ai pu avoir ce matin, mais surtout hier après-midi, sur la commune du Porge.

Ensuite, évidemment, un certain nombre d'annonces que le Gouvernement met sur la table ce matin, pour permettre de déclencher la solidarité nationale. Clairement, on assume de sortir l'artillerie lourde, parce que c'est cette artillerie lourde qui crée la rupture et qui permet à tout le monde de se projeter localement.

La première des choses, évidemment, c'est la question du relogement, beaucoup de relogements d'urgence. On va augmenter les fonds d'accompagnement des collectivités locales pour ces relogements d'urgence, parce que parfois, ce sont des solutions qui sont complètement temporaires, des mobile-homes, des meublés qui pouvaient être occupés par des touristes, mais comme il n'y a plus de touristes, ça permet d'accueillir des populations sinistrées. Tout ça est bien… en tout cas, c'est le mieux que l'on pouvait faire dans les moments que nous connaissons. Mais enfin, un jour viendra l'hiver, il faut donc trouver désormais des solutions de temps moyen et de temps long. Et donc ça, c'est évidemment un enjeu qui est clé, [ph] la rentrée scolaire.

Et puis, bien sûr, le relogement n'a de sens que si on ne donne pas une perspective de reconstruction. Alors là, ça pose des questions qui sont à la fois simples et redoutables. La question simple, c'est toutes les reconstructions d'habitations qui peuvent être faites, je ne dirais pas à l'identique, parce que les Françaises et les Français, nos compatriotes qui sont concernés par ça, n'auront peut-être pas envie de reproduire à l'identique la maison qu'ils avaient. C'est leur droit le plus strict. En tout cas, s'ils veulent reconstruire quelque chose d'équivalent, il faut que ce soit possible et possible très rapidement.

Il y a un enjeu avec les assurances, j'en dirai un mot. Mais en tout cas, moi, je ne veux pas que la puissance publique, c'est-à-dire les communes et l'État, soit montrée du doigt ou qu'on leur reproche une bureaucratie excessive qui retarderait justement ce retour à la normale et qui retarderait le deuil et qui retarderait au fond la capacité à retrouver une vie normale. Ce que nous allons donc faire, c'est que nous allons, pour les reconstructions en équivalence, faire en sorte que ces permis de construire puissent être délivrés globalement sous un délai d'un mois.

Un mois, c'est rapide. Ça peut être moins d'un mois. Je sais qu'un certain nombre d'habitants qui me l'ont dit, en tout cas, sont prêts pratiquement à les déposer rapidement. Alors, tout le monde n'est pas non plus à égalité en fonction de si vous avez déjà votre architecte, où est-ce que vous en êtes avec votre assurance, etc. Mais en tout cas, on veut pouvoir aller très, très vite. Et pour les reconstructions qui seraient plus délicates au regard de l'environnement, notamment lié à la forêt ou à des risques naturels, là aussi, on va demander à la mission d'appui d'élaborer une doctrine très rapide qui va permettre à la préfecture et aux maires de pouvoir délivrer des permis de construire qui soient un tout petit peu différents.

On sait qu'il peut y avoir des obstacles légaux importants. L'eau est littorale, l'eau assure l'eau. On est dans un environnement qui est contraint. Donc là, il y a un point d'équilibre à trouver entre rapidité et pas refaire ou faire n'importe quoi dans la construction. Parce que les mêmes qui veulent que ça aille très vite aujourd'hui seront les mêmes qui, dans 2 ou 3 ans, diront : « Mais pourquoi vous avez laissé faire ? » Un grand classique. Donc là, on va travailler très rapidement et on va reprendre ce qui avait fonctionné pour Notre-Dame-de-Paris. On a un texte sur le logement porté par le ministre Vincent JEANBRUN en ce moment, ici même. Et donc, nous allons injecter un article dans cette loi de type Notre-Dame-de-Paris sur les zones dans lesquelles nous avons eu un sinistre, qui va nous permettre justement d'avoir un véhicule législatif qui permettra aux maires, responsables de délivrer les permis de construire, et à la préfecture d'avoir une base légale particulière, extraordinaire en quelque sorte, qui permettra d'aller vite.

