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Dossier de référenceEnvironnement

Qualité de l'air : quels polluants, quels seuils, quelles données

Mis à jour le · 13 min de lecture · 10 sources officielles

Quels polluants de l'air sont surveillés en France, à quels seuils réglementaires, et où consulter les mesures ?

Dix catégories de polluants sont surveillées en continu par plus de 550 stations fixes. La valeur limite annuelle est de 40 µg/m³ pour le dioxyde d'azote et les PM10. La directive européenne du 11 décembre 2024 les abaisse à 20 µg/m³ au 1er janvier 2030. Les données sont publiées sur Geod'Air.

Dossier de référence — production automatisée vérifiée — Responsable de publication : — Mis à jour le

À retenir

  • Dix catégories de polluants font l'objet d'une surveillance obligatoire : dioxyde de soufre, oxydes d'azote, ozone, PM10 et PM2,5, monoxyde de carbone, benzène, métaux lourds, hydrocarbures aromatiques polycycliques et benzo(a)pyrène.
  • La directive (UE) 2024/2881, entrée en vigueur le 11 décembre 2024, doit être transposée au plus tard le 11 décembre 2026 ; les nouvelles valeurs limites — 20 µg/m³ pour le NO2 et les PM10, 10 µg/m³ pour les PM2,5 — s'appliqueront au 1er janvier 2030.
  • En 2024, deux agglomérations dépassaient la valeur limite de dioxyde d'azote, trois celle des PM10, et dix-sept la valeur cible pour l'ozone en moyenne 2022-2024.
  • Pendant un épisode, le seuil d'information est de 50 µg/m³ par jour pour les PM10 et de 180 µg/m³ par heure pour l'ozone ; les seuils d'alerte sont respectivement de 80 et 240 µg/m³.
  • Le PREPA vise, par rapport à 2005, une réduction des émissions de 77 % pour le dioxyde de soufre, 69 % pour les oxydes d'azote et 57 % pour les PM2,5 à l'horizon 2030.

Quels polluants la réglementation surveille-t-elle ?

La surveillance obligatoire porte sur dix catégories de polluants : dioxyde de soufre, oxydes d'azote, ozone, particules PM10 et PM2,5, monoxyde de carbone, benzène, métaux lourds — plomb, arsenic, cadmium, nickel, mercure —, hydrocarbures aromatiques polycycliques et benzo(a)pyrène. Le ministère de la Transition écologique en dresse la liste sur sa page consacrée à la surveillance de la qualité de l'air.

Ces polluants n'ont pas la même origine ni la même dynamique. Le dioxyde d'azote et les particules primaires sont directement émis par la combustion — moteurs, chaufferies, chauffage au bois. L'ozone est un polluant secondaire : il se forme sous l'effet du rayonnement solaire à partir d'oxydes d'azote et de composés organiques volatils. C'est pourquoi les pics d'ozone surviennent l'été, et les pics de particules l'hiver.

Les sources se répartissent entre phénomènes naturels et activités humaines. Le ministère cite d'un côté les éruptions volcaniques et les feux de végétation, de l'autre l'industrie, les transports, l'agriculture et le chauffage résidentiel. Cette double origine complique l'interprétation d'une mesure : un dépassement de PM10 peut résulter d'une combustion locale comme d'un apport lointain.

Le bilan 2024 en donne une illustration. Des épisodes de poussières sahariennes ont contribué aux concentrations de PM10 dans les territoires antillais et, sur certains mois, en France métropolitaine. Ces apports naturels s'ajoutent aux émissions locales et pèsent sur le décompte annuel des jours de dépassement.

Exposition chronique et exposition aiguë

Deux régimes d'exposition coexistent, et ils n'appellent pas les mêmes réponses. L'exposition aiguë correspond au pic : quelques jours de concentrations élevées, traités par les procédures d'urgence préfectorales. L'exposition chronique correspond au niveau moyen respiré toute l'année. Le ministère souligne que c'est l'exposition chronique qui produit les effets sanitaires de long terme les plus lourds.

