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Dossier de référenceEnvironnement

Filières REP et consignes de tri : quelles obligations en 2026

Mis à jour le · 14 min de lecture · 13 sources officielles

Quelles sont les filières REP en vigueur et quelles obligations pèsent sur les metteurs sur le marché ?

La France compte 19 filières à responsabilité élargie du producteur, gérées par 28 éco-organismes agréés. Tout metteur sur le marché doit s'enregistrer, obtenir un identifiant unique et verser une éco-contribution. Les éco-organismes ont perçu 2,8 milliards d'euros en 2024. L'absence d'identifiant unique est punie de 30 000 euros d'amende.

Dossier de référence — production automatisée vérifiée — Responsable de publication : — Mis à jour le

À retenir

  • 19 filières REP sont en vigueur, dont 7 créées depuis 2020 par la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire.
  • 28 éco-organismes et 24 systèmes individuels sont agréés en 2026 ; ils ont perçu 2,8 milliards d'euros d'éco-contributions en 2024 et reversé 1,2 milliard aux collectivités.
  • L'identifiant unique délivré par l'ADEME doit figurer sur les conditions générales de vente ; son absence expose à une amende administrative de 30 000 euros.
  • Le tri à la source est obligatoire pour six flux de déchets d'activité, huit dans le bâtiment ; le textile a rejoint la liste le 1er janvier 2025.
  • La filière REP des emballages professionnels est entrée en vigueur le 1er janvier 2026 en application du décret n° 2025-1081 du 17 novembre 2025.

Qu'est-ce qu'une filière REP et qui doit y contribuer ?

La responsabilité élargie du producteur transfère à l'entreprise qui met un produit sur le marché la charge de la fin de vie de ce produit. Le mécanisme décline le principe pollueur-payeur. Le ministère de la Transition écologique le formule ainsi : les producteurs « peuvent être rendus responsables du financement ou de l'organisation de la prévention et de la gestion des déchets issus de ces produits en fin de vie ». La règle est posée par le code de l'environnement, aux articles L. 541-10 et suivants.

Le mot « producteur » ne désigne pas seulement le fabricant. Il vise toute personne qui met pour la première fois un produit sur le marché français : industriel établi en France, importateur, distributeur qui vend sous sa propre marque, vendeur à distance opérant depuis l'étranger vers des clients français. Une société qui achète un produit fini hors de France et le revend en France est donc metteur sur le marché, même si elle n'a rien fabriqué.

Deux façons de remplir l'obligation

Le producteur a le choix entre deux voies. Soit il adhère à un éco-organisme agréé par l'État et lui verse une éco-contribution ; l'éco-organisme assume alors l'obligation à sa place, sous le contrôle d'un cahier des charges fixé par arrêté. Soit il met en place un système individuel, lui aussi soumis à agrément, et organise directement la collecte et le traitement de ses produits usagés. L'ADEME recense en 2026 vingt-huit éco-organismes agréés et vingt-quatre systèmes individuels agréés.

Le second cas reste minoritaire et concerne surtout des metteurs sur le marché dont les produits reviennent naturellement vers eux, par exemple des équipements professionnels vendus à un parc de clients identifié. Pour la très grande majorité des entreprises, la voie normale est l'adhésion à un éco-organisme.

Le rôle de l'ADEME et de la commission inter-filières

L'ADEME tient le registre national des producteurs, appelé SYDEREP, et publie les données de performance de chaque filière. Une commission inter-filières de la responsabilité élargie des producteurs, la CIFREP, rend un avis sur les projets de cahiers des charges et sur les agréments. Elle réunit producteurs, collectivités, opérateurs de déchets et associations.

Quelles filières REP existent aujourd'hui en France ?

Dix-neuf filières sont en vigueur. Douze préexistaient à la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire du 10 février 2020 ; sept ont été créées par ce texte et déployées entre 2021 et 2026. Trois autres sont annoncées mais n'ont pas encore d'éco-organisme agréé : gommes à mâcher, engins de pêche contenant du plastique, aides techniques médicales.