La vitesse passera aussi par les assurances. Je ne vous cache pas que c'est le point le plus aigu de ce que j'ai pu entendre hier et ce matin. Je pense même pouvoir dire que nous nous sommes fait engueuler à la place des assureurs. Donc, nous ne manquerons pas, évidemment, de restituer aux assureurs ce que nous avons entendu. J'ai demandé à l'État et aux services de l'État de jouer les interfaces. Beaucoup trop de gens (et je passerai un message personnel au grand patron des compagnies d'assurances) on a vraiment trop d'habitants qui sont complètement bouleversés par ce qui s'est passé. Et le méandre même de la relecture d'un contrat d'assurance, des petites polices, de savoir si on était à 150 mètres du feu ou pas à 150 mètres du feu, tout ça, déjà, c'est très compliqué, mais en fait, ça devient un obstacle quasiment insurmontable.

Donc, on ne va pas se substituer aux assureurs, mais enfin, on va quand même se mêler de la relation entre les assurés et leurs assurances, et on va le faire avec beaucoup de loyauté vis-à-vis des compagnies d'assurances. On n'est pas là pour taper sur elles. Mais enfin, je le dis quand même, celles et ceux qui joueront le jeu, on dira lesquels, et celles et ceux qui ne joueront pas le jeu, on dira lesquels aussi, parce que c'est encore un univers concurrentiel dans lequel nous avons bien le droit de donner notre avis.

Ensuite, il y a un enjeu de solidarité territoriale important. C'est un très grand département, les Landes aussi, le Var aussi - départements particulièrement peuplés. Là, on va avoir globalement plusieurs outils qu'on débloque maintenant. Le premier, c'est évidemment pour les collectivités locales. Françoise GATEL s'en est occupée. C'est au fond : on a des collectivités qui ont clairement été mises à l'épreuve. Les réseaux, pour avoir vu ça après-hier, la situation des voiries, certains bâtiments qui ont parfois dû être déconstruits rapidement. Bref. Et puis, pas seulement le curatif, pas seulement réparer : il y a aussi clairement, dans ces communes, un besoin de se projeter sur l'avenir.

On est au début du mandat municipal, en plus. On ne peut pas demander à un conseiller municipal qui vient de se faire élire ou réélire que la seule feuille de route du mandat qui s'ouvre, c'est uniquement faire du post-incendie.

Donc là, c'est le sens des 12 millions d'euros que nous débloquons, et pour les Landes et pour la Gironde, qui vont vraiment être délégués à la préfète de région, donc à l’échelon local. J'y reviendrai, c'est très important. Moins on gère depuis Paris, et plus on redonne des capacités aux acteurs locaux, mieux ce sera. En tout cas, c'est notre philosophie et on va s'y employer. Mais cette somme d'argent, elle va être disponible dès maintenant et donc, elle va permettre aux collectivités de lancer les travaux sans retard et, au fond, aussi leur permettre de bâtir une forme de plan de relance.

L'autre grand enjeu, c'est évidemment le soutien au monde économique, voilà. Là, au fond, vous avez deux zones : les zones qui ont été évacuées/sinistrées, enfin d'abord sinistrées et donc évacuées, puis les zones évacuées sans être sinistrées, pour faire très vite.

Première famille de territoires et de communes qu'il nous faut impérativement traiter en urgence, j'en dis un mot tout de suite. Et puis les territoires non évacués, dans lesquels heureusement il n'y a pas eu de sinistre, mais dans lesquels il y a quand même eu un choc économique. La ville de Bordeaux et la métropole de Bordeaux étant sans doute d'ailleurs le meilleur des exemples, et pour autant, c'est quand même cette métropole qui a accueilli les personnes déplacées, qui a évidemment pris le choc sur le volet touristique. Là, on va donc adapter nos outils pour qu'on ait vraiment quelque chose de sur mesure.

