CMV chez la femme enceinte : la HAS fixe la conduite à tenir

La Haute Autorité de santé a publié le 4 août 2026 la conduite à tenir après un dépistage du cytomégalovirus chez la femme enceinte. Elle fixe un contrôle sérologique toutes les quatre semaines au premier trimestre, un traitement par valaciclovir en cas de primo-infection et une amniocentèse proposée à partir de 18 SA.
La Haute Autorité de santé a publié le 4 août 2026 les règles de suivi applicables aux femmes enceintes après un dépistage du cytomégalovirus. Le document fixe le calendrier des prises de sang, la décision à prendre selon chaque résultat et l'usage d'un traitement antiviral au premier trimestre. Il s'adresse aux médecins, aux sages-femmes et aux biologistes qui suivent ces grossesses, et il est accompagné d'une fiche mémo.
Le dépistage vise les femmes dont le statut sérologique est inconnu ou négatif. La prise de sang recherche les immunoglobulines G et M dirigées contre le virus. Quand le résultat est négatif, la HAS demande de recommencer l'examen dès le début de la grossesse, puis toutes les quatre semaines pendant le premier trimestre, dans le même laboratoire lorsque c'est possible. Le dernier contrôle doit intervenir entre 13+0 et 14+0 semaines d'aménorrhée. Au-delà de 14 SA, l'agence considère que le dépistage perd son intérêt.
Un résultat IgM négatif et IgG positif signale une infection passée. Aucun suivi supplémentaire n'est alors prévu pendant la grossesse. Les femmes qui préparent une grossesse doivent faire la sérologie avant de concevoir, y compris dans un parcours de procréation médicalement assistée. Si le résultat évoque une infection récente, un second prélèvement doit le confirmer et le projet de grossesse est repoussé de deux mois.
Un antiviral prescrit hors AMM
En cas de primo-infection survenue dans les deux mois précédant la grossesse ou pendant le premier trimestre, la HAS recommande d'engager un traitement par valaciclovir. Le médicament limite la transmission du virus de la mère au fœtus et réduit le risque de séquelles. Son efficacité dépend de la précocité de la prise. Les données disponibles ne montrent pas de signal de tératogénicité, indique l'agence.
La molécule n'a pas d'autorisation de mise sur le marché dans cette indication. Elle sera prescrite au titre d'un cadre de prescription compassionnelle, en cours de rédaction à l'ANSM. Tout médecin pourra le faire, généraliste ou spécialiste, en ville comme à l'hôpital. La HAS demande qu'à terme les sages-femmes obtiennent le même droit de prescription, afin de raccourcir le délai entre le diagnostic et la première prise.
Amniocentèse proposée à partir de 18 SA
L'annonce d'une primo-infection ouvre une consultation dédiée. La HAS demande au professionnel qui suit la grossesse de se rapprocher d'une équipe spécialisée, centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal ou Fédération française des réseaux de santé en périnatalité, et de construire la décision avec la patiente.
Chez ces femmes, une amniocentèse doit être proposée le plus tôt possible à partir de 18 SA, pour chercher le virus chez l'enfant à naître. Les bénéfices et les risques du prélèvement doivent être exposés avant la décision. Un résultat négatif met fin au valaciclovir et ramène au suivi obstétrical habituel. Un résultat positif conduit à poursuivre la grossesse avec le centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal.
- sérologie négative (IgM-, IgG-) : contrôle toutes les quatre semaines jusqu'à 13+0-14+0 SA ;
- sérologie positive ancienne (IgM-, IgG+) : pas de suivi supplémentaire pendant la grossesse ;
- primo-infection confirmée : consultation dédiée, valaciclovir, amniocentèse proposée dès 18 SA ;
- sérologie non réalisée avant 14 SA : le dépistage n'est plus recommandé.
La HAS propose en parallèle de revoir les conditions d'inscription de plusieurs examens à la nomenclature des actes de biologie médicale : indications actualisées, conditions de réalisation modifiées, radiation d'un acte obsolète. Objectif affiché, aligner les tests remboursés sur ceux qu'elle recommande désormais.
Ces travaux prolongent l'avis de juin 2025, par lequel l'autorité s'était prononcée pour un dépistage systématique du CMV chez les femmes enceintes au statut sérologique inconnu ou négatif, dans un cadre expérimental réévalué au bout de trois ans. Le ministère chargé de la Santé l'a ensuite saisie pour écrire les règles de prise en charge. Près de la moitié de la population française a déjà rencontré ce virus, le plus souvent sans s'en apercevoir.
1 Publication source
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