Accès aux soins, médecin traitant et téléconsultation
Comment fonctionne le parcours de soins coordonné et que change-t-il au remboursement ?
Déclarer un médecin traitant place l'assuré dans le parcours de soins coordonné. Une consultation à 30 € chez un généraliste de secteur 1 est alors remboursée 19 €, contre 8,40 € hors parcours. La téléconsultation obéit aux mêmes règles : 25 € chez un généraliste, remboursés 15,50 €.
À retenir
- Dans le parcours de soins coordonné, une consultation à 30 € chez un généraliste de secteur 1 est remboursée 19 € ; hors parcours, le remboursement tombe à 8,40 €.
- La téléconsultation d'un généraliste est facturée 25 € et remboursée 15,50 € à 70 %, après déduction de la participation forfaitaire de 2 €.
- Un arrêt de travail prescrit en téléconsultation ne peut excéder 3 jours, sauf lorsqu'il émane du médecin traitant ou d'une sage-femme.
- La permanence des soins couvre chaque nuit de 20 heures à 8 heures ainsi que les dimanches et jours fériés de 8 heures à 20 heures, en application de l'article R. 6315-1 du code de la santé publique.
- L'accessibilité moyenne aux médecins généralistes s'établit à 3,3 consultations par an et par habitant en 2024, en recul de 1,1 % sur un an, avec un écart de 1 à 4,3 entre territoires.
À quoi sert la déclaration d'un médecin traitant ?
La déclaration d'un médecin traitant est un acte administratif, distinct du fait de consulter régulièrement le même praticien. Elle est effectuée par le médecin en ligne ou au moyen d'un formulaire adressé à la caisse d'assurance maladie. Le praticien doit donner son accord. Pour un enfant de moins de 16 ans, la déclaration est faite par les parents ou les titulaires de l'autorité parentale.
Le médecin traitant peut être généraliste ou spécialiste, de secteur 1 ou de secteur 2, exerçant en cabinet, en maison de santé, en centre de santé ou en établissement hospitalier. La fiche Médecin traitant et parcours de soins coordonnés de service-public.gouv.fr en rappelle les conditions.
Sa mission est définie par l'Assurance Maladie : assurer le suivi régulier, orienter vers les autres professionnels, tenir le dossier médical, mettre en place les actions de prévention et établir le protocole de soins en cas d'affection de longue durée. La page Médecin traitant et parcours de soins coordonnés, mise à jour le 23 avril 2026, en détaille le contenu.
Que coûte une consultation hors parcours de soins ?
L'écart est le principal levier du dispositif. Dans le parcours, une consultation à 30 € chez un généraliste de secteur 1 est remboursée à 70 % du tarif, diminué de la participation forfaitaire de 2 €, soit 19 €. Hors parcours, la même consultation n'est remboursée que 8,40 €, une majoration venant s'imputer sur la part prise en charge.
La différence, de 10,60 €, n'est pas couverte par les contrats responsables : le cahier des charges de ces contrats leur interdit de prendre en charge la majoration appliquée hors parcours de soins coordonné. Le surcoût reste donc à la charge du patient, même bien couvert.
| Situation | Tarif | Taux | Montant remboursé |
|---|---|---|---|
| Consultation dans le parcours de soins | 30 € | 70 % | 19 € |
| Consultation hors parcours de soins | 30 € | 70 % minoré | 8,40 € |
| Téléconsultation dans le parcours de soins | 25 € | 70 % | 15,50 € |
| Consultation d'un enfant de moins de 16 ans | Tarif applicable | 70 % | Sans minoration ni participation forfaitaire |
Montants remboursés en euros pour un médecin généraliste de secteur 1 en métropole, participation forfaitaire de 2 € déduite, au 12 août 2026.Source : Assurance Maladie.
| Poste | Valeur |
|---|---|
| Consultation hors parcours de soins | 8,40 € |
| Téléconsultation dans le parcours | 15,5 € |
| Consultation dans le parcours | 19 € |
Dans quels cas le remboursement reste-t-il normal sans passer par le médecin traitant ?
Le parcours de soins comporte des soupapes. L'Assurance Maladie maintient le remboursement de droit commun en cas d'urgence, d'éloignement du domicile, de consultation d'un remplaçant lorsque le médecin traitant est indisponible, de soins consécutifs à une hospitalisation, et pour les patients de moins de 16 ans n'ayant pas déclaré de médecin traitant.