Pour l'ensemble du monde économique, plusieurs outils ont été mis sur la table par le Conseil régional, par la métropole. On va les accompagner. Nous, l'État, Serge, nous mettons aussi en place un certain nombre de plans de soutien à l'économie qui va passer notamment par des exonérations de cotisations sociales. L'exonération, ce n'est pas un report. C'est-à-dire, en clair, l'État fait un moratoire, efface les cotisations sociales, période de trois mois dans laquelle l'ensemble des entreprises et des acteurs économiques qui ont connu le sinistre ou qui sont dans une zone évacuée verront un accompagnement de cette nature.

Ce qu'on va faire pour les cotisations sociales, comme nous l'avons déjà fait pour le chômage partiel, je vous le rappelle, qui est déjà lancé (le décret a été pris, il a été publié au Journal officiel) on va le faire également sur la fiscalité, notamment sur la taxe foncière durant laquelle l'État acquittera la taxe foncière à la place de ces entreprises pour les collectivités locales. Et donc là, on a bien une relance, et fiscale et sociale avec beaucoup de rapidité. Ce sont donc des dispositifs que vous retrouverez dans le projet de loi de finances pour 2027, dans le texte initial du Gouvernement.

Ces exonérations, elles étaient demandées, vous l'avez entendu sans doute. Il y avait beaucoup de craintes que ce soit seulement un déport ou un report de paiement. Pour avoir fait mon petit tour, y compris hier, j'ai bien vu que ça ne fonctionnerait pas. Et donc on va évidemment vers une mesure qui est assez radicale, un peu coûteuse pour les finances publiques, mais bon, je l'assume, dans la mesure où en plus vous avez beaucoup d'acteurs économiques qui sont saisonniers et dont — pardon d'enfoncer une porte ouverte — ça veut dire aussi que l'hiver ne leur permettra pas de récupérer ce qu'ils ont perdu l'été. Et donc, ça nous renvoie l'année prochaine. Et le vrai risque, c'est de voir des acteurs économiques touristiques disparaître et de voir au fond un restaurateur qui ne rouvre pas, un loueur de matériel nautique qui disparaît complètement. Le risque est réel, même si les chiffres de la saison à cette mi-août sont contrastés en fonction des communes. Soit ça va beaucoup mieux dans certains endroits, soit ça ne va toujours pas bien dans d'autres. Donc en fait, on a aussi quelque chose qui n'est pas du tout à égalité territoriale et qu'il va nous falloir évidemment accompagner.

D'autres mesures, je ne veux pas toutes les présenter, on va vous les communiquer, mais sont mises sur la table. Enfin, vous le voyez, globalement, on a sorti, comme je le disais, l'artillerie lourde.

Ensuite, on va essayer quand même très rapidement d'avancer sur quelques sujets importants. La sylviculture, l'ensemble de l'économie de la forêt, qui draine évidemment une création de richesses locales extraordinairement importante. C'est vrai pour la Gironde, Mathieu, c'est vrai aussi pour les Landes, dans lesquelles là, je vous rappelle qu'il faut 30 ou 40 ans pour voir un arbre repousser. Donc, on a un énorme enjeu de valeur. Donc là aussi, des mesures fiscales seront mises sur la table pour accompagner la filière.

Il y a un enjeu de dialogue, on le sent bien, avec les collectivités locales, avec les habitants. Comment on repeuple ces forêts, autour ? Là, il y a un équilibre à trouver entre rapidité et en même temps l'urgence de réfléchir. Pour être complètement transparent, ça renvoie — et là, pour le coup, la mission y travaillera — ça renvoie à la question de ces fameux OLD, ces obligations légales de débroussaillement, dont on ne peut pas dire que ce fut très respecté, je crois pouvoir le dire, et qui n'est pas du tout neutre, parce qu'y compris avec les pompiers qu'on a pu voir ce matin et que je reverrai cet après-midi, on le voit bien qu'intervenir dans des zones propres, nettoyées ou dans des zones qui ne l'étaient pas a tout changé, évidemment, pendant le traitement tactique du feu. Et évidemment, là aussi, il nous faudra y revenir. Une catastrophe peut en annoncer une autre.

