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Eau potable : la dépollution chiffrée de 1,3 à 5,7 milliards d’euros par an

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Illustration — Environnement
Landscape in Forêt (Trooz) 02.jpg — Pierre-Jacques DESPA, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Dépolluer l’eau potable des PFAS et des pesticides coûterait entre 1,3 et 5,7 milliards d’euros par an selon le périmètre retenu, estime un rapport interinspections mis en ligne le 30 juillet 2026 par l’Inspection générale des affaires sociales. La mission juge qu’une hausse du prix de l’eau sera incontournable.

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Le traitement des pollutions de l’eau potable par les composés per- et polyfluoroalkylés (PFAS) et par les pesticides représenterait un surcoût annuel de 1,3 à 5,7 milliards d’euros 2026, selon le scénario retenu. Le chiffrage figure dans un rapport conjoint de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), de l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD) et du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER), publié le 30 juillet 2026. La mission a construit quatre scénarios correspondant à un périmètre d’intervention croissant.

Le point de départ du rapport est une mesure d’exposition. En 2024, un peu plus de 29 % de la population française a reçu, par les eaux destinées à la consommation humaine, des pesticides ou des PFAS à des concentrations dépassant les limites de qualité européennes. Les cas ayant conduit à restreindre la consommation d’eau du robinet pour un motif sanitaire restent rares. La mission anticipe néanmoins une progression des non-conformités, sous l’effet du caractère persistant de certaines molécules, de leur usage continu et de l’élargissement de la liste des substances recherchées ou réglementées.

Des dépassements hérités d’usages désormais interdits

La très grande majorité des dépassements actuels provient, selon les trois inspections, de l’emploi passé de substances aujourd’hui interdites. Réduire les émissions à la source et protéger les captages reste indispensable pour l’avenir, mais ne suffira pas à rétablir à court terme le respect des normes. De nouvelles interconnexions et de nouvelles usines de traitement devront être construites pour absorber cet héritage.

Le rapport pointe une difficulté de portage. Responsables de la qualité de l’eau distribuée, les collectivités n’atteignent le plus souvent pas la taille critique nécessaire pour mobiliser les financements correspondants. Le surcoût de dépollution s’ajoute par ailleurs au renouvellement d’installations existantes et à la mise à niveau des systèmes de gestion des eaux usées.

Une doctrine nationale d’anticipation, de qualification et d’intervention

La mission propose une doctrine nationale destinée à intervenir plus tôt et à orienter les décisions des collectivités selon la nature de la pollution et la situation locale. Elle doit s’accompagner d’une aide renforcée des agences de l’eau aux collectivités sur le volet eau potable, d’une planification des investissements à l’échelle des bassins et d’une meilleure articulation entre politiques sanitaires et politiques environnementales.

  • réduction des émissions à la source
  • protection globale de la ressource en eau
  • sécurisation et reconquête des captages
  • mutualisation ou substitution de ressource
  • traitements ciblés lorsque la situation le justifie

Redevance PFAS élargie, puis hausse du prix de l’eau

Le financement repose d’abord sur le principe pollueur-payeur : élargissement de la redevance PFAS, élargissement de la redevance pour pollution diffuse agricole et évolution de la fiscalité liée au grand cycle de l’eau. Ces leviers ne suffiront pas, écrit la mission, qui appelle les collectivités à mutualiser leurs moyens et à recourir à des prêts de long terme pour porter les investissements.

Une augmentation du prix de l’eau restera incontournable. Pour en amortir l’effet, le rapport propose des dispositifs de solidarité territoriale orientés vers les services les plus exposés, ainsi que des mesures sociales d’accompagnement des ménages les plus vulnérables. L’objectif affiché est de contenir la hausse en faisant contribuer davantage les principaux émetteurs de PFAS et de pesticides aux coûts de dépollution.

Soutenir les interdictions européennes et les substitutions

En complément du plan interministériel sur les PFAS, des politiques de transition agricole et des mesures de santé-environnement déjà engagées, la mission demande de soutenir les initiatives européennes d’interdiction de production et d’usage de ces substances, ou de limitation réglementaire de leurs émissions. Elle cite la recherche de produits de substitution, l’encadrement des usages à proximité des populations sensibles et le renforcement des technologies de filtration et de destruction des rejets. Cette transition imposera des coûts d’adaptation aux acteurs économiques, mais limitera les dépenses futures de dépollution, estime le rapport. L’eau potable ne représente qu’une part limitée de l’exposome, c’est-à-dire de l’ensemble des expositions aux polluants rencontrées par une personne au cours de sa vie.

1 Publication source

Cet article est écrit à partir du texte publié par l'autorité à l'origine de l'information — Texte officiel reproduit — Inspection générale des affaires sociales, Licence Ouverte / Etalab 2.0.

  1. Dépollution de l’eau potable : stratégies et pistes de financementIgas — Rapports et actualités ·

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