S'y ajoute l'accès direct autorisé pour certaines spécialités. Le gynécologue peut être consulté directement pour les actes relevant de sa spécialité, l'ophtalmologiste pour les examens et prescriptions de correction visuelle, le psychiatre pour les patients de 16 à 25 ans, ainsi que le stomatologue. Le chirurgien-dentiste et la sage-femme se situent en dehors du dispositif du parcours de soins.
Combien coûte une consultation chez un spécialiste ?
Le tarif conventionnel dépend de la spécialité, du secteur d'exercice et de la place du praticien dans le parcours de soins. Un spécialiste consulté comme correspondant du médecin traitant, dans le cadre d'un suivi régulier, applique un tarif de 31,50 € en secteur 1, remboursé 20,05 € après déduction de la participation forfaitaire de 2 €.
La pédiatrie illustre la modulation par l'âge du patient. Une consultation de pédiatre de secteur 1 est facturée 40 € pour un enfant de moins de 2 ans et 31,50 € entre 6 et 16 ans. Les montants remboursés atteignent respectivement 28 € et 22,05 €, la participation forfaitaire ne s'appliquant pas aux mineurs de moins de 18 ans.
| Consultation | Tarif | Taux | Montant remboursé |
|---|---|---|---|
| Spécialiste correspondant, suivi régulier | 31,50 € | 70 % | 20,05 € |
| Pédiatre, enfant de 0 à 2 ans | 40 € | 70 % | 28,00 € |
| Pédiatre, enfant de 6 à 16 ans | 31,50 € | 70 % | 22,05 € |
Qu'est-ce que la participation forfaitaire de 2 € ?
Elle s'ajoute à toute consultation de médecin, généraliste ou spécialiste, ainsi qu'aux examens de radiologie et aux analyses de biologie médicale. Elle ne s'applique ni aux soins dentaires, ni aux actes des sages-femmes, ni à ceux des auxiliaires médicaux. La page La participation forfaitaire de 2 € de l'Assurance Maladie, mise à jour le 19 janvier 2026, en précise le régime.
Deux plafonds l'encadrent : 8 € par jour et par professionnel de santé, et 50 € par personne et par année civile. Lorsque plusieurs médecins différents sont consultés le même jour, la participation est retenue pour chaque consultation. Seuls les mineurs, les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire et ceux de l'aide médicale de l'État en sont dispensés : ni l'affection de longue durée ni l'arrêt de travail n'y font échapper.
Le recouvrement s'opère par déduction sur les remboursements ultérieurs, quel que soit le poste de soins concerné. Lorsque aucune déduction n'est possible, la caisse émet un avis de paiement, réglable par le service de paiement en ligne du compte assuré. Les sommes dues peuvent être récupérées sur les cinq années précédentes.
Dans quelles conditions une téléconsultation est-elle remboursée ?
La téléconsultation est une consultation à distance réalisée par vidéotransmission entre un patient et un médecin. Elle appartient à l'ensemble plus large de la télémédecine, qui comprend aussi la téléexpertise entre professionnels, la télésurveillance, la téléassistance médicale et la régulation médicale assurée par les services d'aide médicale urgente.
Le principe de prise en charge est le même que pour une consultation physique : la téléconsultation doit s'inscrire dans le parcours de soins coordonné. La fiche Télésanté : télémédecine de service-public.gouv.fr, mise à jour le 27 juin 2026, énumère les situations qui dispensent de ce passage.
- Spécialités relevant déjà de l'accès direct, notamment gynécologie, ophtalmologie, psychiatrie et pédiatrie
- Patient de moins de 16 ans
- Situation médicale urgente
- Absence de médecin traitant déclaré, ou médecin traitant indisponible dans un délai compatible avec l'état de santé
- Personne détenue
- Résident d'un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes ou d'un établissement pour personnes en situation de handicap
Sur le plan tarifaire, une téléconsultation de médecin généraliste de secteur 1 est facturée 25 € et remboursée 15,50 €, soit 70 % du tarif diminués de la participation forfaitaire de 2 €. Les tarifs des spécialistes s'échelonnent selon la spécialité et l'option tarifaire, la fiche service-public.gouv.fr citant 23 € pour la plupart des spécialistes, 30 € pour ceux ayant adhéré à l'option de pratique tarifaire maîtrisée et jusqu'à 50,20 € en psychiatrie.
Le télésoin complète le dispositif. Il désigne la pratique à distance d'un pharmacien ou d'un auxiliaire médical, infirmier ou masseur-kinésithérapeute notamment. Sa prise en charge suppose un échange oral par vidéotransmission ou par téléphone, selon les cas prévus par la réglementation.
Qui prend le relais la nuit, le week-end et les jours fériés ?