Les populations vulnérables — enfants, personnes âgées, personnes souffrant de pathologies respiratoires — sont les plus exposées au risque. C'est cette logique qui structure les seuils : le seuil d'information vise les groupes sensibles, le seuil d'alerte l'ensemble de la population.

Trois familles de normes à ne pas confondre

Le droit distingue trois niveaux d'exigence. La valeur limite est contraignante : son dépassement engage la responsabilité de l'État et peut fonder un contentieux européen. La valeur cible doit être atteinte « dans la mesure du possible » : elle n'emporte pas la même obligation de résultat. L'objectif de qualité est un horizon de long terme, sans sanction attachée.

La distinction n'est pas rhétorique. L'ozone relève d'une valeur cible, ce qui explique que dix-sept agglomérations la dépassent sans que la France soit poursuivie sur ce point, quand deux dépassements de la valeur limite du dioxyde d'azote suffisent à nourrir une procédure devant la Cour de justice de l'Union européenne.

Quels seuils s'appliquent aujourd'hui et lesquels s'appliqueront en 2030 ?

Le cadre en vigueur est issu de la directive (UE) 2008/50. Le ministère rappelle les valeurs limites qu'elle a fixées : 40 µg/m³ en moyenne annuelle pour le dioxyde d'azote, 40 µg/m³ pour les PM10 et 20 µg/m³ pour les PM2,5.

La directive (UE) 2024/2881 rebat les cartes. Entrée en vigueur le 11 décembre 2024, elle laisse deux ans aux États membres pour la transposer, soit au plus tard le 11 décembre 2026. Les nouvelles valeurs limites s'appliqueront à compter du 1er janvier 2030 : 20 µg/m³ pour le dioxyde d'azote, 20 µg/m³ pour les PM10, 10 µg/m³ pour les PM2,5.

L'abaissement est de moitié pour le dioxyde d'azote et les PM10, et du même ordre pour les PM2,5. Des zones aujourd'hui conformes basculeront donc mécaniquement en non-conformité sans qu'aucune émission n'ait augmenté. Le ministère précise qu'à partir de 2026, la réalisation d'une feuille de route deviendra obligatoire dans les zones non conformes.

Valeurs limites annuelles pour la protection de la santé humaine, en microgrammes par mètre cube.
PolluantValeur limite actuelleValeur limite au 1er janvier 2030
Dioxyde d'azote (NO2)40 µg/m³20 µg/m³
Particules PM1040 µg/m³20 µg/m³
Particules PM2,520 µg/m³10 µg/m³
Le calendrier de la nouvelle directive sur la qualité de l'air
  1. 11 décembre 2024Entrée en vigueur de la directive (UE) 2024/2881Elle remplace le cadre issu de la directive (UE) 2008/50.
  2. 2026Feuille de route obligatoireLes zones non conformes doivent élaborer un plan d'action.
  3. 11 décembre 2026Échéance de transpositionDélai de deux ans laissé aux États membres pour inscrire la directive en droit national.
  4. 1er janvier 2030Application des nouvelles valeurs limitesNO2 et PM10 à 20 µg/m³, PM2,5 à 10 µg/m³ en moyenne annuelle.

Étapes de la directive (UE) 2024/2881 relative à la qualité de l'air ambiant.Source : Ministère de la Transition écologique.

Le calendrier de la nouvelle directive sur la qualité de l'air. Étapes de la directive (UE) 2024/2881 relative à la qualité de l'air ambiant.
ÉchéanceCe qui change
11 décembre 2024Entrée en vigueur de la directive (UE) 2024/2881 — Elle remplace le cadre issu de la directive (UE) 2008/50.
2026Feuille de route obligatoire — Les zones non conformes doivent élaborer un plan d'action.
11 décembre 2026Échéance de transposition — Délai de deux ans laissé aux États membres pour inscrire la directive en droit national.
1er janvier 2030Application des nouvelles valeurs limites — NO2 et PM10 à 20 µg/m³, PM2,5 à 10 µg/m³ en moyenne annuelle.