Les dix-neuf filières REP en vigueur, telles que répertoriées par l'ADEME.
FilièreSigle
Emballages ménagers et papiers graphiquesEMPAP
Emballages professionnelsEPRO
Équipements électriques et électroniquesEEE
BatteriesBAT
VéhiculesVHU
PneumatiquesPNEU
Huiles lubrifiantesLUB
Éléments d'ameublementEA
Textiles, linges de maison et chaussuresTLC
Produits et matériaux de construction du bâtimentPMCB
Produits chimiquesPCHIM
Médicaments non utilisésMNU
Dispositifs médicaux perforantsDASRI perforants
Articles de bricolage et de jardinABJ
Articles de sport et de loisirsASL
JouetsJOUET
Produits du tabacTABAC
Textiles sanitaires à usage uniqueTSUU
Bateaux de plaisance ou de sportBPS

Les filières historiques

Les emballages ménagers relèvent de la REP depuis 1993, les papiers graphiques depuis 2007. Les deux dispositifs ont fusionné le 1er janvier 2024 dans une filière unique, EMPAP. Trois éco-organismes y sont agréés pour la période 2025-2029 : Adelphe, Citeo et Leko. En 2023, 6,56 millions de tonnes d'emballages ménagers et de papiers ont été mis sur le marché, 5,08 millions de tonnes ont été recyclées et 855 millions d'euros de soutiens ont été versés aux collectivités.

La filière textile suit une logique voisine mais des volumes plus modestes. En 2024, 886 000 tonnes de vêtements, linge de maison et chaussures ont été mises sur le marché français et le taux de collecte s'est établi à 36,5 %. Un seul éco-organisme est agréé, Refashion, pour la période courant du 1er janvier 2023 au 31 décembre 2028.

Les filières créées par la loi anti-gaspillage

La plus lourde est celle des produits et matériaux de construction du bâtiment. Entrée en vigueur en janvier 2023, elle a donné lieu aux premières éco-contributions en mai 2023. Quatre éco-organismes y sont agréés jusqu'au 31 décembre 2027 : Valobat, Valdelia, Ecominero et Ecomaison. Le gisement représente 22 millions de tonnes de déchets en 2024, avec un taux de valorisation de 45 % et un taux de réemploi de 1 %.

Les autres filières nouvelles couvrent les jouets, les articles de bricolage et de jardin, les articles de sport et de loisirs, les produits du tabac, les huiles lubrifiantes, les textiles sanitaires à usage unique et les emballages professionnels. Chacune fonctionne sur le même schéma : un cahier des charges fixé par arrêté, un ou plusieurs éco-organismes agréés, des objectifs chiffrés de collecte, de réemploi et de recyclage.

Étapes réglementaires de la responsabilité élargie du producteur
  1. 1993Emballages ménagersPremière filière REP française.
  2. 2007Papiers graphiquesExtension de la REP aux imprimés papiers.
  3. 10 février 2020Loi anti-gaspillageCréation de sept nouvelles filières et refonte du cadre général.
  4. 1er janvier 2022Signalétique de triEntrée en vigueur de l'article L. 541-9-3 du code de l'environnement.
  5. Janvier 2023Filière bâtimentEntrée en vigueur de la REP PMCB ; premières éco-contributions en mai 2023.
  6. 1er janvier 2024Fusion EMPAPEmballages ménagers et papiers graphiques réunis dans une filière unique.
  7. 1er janvier 2025Tri du textileLe textile devient un flux à trier à la source pour les professionnels.
  8. 1er janvier 2026Emballages professionnelsEntrée en vigueur du décret n° 2025-1081 du 17 novembre 2025.

Repères issus des textes publiés au Journal officiel et des fiches filières de l'ADEME.Source : ADEME, ministère de la Transition écologique, Légifrance.

Étapes réglementaires de la responsabilité élargie du producteur. Repères issus des textes publiés au Journal officiel et des fiches filières de l'ADEME.
ÉchéanceCe qui change
1993Emballages ménagers — Première filière REP française.
2007Papiers graphiques — Extension de la REP aux imprimés papiers.
10 février 2020Loi anti-gaspillage — Création de sept nouvelles filières et refonte du cadre général.
1er janvier 2022Signalétique de tri — Entrée en vigueur de l'article L. 541-9-3 du code de l'environnement.
Janvier 2023Filière bâtiment — Entrée en vigueur de la REP PMCB ; premières éco-contributions en mai 2023.
1er janvier 2024Fusion EMPAP — Emballages ménagers et papiers graphiques réunis dans une filière unique.
1er janvier 2025Tri du textile — Le textile devient un flux à trier à la source pour les professionnels.
1er janvier 2026Emballages professionnels — Entrée en vigueur du décret n° 2025-1081 du 17 novembre 2025.