La permanence des soins ambulatoires est une mission de service public, distincte de l'aide médicale urgente. L'article L. 6314-1 du code de la santé publique la confie aux médecins exerçant à titre libéral, en collaboration avec les établissements de santé. Les chirurgiens-dentistes, les sages-femmes et les infirmiers diplômés d'État peuvent y concourir dans des conditions définies avec l'agence régionale de santé.
Les plages horaires sont fixées par l'article R. 6315-1 du même code, dans sa rédaction en vigueur depuis le 21 février 2025. Deux périodes sont couvertes en permanence, deux autres le sont en fonction des besoins évalués localement.
| Période | Horaires | Caractère |
|---|---|---|
| Chaque nuit | De 20 heures à 8 heures | Couverture permanente |
| Dimanches et jours fériés | De 8 heures à 20 heures | Couverture permanente |
| Samedi | À partir de midi | Selon les besoins évalués localement |
| Lundi précédant un jour férié, vendredi et samedi suivant un jour férié | Journée | Selon les besoins évalués localement |
L'organisation est territoriale. L'agence régionale de santé découpe la région en territoires de permanence des soins et arrête un cahier des charges régional. La permanence est assurée par des médecins exerçant en cabinet, en maison, en pôle ou en centre de santé, par des médecins des centres médicaux des armées et, sur la base du volontariat, par des établissements de santé, des infirmiers et des sages-femmes.
L'accès passe par une régulation médicale téléphonique, accessible gratuitement. L'article L. 6314-1 prévoit qu'elle est joignable par un numéro national de permanence des soins ou par le numéro national d'aide médicale urgente, selon le choix retenu dans la région. Lorsque le numéro d'aide médicale urgente est retenu, le numéro dédié à la permanence des soins demeure accessible.
Que mesurent les données publiques sur les déserts médicaux ?
L'indicateur de référence est l'accessibilité potentielle localisée. Il ne compte pas les praticiens installés dans une commune mais rapporte, pour chaque commune, l'offre de soins disponible à proximité à la demande de la population environnante, en tenant compte des temps de trajet et de la structure par âge. La Drees a publié le 22 juillet 2026 le jeu de données Accessibilité aux soins de premier recours en 2024.
Pour les médecins généralistes, l'accessibilité moyenne s'établit à 3,3 consultations par an et par habitant en 2024, en recul de 1,1 % par rapport à 2023. L'indicateur s'exprime en équivalents temps plein pour 100 000 habitants pour les autres professions de premier recours.
| Profession | Accessibilité moyenne 2024 | Évolution sur un an | Rapport entre territoires les mieux et les moins bien dotés |
|---|---|---|---|
| Médecins généralistes | 3,3 consultations par an et par habitant | − 1,1 % | 4,3 |
| Infirmiers | 154,8 équivalents temps plein pour 100 000 habitants | − 0,8 % | 6,1 |
| Masseurs-kinésithérapeutes | 123,2 équivalents temps plein pour 100 000 habitants | + 3,3 % | 6,8 |
| Chirurgiens-dentistes | 61,5 équivalents temps plein pour 100 000 habitants | + 1,4 % | 7,9 |
| Sages-femmes | 22,2 équivalents temps plein pour 100 000 habitants | + 1,9 % | 4,9 |
L'écart territorial est plus parlant que la moyenne. Les 10 % de la population les moins bien dotés disposent de 1,3 consultation de médecin généraliste par an et par habitant, contre 5,7 pour les 10 % les mieux dotés. Le rapport entre ces deux valeurs atteint 4,3 en 2024, en hausse de 5,3 % par rapport à 2023 : la dispersion s'accroît alors même que la moyenne recule.
Nombre de consultations accessibles par an et par habitant en 2024. Source : Drees.Source : Drees.
| Poste | Valeur |
|---|---|
| Population la moins bien dotée | 1,30 consultations par an et par habitant |
| Moyenne nationale | 3,30 consultations par an et par habitant |
| Population la mieux dotée | 5,70 consultations par an et par habitant |
Toutes les professions suivent-elles la même trajectoire ?
Non, et c'est l'un des enseignements du jeu de données. L'accessibilité recule pour les médecins généralistes et les infirmiers, mais progresse pour les masseurs-kinésithérapeutes, les sages-femmes et les chirurgiens-dentistes. Les tensions ne se déplacent donc pas de façon uniforme sur l'ensemble du premier recours.
La dispersion territoriale ne se hiérarchise pas comme la moyenne. Les chirurgiens-dentistes affichent le rapport le plus élevé entre territoires bien et mal dotés, à 7,9, devant les masseurs-kinésithérapeutes à 6,8 et les infirmiers à 6,1. Les médecins généralistes, avec 4,3, présentent une répartition plus homogène, ce qui n'atténue pas le recul du volume global.