Le calendrier laisse peu de marge. Entre l'échéance de transposition, fixée à décembre 2026, et l'entrée en application des nouvelles valeurs, en janvier 2030, trois années séparent la règle écrite de la règle opposable. C'est dans cet intervalle que se joueront les décisions d'aménagement, de motorisation et de chauffage qui détermineront la conformité des agglomérations les plus chargées.

Où en est la France par rapport à ces seuils ?

Le bilan 2024 de la qualité de l'air extérieur publié par le service statistique du ministère décrit une amélioration continue assortie de poches de non-conformité. Les concentrations baissent depuis 2000 pour le dioxyde de soufre, le dioxyde d'azote, le monoxyde de carbone, le benzène, les PM10 et les PM2,5. L'ozone fait exception : il n'affiche pas de tendance nette.

En 2024, deux agglomérations dépassaient la valeur limite de dioxyde d'azote — Paris et Montpellier — et trois celle des PM10 : Cayenne, Fort-de-France et Mamoudzou. La valeur cible pour l'ozone était dépassée dans dix-sept agglomérations en moyenne triennale 2022-2024. Une agglomération, Béthune, dépassait la valeur cible du nickel, à 69 nanogrammes par mètre cube pour une cible de 20.

Les moyennes en fond urbain restent bien en deçà des valeurs limites actuelles : de 2 à 27 µg/m³ pour le dioxyde d'azote, de 9 à 26 µg/m³ pour les PM10, de 4 à 13 µg/m³ pour les PM2,5 en 2024. Ces fourchettes montrent l'ampleur de l'écart entre territoires — et la marge qui sépare les villes les plus chargées du seuil de 20 µg/m³ applicable en 2030.

Agglomérations en dépassement d'une norme réglementaire en 2024.
PolluantType de normeAgglomérations en dépassement
Dioxyde d'azoteValeur limite2 (Paris, Montpellier)
Particules PM10Valeur limite3 (Cayenne, Fort-de-France, Mamoudzou)
OzoneValeur cible17 (moyenne 2022-2024)
NickelValeur cible1 (Béthune)

La géographie des dépassements a changé de nature. Le dioxyde d'azote reste un problème de grande agglomération et de proximité au trafic ; les PM10 pèsent désormais surtout dans les territoires ultramarins, exposés aux poussières transportées et à des configurations d'émission différentes. L'ozone, lui, se joue à l'échelle régionale et se mesure en moyenne triennale, ce qui lisse les épisodes isolés.

Deux contentieux européens encore ouverts

La France reste sous le regard de la Cour de justice de l'Union européenne. Le ministère mentionne deux contentieux en cours, l'un sur le dioxyde d'azote dans douze zones, l'autre sur les particules PM10 en Île-de-France et en Martinique. L'arrêt du 24 octobre 2019 avait constaté les dépassements de dioxyde d'azote, celui du 28 avril 2022 les non-conformités relatives aux PM10.

Que se passe-t-il pendant un épisode de pollution ?

Deux seuils commandent la réaction publique. Le seuil d'information et de recommandation correspond, selon le ministère, « au niveau de concentration d'un polluant au-delà duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé humaine » des groupes sensibles. Le seuil d'alerte correspond « à un niveau au-delà duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé de l'ensemble de la population ».

Ces seuils sont fixés par l'article R. 221-1 du code de l'environnement. Pour les PM10, le seuil d'information est de 50 µg/m³ en moyenne journalière et le seuil d'alerte de 80 µg/m³. Pour l'ozone, le seuil d'information est de 180 µg/m³ en moyenne horaire et le seuil d'alerte de 240 µg/m³.