Quelles démarches un metteur sur le marché doit-il accomplir ?

L'obligation commence avant la première vente. L'entreprise doit d'abord déterminer si ses produits relèvent d'une ou de plusieurs filières : un même article peut en cumuler deux, par exemple un jouet électronique vendu dans un emballage. Elle s'enregistre ensuite auprès de l'ADEME, qui lui délivre un identifiant unique, souvent abrégé en IDU.

Cet identifiant n'est pas un simple numéro administratif. Il doit figurer sur les conditions générales de vente et sur le site internet du producteur, de façon que ses clients et les plateformes de vente en ligne puissent vérifier qu'il est en règle. Les places de marché sont d'ailleurs tenues de contrôler la situation de leurs vendeurs tiers.

Parcours de mise en conformité d'un metteur sur le marché
  1. Identifier les filières concernéesAvant la première mise sur le marchéVérifier, produit par produit, les filières REP applicables.
  2. S'enregistrer auprès de l'ADEMEAvant la première mise sur le marchéInscription au registre SYDEREP et délivrance de l'identifiant unique.
  3. Adhérer à un éco-organismeDès l'enregistrementOu faire agréer un système individuel de collecte et de traitement.
  4. Afficher l'identifiant uniqueEn continuMention sur les conditions générales de vente et sur le site internet.
  5. Apposer la signalétique de triSur chaque produit destiné aux ménagesLogo Triman et information sur les modalités de tri.
  6. Déclarer et payerChaque annéeDéclaration annuelle des quantités mises sur le marché et versement de l'éco-contribution.

Ordre des démarches décrit par le ministère de la Transition écologique et par service-public.fr.Source : Ministère de la Transition écologique, service-public.fr.

Parcours de mise en conformité d'un metteur sur le marché. Ordre des démarches décrit par le ministère de la Transition écologique et par service-public.fr.
ÉtapeDélaiDétail
Identifier les filières concernéesAvant la première mise sur le marchéVérifier, produit par produit, les filières REP applicables.
S'enregistrer auprès de l'ADEMEAvant la première mise sur le marchéInscription au registre SYDEREP et délivrance de l'identifiant unique.
Adhérer à un éco-organismeDès l'enregistrementOu faire agréer un système individuel de collecte et de traitement.
Afficher l'identifiant uniqueEn continuMention sur les conditions générales de vente et sur le site internet.
Apposer la signalétique de triSur chaque produit destiné aux ménagesLogo Triman et information sur les modalités de tri.
Déclarer et payerChaque annéeDéclaration annuelle des quantités mises sur le marché et versement de l'éco-contribution.

La déclaration annuelle

Chaque année, le producteur déclare à son éco-organisme les quantités mises sur le marché l'année précédente, exprimées selon l'unité propre à la filière : tonnes de matériau pour les emballages, nombre d'unités pour certains équipements, kilogrammes pour les textiles. Cette déclaration sert d'assiette au calcul de l'éco-contribution. Une déclaration inexacte peut donner lieu à un redressement et, au-delà, aux sanctions administratives prévues par le code de l'environnement.

Comment l'éco-contribution est-elle calculée ?

L'éco-contribution est une somme versée par le producteur à l'éco-organisme pour financer la fin de vie des produits. Elle est intégrée au prix de vente. Son montant dépend d'un barème propre à chaque filière, révisé chaque année et approuvé dans le cadre de l'agrément. Toutes filières confondues, les éco-organismes ont perçu 2,8 milliards d'euros en 2024 et reversé 1,2 milliard d'euros aux collectivités territoriales au titre de la collecte et du tri.

