Blé : les années de faible rendement pourraient se multiplier d'ici 2100

Les épisodes associant canicule et sécheresse pourraient devenir trois fois plus fréquents dans le nord de la France et six fois plus fréquents dans le sud d'ici 2100, si les émissions de gaz à effet de serre continuent d'augmenter. Une étude de l'INRAE chiffre la menace sur les rendements du blé.
Les épisodes qui combinent canicule et sécheresse pourraient devenir trois fois plus fréquents dans le nord de la France et six fois plus fréquents dans le sud d'ici 2100. Ce chiffrage figure dans une étude de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE), publiée le 10 février 2026 et reprise le 6 août 2026 par le Commissariat général au développement durable.
Il vaut pour un scénario de fortes émissions de gaz à effet de serre. Les chercheurs ont mesuré à quelle fréquence les années de fortes pertes de rendement en blé pourraient revenir selon l'évolution du climat en France.
Aujourd'hui, ces mauvaises années surviennent en moyenne une fois tous les dix ans.
Hivers doux et printemps humides, jusqu'à douze fois plus souvent
La combinaison canicule-sécheresse n'est pas seule en cause. L'enchaînement d'un hiver trop doux et d'un printemps très humide, qui favorise la propagation des maladies et des ravageurs, pourrait devenir jusqu'à douze fois plus fréquent dans le nord de la France et 2,5 fois plus fréquent dans le sud, toujours dans le scénario de fortes émissions.
L'étude identifie aussi des risques qui pèsent peu aujourd'hui. Si la chaleur s'installe trop tôt dans l'année, les plantes poussent mal et les grains risquent de ne pas arriver à maturité. À l'inverse, les problèmes liés au froid deviendraient de moins en moins fréquents.
Quatre années de référence
Les auteurs se sont appuyés sur quatre années récentes : 2003, 2007, 2016 et 2024. Le rendement du blé y a été inférieur de 10 % à la tendance moyenne mesurée entre 1980 et 2024. Chacune a connu des conditions météorologiques défavorables, mais pas les mêmes.
- 2003 : sécheresse et canicule ;
- 2007, 2016 et 2024 : hiver doux suivi d'un printemps très humide ;
- perte de rendement observée ces années-là : 10 % sous la tendance 1980-2024 ;
- fréquence actuelle de ce type d'année : une fois tous les dix ans en moyenne.
Selon l'étude, les effets d'une canicule sont aggravés par une sécheresse, et l'inverse est également vrai. C'est cette interaction qui rend les épisodes combinés déterminants pour le rendement.
Le résultat s'inverse dans le scénario de l'Accord de Paris
Si les émissions de gaz à effet de serre restent stables et conformes aux objectifs de l'Accord de Paris, les récoltes de blé ne seraient pas plus exposées qu'aujourd'hui. C'est donc la trajectoire d'émissions, et non la seule échéance de 2100, qui sépare les deux scénarios.
Le Commissariat général au développement durable en tire deux conséquences : réduire les émissions, et engager dès maintenant l'adaptation des pratiques agricoles pour sécuriser les productions à venir.
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