Seuils de déclenchement des procédures d'épisode de pollution.
PolluantPériode de référenceSeuil d'informationSeuil d'alerte
Particules PM10Moyenne journalière50 µg/m³80 µg/m³
OzoneMoyenne horaire180 µg/m³240 µg/m³

Comment un épisode est caractérisé

L'arrêté du 7 avril 2016 définit l'épisode de pollution comme le dépassement de l'un de ces seuils. Il retient en outre la notion d'épisode persistant pour les PM10 et l'ozone : soit un dépassement prévu deux jours consécutifs, soit un dépassement constaté deux jours de suite en stations de fond.

Trois critères caractérisent l'étendue du dépassement. Le critère de superficie retient une zone d'au moins 100 km² au sein d'une région. Le critère de population vise 10 % des habitants dans les départements de plus de 500 000 habitants, ou 50 000 habitants ailleurs. Un troisième critère couvre les situations locales : vallées encaissées, zones résidentielles proches d'axes à fort trafic, bassins industriels.

Le représentant de l'État informe alors le public et diffuse les recommandations sanitaires. En cas de franchissement du seuil d'alerte ou d'épisode persistant, il peut imposer les mesures figurant en annexe de l'arrêté, après consultation d'un comité interinstitutionnel. Ces mesures prennent effet le lendemain, à l'exception des restrictions de vitesse affichées sur panneaux à messages variables, applicables immédiatement.

  • Transports : abaissement des vitesses maximales de 20 km/h, restriction de circulation des poids lourds, limitation de circulation fondée sur le certificat qualité de l'air.
  • Industrie : renforcement des systèmes de dépollution, réduction d'activité, report des opérations les plus émettrices.
  • Résidentiel : suspension de l'usage des appareils de combustion de biomasse non performants.
  • Agriculture : suspension des opérations de brûlage, report des épandages d'engrais.
Le déroulé d'une procédure préfectorale d'épisode de pollution
  1. Constat ou prévision de dépassementQuotidienMesure en station ou prévision fournie par le dispositif de surveillance.
  2. Caractérisation de l'épisodeImmédiatCritère de superficie (100 km²), de population (10 % ou 50 000 habitants) ou situation locale.
  3. Information du publicDès le seuil d'informationDiffusion des recommandations sanitaires par le représentant de l'État.
  4. Mesures d'urgenceSeuil d'alerte ou épisode persistantRestrictions de circulation, d'activité industrielle, de chauffage au bois et d'épandage.
  5. Entrée en vigueurJ+1Les mesures s'appliquent le lendemain, sauf les vitesses affichées sur panneaux à messages variables.

Enchaînement prévu par l'arrêté du 7 avril 2016 modifié.Source : Arrêté du 7 avril 2016 ; ministère de la Transition écologique.

Le déroulé d'une procédure préfectorale d'épisode de pollution. Enchaînement prévu par l'arrêté du 7 avril 2016 modifié.
ÉtapeDélaiDétail
Constat ou prévision de dépassementQuotidienMesure en station ou prévision fournie par le dispositif de surveillance.
Caractérisation de l'épisodeImmédiatCritère de superficie (100 km²), de population (10 % ou 50 000 habitants) ou situation locale.
Information du publicDès le seuil d'informationDiffusion des recommandations sanitaires par le représentant de l'État.
Mesures d'urgenceSeuil d'alerte ou épisode persistantRestrictions de circulation, d'activité industrielle, de chauffage au bois et d'épandage.
Entrée en vigueurJ+1Les mesures s'appliquent le lendemain, sauf les vitesses affichées sur panneaux à messages variables.

Qui mesure la qualité de l'air et où consulter les données ?

La mesure est confiée aux associations agréées de surveillance de la qualité de l'air, une par région. Elles exploitent plus de 550 stations fixes, implantées principalement en zone urbaine. Leur fédération, Atmo France, coordonne le réseau et publie les indices régionaux.

Le Laboratoire central de surveillance de la qualité de l'air assure la coordination technique. Il réunit l'Ineris, le Laboratoire national de métrologie et d'essais et l'IMT Nord Europe. L'Ineris administre par ailleurs Geod'Air, la base de données nationale de référence, qui met les mesures à disposition en quasi-temps réel avec une cartographie interactive et une recherche historique.