Rapport entre l'accessibilité des populations les mieux et les moins bien dotées, par profession, en 2024. Source : Drees.Source : Drees.
| Poste | Valeur |
|---|---|
| Médecins généralistes | 4,30 rapport |
| Sages-femmes | 4,90 rapport |
| Infirmiers | 6,10 rapport |
| Masseurs-kinésithérapeutes | 6,80 rapport |
| Chirurgiens-dentistes | 7,90 rapport |
Quel reste à charge pour les soins de ville ?
Le recours en ville est le premier poste de reste à charge des ménages. Selon la fiche Le reste à charge des ménages des comptes de la santé, édition 2025 portant sur l'année 2024, les soins ambulatoires représentent 133 € par habitant, soit 46 % du reste à charge total de 292 €.
Rapporté à la dépense du poste, ce reste à charge s'établit à 11,7 % pour les soins ambulatoires, contre 2,2 % pour les soins hospitaliers. Les dépassements d'honoraires, la participation forfaitaire de 2 € et les majorations hors parcours de soins expliquent l'essentiel de cet écart.
Aucune de ces règles ne préjuge de l'opportunité d'un recours. Elles déterminent seulement le niveau de prise en charge par l'assurance maladie obligatoire, puis, le cas échéant, par la complémentaire santé. En situation d'urgence, la question tarifaire ne conditionne ni la prise en charge médicale ni le remboursement, l'urgence figurant parmi les motifs de maintien du taux de droit commun.
Questions fréquentes
Peut-on changer de médecin traitant ?
Oui, à tout moment et sans justification. Il suffit qu'un nouveau formulaire de déclaration soit rempli avec le médecin choisi, qui doit donner son accord. La nouvelle déclaration remplace la précédente auprès de la caisse d'assurance maladie.
Un patient sans médecin traitant est-il moins remboursé en téléconsultation ?
Non. L'absence de médecin traitant déclaré figure parmi les situations qui dispensent du passage par le parcours de soins pour une téléconsultation, au même titre que l'indisponibilité du médecin traitant dans un délai compatible avec l'état de santé du patient.
La majoration appliquée hors parcours de soins peut-elle être remboursée par une mutuelle ?
Non pour les contrats responsables, qui couvrent l'essentiel du marché. Leur cahier des charges leur interdit de prendre en charge cette majoration, au même titre que la participation forfaitaire de 2 € et les franchises médicales.
Quelle différence entre permanence des soins et aide médicale urgente ?
La permanence des soins répond aux besoins de soins non programmés aux heures de fermeture des cabinets, selon les plages fixées par l'article R. 6315-1 du code de la santé publique. L'aide médicale urgente traite les urgences vitales. Les deux disposent d'une régulation médicale téléphonique accessible gratuitement.
Que mesure exactement l'accessibilité potentielle localisée ?
Elle rapporte, pour chaque commune, l'offre de soins disponible dans un périmètre accessible à la demande de la population environnante, corrigée de la structure par âge. Elle s'exprime en consultations par an et par habitant pour les médecins généralistes, en équivalents temps plein pour 100 000 habitants pour les autres professions.
Un enfant de moins de 16 ans doit-il avoir un médecin traitant déclaré ?
La déclaration est possible et faite par les parents ou titulaires de l'autorité parentale, mais son absence n'entraîne pas de minoration du remboursement. Les consultations d'un enfant de moins de 16 ans échappent également à la participation forfaitaire de 2 €.
Sources
Chaque chiffre de ce dossier a été relevé sur l'une des publications ci-dessous, à la date indiquée. Les barèmes et seuils évoluent : en cas de doute, la source fait foi, pas cette page.
- Médecin traitant et parcours de soins coordonnés
- Médecin traitant et parcours de soins coordonnés
- Consultations en métropole : vos remboursements
- Télésanté : télémédecine (téléconsultation, télésurveillance)
- Article L. 6314-1 du code de la santé publique
- Article R. 6315-1 du code de la santé publique
- Accessibilité aux soins de premier recours en 2024
- Le reste à charge des ménages, comptes de la santé édition 2025
- Décret n° 2014-1374 du 18 novembre 2014 relatif au contenu des contrats d'assurance maladie complémentaire bénéficiant d'aides fiscales et sociales
- Assurance complémentaire santé : comparez les offres
- Ticket modérateur, forfait et franchises (Sécurité sociale)
- Tableaux récapitulatifs des taux de remboursement
- La participation forfaitaire de 2 €
Dossier de référence — production automatisée vérifiée
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