L'ensemble de ces forêts et de ces arbres pompait énormément d'eau dans des zones qui, jadis, étaient humides, comme vous le savez, et qui ont été asséchées justement par la sylviculture. Tout ça remonte à Napoléon III et depuis. Désormais, on a donc un risque inondation qui peut être important pour l'hiver prochain et sur lequel les services de la préfecture ont déjà commencé à travailler avec évidemment l'ensemble des élus, des enjeux de biodiversité.

Je pense qu'on a tous été émus et bouleversés parce qu'on n'a pas réussi suffisamment à sauver, et pour cause : c’est la faune, qui quand même paie un très lourd tribut dans ces incendies. Donc là aussi, c'est vraiment un sujet qu'il faut mettre sur la table. Agriculture : la ministre est là avec un bon échange ce matin avec les représentants de la Chambre d'agriculture parce qu'on aurait pu craindre plus de feux de culture au début.

Enfin, l'impact quand même est réel – plus les filières pêchent, parce que les ostréiculteurs également, évidemment, portent aussi un impact important sur ce qui a été fait. Donc, au fond, on aura un retour d'expérience comme on l'a fait à chaque fois. Le tout, évidemment, c'est d'en tenir compte, puisqu'on voit bien que quand j'étais ministre des Armées en 2022, j'avais mobilisé l'embryon d'Héphaïstos, à l'époque, qu'on avait renforcé. J'ai regardé le retour d'expérience de 2022. Il faut être honnête, c'est toute une partie qui a bien été prise en compte. Incontestablement, tous ceux qui disent que c'est faux, etc., ne connaissent pas le dossier.

Après, il y a un problème de rapidité. On ne peut pas dire qu'il n'y a rien de fait. On ne peut pas dire que les mauvaises expériences du passé sont mises de côté, celles dans un tiroir, on ne regarde pas, c'est faux. Mais il y a un problème de vitesse d'exécution. Il est certain que la manière dont on met ça en œuvre désormais doit être beaucoup plus rapide et faite avec beaucoup plus de radicalité peut-être et d'urgence que ce n'a été fait jusqu'à présent. Mais je pourrai répondre à vos questions. Voilà.

Est-ce que les ministres, vous souhaitez compléter d'un mot sur quoi je n'ai pas été... Vas-y, Serge, je t'en prie.

Merci beaucoup. Pardon, nous sommes un peu longs, mais au moins vous avez la vision panoramique de l'ensemble des mesures qui ont été mises sur la table et qui intéressent très directement les populations concernées. Et pour cause, l'ensemble de ces mesures en général ont fait l'objet de demandes qui nous sont parvenues les jours qui ont précédé cette visite. Avez-vous des questions ?

Bonjour, monsieur le Premier ministre. Je ne sais pas si on m'entend bien. Thibault PETIT pour TF1-LCI. Vous l'avez dit vous-même, vous étiez au Porge ce matin, sans caméra, à la rencontre, selon votre entourage, de pompiers, de sinistrés. Beaucoup vous attendaient devant la mairie, puis après devant cette caserne de pompiers. Pourquoi ne pas être allé à leur rencontre alors qu'ils ont l'impression parfois que l'État les abandonne ?

Fin du texte officiel repris

Source :Service d'information du Gouvernement, publié le — Licence Ouverte / Etalab 2.0.

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1 source (info.gouv.fr — Actualités du Gouvernement). Chaque lien renvoie vers la publication d'origine — le contenu reste chez son éditeur.

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