La prévision relève de PREV'AIR, système mis en service en 2003, qui produit chaque jour des cartes et prévisions pour l'ozone, le dioxyde d'azote et les particules à plusieurs échelles spatiales. Le service public Recosanté restitue enfin l'état de la qualité de l'air commune par commune, aux côtés de l'indice UV, du risque pollinique et de la vigilance météorologique.

La répartition des rôles mérite d'être retenue, car elle commande la fiabilité de la donnée consultée. Les associations mesurent, le laboratoire central harmonise les méthodes, l'Ineris centralise et publie, PREV'AIR prévoit. Une valeur trouvée ailleurs que dans cette chaîne — capteur individuel, application non référencée — n'est pas comparable à une mesure réglementaire, ni opposable dans une procédure.

Quels plans encadrent la réduction des émissions ?

La surveillance ne réduit rien par elle-même. Deux instruments portent l'action : le plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques, dit PREPA, et les plans de protection de l'atmosphère, applicables dans les agglomérations de plus de 250 000 habitants et dans les zones qui dépassent les valeurs limites.

Les plans de protection de l'atmosphère sont l'outil local. Ils combinent des mesures réglementaires et des actions concertées avec les acteurs du territoire, et s'imposent dans toute agglomération de plus de 250 000 habitants ainsi que dans les zones où une valeur limite est dépassée. Le PREPA joue le rôle inverse : il fixe la trajectoire nationale, secteur par secteur — industrie, transport, résidentiel, agriculture — à échéances 2020, 2025 et 2030.

Le PREPA 2022-2025 fixe des objectifs de réduction par polluant, exprimés par rapport à 2005. À l'horizon 2030, il vise -77 % pour le dioxyde de soufre, -69 % pour les oxydes d'azote, -57 % pour les PM2,5, -52 % pour les composés organiques volatils non méthaniques et -13 % pour l'ammoniac.

Objectifs de réduction des émissions à l'horizon 2030
Objectifs de réduction des émissions à l'horizon 2030. Réduction visée par rapport à 2005, par polluant.Dioxyde de soufre — 77 %Dioxyde de soufre77 %Oxydes d'azote — 69 %Oxydes d'azote69 %Particules PM2,5 — 57 %Particules PM2,557 %Composés organiques volatils non méthaniques — 52 %Composés organiques volatils non méthaniques52 %Ammoniac — 13 %Ammoniac13 %

Réduction visée par rapport à 2005, par polluant.Source : PREPA 2022-2025, ministère de la Transition écologique.

Objectifs de réduction des émissions à l'horizon 2030. Réduction visée par rapport à 2005, par polluant.
PosteValeur
Dioxyde de soufre77 %
Oxydes d'azote69 %
Particules PM2,557 %
Composés organiques volatils non méthaniques52 %
Ammoniac13 %

L'écart entre l'ammoniac et les autres polluants n'est pas un oubli. L'ammoniac provient très majoritairement de l'agriculture, secteur pour lequel le décret n° 2022-1654 du 26 décembre 2022 a fixé des trajectoires annuelles distinctes : réduction de 13 % des émissions d'ammoniac en 2030 par rapport à 2005, et de 15 % des émissions de protoxyde d'azote par rapport à 2015.

Ces trajectoires sont annualisées. Pour l'ammoniac, le décret fixe -5,5 % en 2022, -8,3 % en 2025 et -13,0 % en 2030. Pour le protoxyde d'azote, -7,0 % en 2022, -10,0 % en 2025 et -15,0 % en 2030. Le suivi est donc possible chaque année, sans attendre l'échéance finale.