Primes et pénalités d'éco-modulation

Le barème n'est pas uniforme. La loi impose une modulation en fonction de critères de performance environnementale : incorporation de matière recyclée, durabilité, réparabilité, aptitude au réemploi, présence de substances qui perturbent le recyclage. Un produit vertueux bénéficie d'une prime, un produit pénalisant supporte une pénalité. Le ministère précise que primes et pénalités peuvent dépasser le montant de la contribution initiale, ce qui en fait un véritable levier de conception et non un simple ajustement tarifaire.

Concrètement, un emballage plastique opaque difficilement recyclable coûtera plus cher au metteur sur le marché qu'un emballage monomatériau transparent, à poids égal. C'est le mécanisme central par lequel la REP est censée agir sur l'amont, et non seulement financer l'aval.

Flux de matière couverts par les filières REP en 2024
Flux de matière couverts par les filières REP en 2024. Millions de tonnes, toutes filières confondues, données 2024.Mises sur le marché — 204,1 MtMises sur le marché204,1 MtCollectées — 19,4 MtCollectées19,4 MtRecyclées — 14,7 MtRecyclées14,7 MtRéemployées ou réutilisées — 0,50 MtRéemployées ou réutilisées0,50 Mt

Millions de tonnes, toutes filières confondues, données 2024.Source : ADEME, chiffres de la responsabilité élargie du producteur.

Flux de matière couverts par les filières REP en 2024. Millions de tonnes, toutes filières confondues, données 2024.
PosteValeur
Mises sur le marché204,1 Mt
Collectées19,4 Mt
Recyclées14,7 Mt
Réemployées ou réutilisées0,50 Mt

L'écart entre les 204,1 millions de tonnes mises sur le marché et les 19,4 millions de tonnes collectées s'explique par la durée de vie des produits : les matériaux de construction ou les meubles vendus une année ne reviennent en déchèterie que des années plus tard. Le rapprochement de ces deux chiffres ne mesure donc pas un taux de collecte, mais donne l'ordre de grandeur du gisement couvert. En 2025, 226 000 producteurs étaient adhérents d'un dispositif REP.

Quelles consignes de tri s'appliquent aujourd'hui ?

Deux séries de règles coexistent. La première s'adresse aux ménages et passe par l'information portée sur le produit. La seconde s'adresse aux entreprises et aux administrations et porte sur la séparation des déchets qu'elles produisent.

L'information du consommateur : Triman et Info-tri

L'article L. 541-9-3 du code de l'environnement, entré en vigueur le 1er janvier 2022, impose que tout produit soumis à une consigne de tri porte une signalétique informant le consommateur que « ce produit fait l'objet de règles de tri ». Le décret n° 2021-835 du 29 juin 2021 fixe les modalités : c'est le logo Triman, accompagné d'une information précisant les modalités de tri, dite Info-tri. Lorsque le produit se décompose en éléments relevant de consignes différentes, l'information doit détailler chaque élément.

La signalétique peut figurer sur le produit, sur son emballage ou sur un document joint. Elle est également accessible sous forme dématérialisée. Le même article prévoit que l'éco-organisme harmonise l'information de tri sur les emballages ménagers dès lors qu'une majorité de la population est couverte par un dispositif harmonisé.

L'extension des consignes de tri

Côté bac de tri, la règle a été simplifiée. Tous les emballages se trient désormais, sans exception de matériau ni de forme. Le tri des plastiques ne se limite plus aux bouteilles et flacons : pots, barquettes et films entrent dans le même bac. Le ministère de la Transition écologique présente cette extension comme le socle du message adressé aux ménages, l'objectif étant de supprimer l'hésitation devant la poubelle.

Le tri à la source des biodéchets

Depuis le 31 décembre 2023, le tri à la source des biodéchets est généralisé. Chaque collectivité doit proposer une solution à ses habitants, compostage de proximité ou collecte séparée. Les producteurs professionnels de biodéchets y sont également soumis, quel que soit le tonnage produit, alors que le dispositif antérieur ne visait que les gros producteurs. Les établissements recevant plus de 1 100 litres de déchets par semaine relèvent de la collecte séparée pour les biodéchets comme pour les emballages et papiers.

