Dans la Beauce, la naissance d’une filière

Ministère de l'Agriculture — Licence Ouverte / Etalab 2.0. Publication d'origine, 2 octobre 2026.
L'essentiel
- En plein cœur de ces terres céréalières, une filière 100 % française de production de légumineuses est en train de voir le jour, de l’amont à l’aval.
- « Grâce à des procédés innovants et brevetés, Intact sait valoriser 100 % des produits et coproduits de la graine de la légumineuse, qui est composée à 25 % de protéines, 65 % d’amidon et 10 % de fibres », précise Yasmine Eddouhbani.
- L’usine de Baule a une capacité de production annuelle de 50 000 tonnes, ce qui représente environ 13 000 hectares de légumineuses plantées.
Phrases relevées telles quelles dans le texte officiel reproduit ci-dessous (Ministère de l'Agriculture, Licence Ouverte / Etalab 2.0).
Texte officiel intégral
Ci-dessous, le corps complet de la publication de Ministère de l'Agriculture, reproduit sans modification. La Licence Ouverte / Etalab 2.0 en autorise expressément la reproduction, à la seule condition d'en mentionner la paternité.
En plein cœur de ces terres céréalières, une filière 100 % française de production de légumineuses est en train de voir le jour, de l’amont à l’aval. Récit de cette aventure née d’un partenariat vertueux entre agriculteurs, coopératives, industriels et pouvoirs publics, qui participe à la souveraineté agricole et alimentaire française.
Début juillet, dans le premier territoire céréalier français – que l’on surnomme à juste titre le « grenier de la France » – les moissons battent leur plein. Au milieu des vastes champs de blé, d’orge et de maïs, le pois jaune et la féverole sont aussi de la partie. Depuis une dizaine d’années, des agriculteurs beaucerons (re)découvrent les bienfaits des légumineuses, ces plantes riches en protéines, et les réintègrent à leurs rotations culturales. Mais ce virage, ils ne l’ont pas pris seuls…
Des agriculteurs engagés…
Dès 2017, plusieurs milliers d’agriculteurs, pour la plupart des céréaliers, se sont engagés dans des pratiques plus durables, comme l’allongement des rotations, la couverture des sols et le développement des légumineuses, qui nécessitent moins d’intrants. Avec une certitude, dès le départ : cette transition ne peut être le seul fait de l’agriculteur. Elle nécessite une contractualisation et un engagement de tous les acteurs de la chaîne de valeur sur le long terme.
Dans la Beauce, cette sécurisation économique a été permise par l’émergence de l’entreprise Intact, une « agritech » spécialisée dans les protéines végétales, dont l’usine de Baule (Loiret) a été inaugurée en mars 2026. Elle propose une valorisation complète de la légumineuse avec des procédés innovants, pour une forte valeur ajoutée et une empreinte carbone réduite.
Les légumineuses, souvent appelées « légumes secs », sont des plantes dont les fruits comestibles sont contenus dans des gousses. Cette famille regroupe des espèces comme le soja, l'arachide, le haricot, les pois, les fèves et les lentilles, qui sont riches en protéines, fibres et vitamines. Leur pouvoir magique, c’est d’agir comme de véritables engrais verts : ces plantes peuvent capter l’azote de l’air et le restituer dans le sol, ce qui le fertilise naturellement. Elles sont donc très utilisées dans la rotation des cultures, en particulier avant et après une céréale. Leur intégration permet de réduire sensiblement les apports d’engrais azotés, et ainsi les émissions de protoxyde d’azote, un gaz à effet de serre qui contribue au réchauffement climatique.
… avec des débouchés sécurisés
« Le projet est né d’un échange multi-acteurs avec les filières, afin de comprendre les besoins des uns et des autres depuis l’amont jusqu’à l’aval », raconte Yasmine Eddouhbani, directrice commerciale chez Intact. D’un côté, des agriculteurs déjà engagés ou prêts à s’engager dans un processus de diversification, et de l’autre des acteurs, notamment dans l’agroalimentaire, qui se fournissent ou cherchent à se fournir en ce type d’ingrédients, tracés et français.
« L’idée, c’était vraiment de créer un débouché économique rentable et sécurisé pour inciter les agriculteurs à intégrer les légumineuses dans leurs assolements », explique Laetitia Delaye, directrice du développement durable chez Intact. Et ça marche. Aujourd’hui, ils sont plus de 1 500 à être engagés dans la démarche Cultiv’Up Regen, avec un objectif de 2 000 d’ici la fin de l’année. Le secret de cet engouement ? L’accompagnement technique, la prime filière et l’assurance rendement, qui leur permettent d’inscrire leur transition dans le temps long.
L’innovation au cœur du projet
« Grâce à des procédés innovants et brevetés, Intact sait valoriser 100 % des produits et coproduits de la graine de la légumineuse, qui est composée à 25 % de protéines, 65 % d’amidon et 10 % de fibres », précise Yasmine Eddouhbani. Les protéines de la graine sont destinées à l’alimentation humaine et animale ; l’amidon est transformé en alcool neutre à destination des secteurs de la cosmétique, de la pharmacie et des spiritueux ; les fibres pourront quant à elles fournir, grâce à une chaudière à biomasse, 70 % de l’énergie nécessaire à la fabrication de l’alcool.
L’usine de Baule a une capacité de production annuelle de 50 000 tonnes, ce qui représente environ 13 000 hectares de légumineuses plantées. Elle transforme le pois jaune et la féverole, avec le projet d’étendre plus tard l’activité à d’autres produits comme la lentille ou le haricot blanc.
Lancée en 2020, la stratégie nationale « protéines végétales » vise à réduire la dépendance de la France aux importations de protéines, notamment le soja, à améliorer l’autonomie alimentaire des élevages, et à développer une offre de produits locaux en matière de légumes secs (lentilles, pois chiche, haricots, fèves…). Recherche, investissements et outils industriels sont mobilisés pour structurer des débouchés durables. Le projet Intact illustre cette ambition de création de filières complètes, de la graine jusqu'à la transformation.
Fin du texte officiel repris
Source :Ministère de l'Agriculture, publié le — Licence Ouverte / Etalab 2.0.
Consulter la publication d'originehttps://agriculture.gouv.fr/dans-la-beauce-la-naissance-dune-filiere
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