Ce que ces plans ne règlent pas

Les objectifs du PREPA portent sur les émissions, exprimées en tonnes rejetées. Les valeurs limites portent sur les concentrations, mesurées en microgrammes par mètre cube d'air respiré. Les deux ne varient pas au même rythme : une baisse d'émissions peut être compensée localement par la topographie, la météorologie ou la concentration du trafic. C'est ce décalage qui explique la persistance de dépassements dans quelques agglomérations malgré une amélioration nationale continue.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre valeur limite et valeur cible ?

La valeur limite est contraignante : son dépassement peut fonder un contentieux européen contre l'État. La valeur cible doit être atteinte dans la mesure du possible, sans obligation de résultat équivalente. L'ozone relève d'une valeur cible, le dioxyde d'azote et les particules d'une valeur limite.

Où consulter les mesures de qualité de l'air près de chez soi ?

Trois sources publiques coexistent. Recosanté donne l'état du jour par commune. Geod'Air, administrée par l'Ineris, est la base nationale de référence, avec cartographie interactive et historique. Le bilan annuel du service statistique du ministère fournit les données détaillées par agglomération, en publication et en fichier tableur.

À partir de quel niveau parle-t-on d'épisode de pollution aux particules ?

À partir de 50 µg/m³ en moyenne journalière pour les PM10, seuil d'information et de recommandation. Le seuil d'alerte est fixé à 80 µg/m³. L'épisode est dit persistant lorsque le dépassement est prévu deux jours consécutifs ou constaté deux jours de suite en stations de fond.

Le préfet peut-il interdire de circuler pendant un pic de pollution ?

Oui, au-delà du seuil d'alerte ou en cas d'épisode persistant. L'arrêté du 7 avril 2016 prévoit l'abaissement des vitesses de 20 km/h, la restriction de circulation des poids lourds et la limitation de circulation fondée sur le certificat qualité de l'air. Les mesures prennent effet le lendemain, sauf les vitesses affichées sur panneaux à messages variables.

Les seuils vont-ils changer ?

Oui. La directive (UE) 2024/2881, entrée en vigueur le 11 décembre 2024 et à transposer au plus tard le 11 décembre 2026, abaisse les valeurs limites annuelles à 20 µg/m³ pour le dioxyde d'azote et les PM10 et à 10 µg/m³ pour les PM2,5, à compter du 1er janvier 2030.

Combien de stations mesurent la qualité de l'air en France ?

Plus de 550 stations fixes, exploitées par les associations agréées de surveillance de la qualité de l'air, une par région. Elles sont implantées principalement en zone urbaine. La coordination technique relève du Laboratoire central de surveillance de la qualité de l'air, qui réunit l'Ineris, le Laboratoire national de métrologie et d'essais et l'IMT Nord Europe.

Sources

Chaque chiffre de ce dossier a été relevé sur l'une des publications ci-dessous, à la date indiquée. Les barèmes et seuils évoluent : en cas de doute, la source fait foi, pas cette page.

  1. Surveiller, évaluer et prévoir la qualité de l'airMinistère de la Transition écologique · consulté le
  2. Les polluants de l'air : situation, impacts et encadrementMinistère de la Transition écologique · consulté le
  3. Cadre international et européen de réduction de la pollution de l'airMinistère de la Transition écologique · consulté le
  4. Agir pour réduire la pollution de l'airMinistère de la Transition écologique · consulté le
  5. Bilan de la qualité de l'air extérieur en France en 2024Service des données et études statistiques · consulté le
  6. Arrêté du 7 avril 2016 relatif au déclenchement des procédures préfectorales en cas d'épisodes de pollution de l'air ambiantLégifrance · consulté le
  7. Arrêté du 13 mars 2018 modifiant l'arrêté du 20 août 2014 relatif aux recommandations sanitairesLégifrance · consulté le
  8. Décret n° 2022-1654 du 26 décembre 2022 relatif aux trajectoires de réduction des émissions du secteur agricoleLégifrance · consulté le
  9. Plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques 2022-2025Ministère de la Transition écologique · consulté le
  10. Recosanté, service public d'information sur l'environnement et la santéService public numérique · consulté le

Dossier de référence — production automatisée vérifiée

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