Le tri six et huit flux

Les entreprises et les administrations doivent séparer leurs déchets par flux avant de les remettre à un collecteur. Le socle, issu du décret du 10 mars 2016, portait sur cinq matières ; le textile s'y est ajouté le 1er janvier 2025, portant le socle à six flux. Les chantiers de construction et de démolition relèvent d'un régime renforcé issu du décret n° 2021-950 du 16 juillet 2021, qui ajoute les fractions minérales et le plâtre.

Flux à trier à la source par les producteurs professionnels de déchets.
FluxRégime généralChantiers du bâtiment
Papier et cartonOuiOui
MétalOuiOui
PlastiqueOuiOui
VerreOuiOui
BoisOuiOui
TextileOui, depuis le 1er janvier 2025Oui, depuis le 1er janvier 2025
Fraction minéraleNonOui
PlâtreNonOui

Deux dispenses existent. Les professionnels dont les déchets sont collectés par le service public et qui produisent moins de 1 100 litres par semaine peuvent être exonérés du tri par flux, à condition de respecter les consignes locales. Sur les chantiers, l'obligation ne s'applique pas en dessous de 40 mètres carrés de surface ou de 10 mètres cubes de déchets au total.

Que risque une entreprise qui ne respecte pas ses obligations ?

Le régime de sanction est principalement administratif. L'autorité compétente met d'abord en demeure l'entreprise de se conformer dans un délai qu'elle fixe. Si le manquement persiste, elle prononce une amende, éventuellement assortie d'une astreinte journalière tant que la situation n'est pas régularisée.

Principales sanctions encourues en matière de REP et de tri des déchets.
ManquementSanction encourue
Absence d'identifiant unique ou absence de contribution à un système REPAmende administrative jusqu'à 30 000 €
Autre manquement aux obligations REPAmende de 1 500 € à 7 500 € par unité ou par tonne
Manquement à la signalétique et à l'information de triAmende de 3 000 € pour une personne physique, 15 000 € pour une personne morale
Persistance du manquement après mise en demeureAstreinte journalière jusqu'à 20 000 €
Défaillance d'un éco-organisme ou d'un système individuelAmende jusqu'à 10 % des éco-contributions perçues, suspension ou retrait de l'agrément
Non-respect de l'obligation de tri des déchets d'activitéAmende administrative jusqu'à 150 000 € ou astreinte de 1 500 € par jour

Le volet pénal existe mais reste réservé aux situations les plus graves, notamment l'abandon ou le traitement illégal de déchets. Le ministère rappelle que les faits les plus lourds peuvent être punis de deux ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende pour une personne physique, le montant étant porté à 375 000 euros pour une personne morale.

Pour un éco-organisme, la sanction la plus lourde n'est pas financière. La suspension ou le retrait de l'agrément prive l'organisme de son droit d'exercer et oblige ses adhérents à se reporter sur un autre dispositif. C'est ce qui donne son poids réel au cahier des charges signé lors de l'agrément.

Qu'est-ce qui change au 1er janvier 2026 ?

Le principal changement porte sur les emballages professionnels. Le décret n° 2025-1081 du 17 novembre 2025 institue la filière à responsabilité élargie des producteurs d'emballages servant à commercialiser des produits consommés ou utilisés par des professionnels. Il est entré en vigueur le 1er janvier 2026. Les contrats en cours avec un éco-organisme restent valables jusqu'à leur terme.

Le périmètre est large mais comporte des exclusions explicites : emballages d'huiles minérales ou de synthèse, emballages de produits chimiques présentant un risque significatif, produits et matériaux de construction, et emballages d'approvisionnement agricole lorsqu'un dispositif existant demeure applicable. Ces flux relèvent d'autres filières.

Le texte encadre aussi le financement. La prise en charge par l'éco-organisme ne peut excéder le coût de services de gestion des déchets présentant un bon rapport coût-efficacité. Le professionnel qui demande une prise en charge doit établir que ses déchets ne sont pas déjà gérés par le service public. Deux arrêtés du 2 décembre 2025 fixent le cahier des charges des éco-organismes de la filière et le sort des emballages relevant à la fois des ménages et des professionnels.

Pour une entreprise qui vend à d'autres entreprises, la conséquence pratique est immédiate : elle doit vérifier si ses emballages de transport, de regroupement et de vente relèvent désormais du nouveau dispositif, s'enregistrer le cas échéant et intégrer l'éco-contribution correspondante à ses prix.

Questions fréquentes

Une entreprise étrangère qui vend en ligne en France est-elle soumise à la REP ?

Oui. Le metteur sur le marché est celui qui met le produit à disposition pour la première fois sur le territoire national, y compris par vente à distance depuis l'étranger. Il doit s'enregistrer auprès de l'ADEME, obtenir un identifiant unique et adhérer à un éco-organisme. Les places de marché sont tenues de vérifier la conformité de leurs vendeurs tiers.

Où trouver son identifiant unique et celui d'un fournisseur ?

L'identifiant unique est délivré par l'ADEME lors de l'enregistrement au registre SYDEREP. Il doit ensuite être publié par le producteur sur ses conditions générales de vente et sur son site internet. Un acheteur qui veut vérifier la conformité d'un fournisseur commence donc par consulter ces documents.

Un même produit peut-il relever de plusieurs filières REP ?

Oui, et c'est fréquent. Un appareil électrique vendu dans un carton relève de la filière des équipements électriques et électroniques pour l'appareil et de la filière des emballages pour le carton. Chaque composante donne lieu à une déclaration et à une éco-contribution distinctes, auprès d'éco-organismes différents.

L'éco-contribution peut-elle être affichée séparément sur la facture ?

L'éco-contribution est en principe intégrée au prix du produit. Certaines filières historiques pratiquent un affichage séparé, mais le mécanisme d'éco-modulation, qui module la contribution selon la performance environnementale du produit, vise précisément à ce que le coût se répercute sur la conception et non sur une simple ligne comptable.

Les biodéchets d'une petite entreprise sont-ils concernés par le tri à la source ?

Oui. Depuis le 31 décembre 2023, l'obligation de tri à la source des biodéchets est généralisée et ne dépend plus d'un seuil de tonnage. Une entreprise de restauration, même modeste, doit disposer d'une solution de tri, par compostage de proximité ou par collecte séparée.

Que se passe-t-il si un fournisseur n'est pas enregistré ?

Le distributeur qui commercialise en France un produit dont le fournisseur n'a pas rempli ses obligations peut se retrouver lui-même regardé comme metteur sur le marché, avec les obligations d'enregistrement et de contribution correspondantes. La vérification de l'identifiant unique du fournisseur relève donc de la gestion du risque contractuel.

Sources

Chaque chiffre de ce dossier a été relevé sur l'une des publications ci-dessous, à la date indiquée. Les barèmes et seuils évoluent : en cas de doute, la source fait foi, pas cette page.

  1. Les chiffres de la responsabilité élargie du producteurADEME · consulté le
  2. Les filières REPADEME · consulté le
  3. Cadre général des filières à responsabilité élargie des producteursMinistère de la Transition écologique · consulté le
  4. Filières à responsabilité élargie du producteur (REP)Service-public.fr — Entreprendre · consulté le
  5. Décret n° 2025-1081 du 17 novembre 2025 relatif aux emballages et instituant la filière REP des emballages professionnelsLégifrance · consulté le
  6. Décret n° 2021-835 du 29 juin 2021 relatif à l'information des consommateurs sur la règle de triLégifrance · consulté le
  7. Décret n° 2021-950 du 16 juillet 2021 relatif au tri des déchets de papier, métal, plastique, verre, textiles, bois, fraction minérale et plâtreLégifrance · consulté le
  8. Article L541-9-3 du code de l'environnementLégifrance · consulté le
  9. FAQ sur la mise en œuvre du tri et de la collecte séparée en 6 et 8 fluxMinistère de la Transition écologique · consulté le
  10. Tri des déchetsMinistère de la Transition écologique · consulté le
  11. Filière emballages ménagers et papiers graphiques (EMPAP)ADEME · consulté le
  12. Filière textiles, linges de maison et chaussures (TLC)ADEME · consulté le
  13. Filière produits et matériaux de construction du bâtiment (PMCB)ADEME · consulté le

Dossier de référence — production automatisée vérifiée

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