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Grippe : la HAS recommande d'obliger les soignants à se vacciner

· 4 min de lecture · 1 source

Illustration — Santé
Bâtiment principal, hôpital de la Marine, Rochefort.jpg — Douskka, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

La Haute Autorité de santé a rendu son avis le 20 juillet 2026 sur la vaccination antigrippale. Elle recommande de la rendre obligatoire chaque année pour les professionnels de santé et les personnels au contact de patients fragiles, en commençant par les Ehpad, mais l'écarte pour les résidents de 65 ans et plus.

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La Haute Autorité de santé a rendu public le 20 juillet 2026 son avis sur l'obligation de vaccination contre la grippe saisonnière. Elle demande que cette vaccination devienne obligatoire, chaque année, pour l'ensemble des professionnels de santé, salariés comme libéraux, ainsi que pour les autres personnels des établissements de santé et des établissements médico-sociaux hébergeant des personnes âgées qui sont en contact avec des personnes exposées à un risque de forme sévère. Elle recommande la même obligation pour les élèves et les étudiants des filières médicales et paramédicales.

L'agence avait été saisie par les ministres chargés de la Santé. Deux populations lui étaient soumises : les personnes de 65 ans et plus vivant en collectivité, et les professionnels des secteurs sanitaire et médico-social. Elle rend deux réponses opposées.

Rien ne change pour les résidents de 65 ans et plus

Pour les résidents âgés, la HAS ne retient pas l'obligation. Elle propose de maintenir la recommandation existante, selon les modalités du calendrier vaccinal en vigueur. Trois éléments ont pesé, selon l'avis : une couverture vaccinale déjà à 82,7 % dans cette population, supérieure au seuil de 75 % fixé par l'Organisation mondiale de la santé ; les réserves exprimées majoritairement par les experts et les parties prenantes consultés ; enfin les exigences éthiques attachées à une contrainte imposée dans un Ehpad, que l'agence décrit comme un lieu de vie.

La HAS demande en contrepartie de maintenir les mesures d'incitation à la vaccination des 65 ans et plus et de renforcer les moyens de prévention complémentaires : ventilation des espaces et isolement des personnes malades du côté des établissements, port du masque, hygiène des mains et usage de mouchoirs jetables pour toutes les personnes qui y entrent.

Une couverture vaccinale des professionnels bloquée à 20 %

Le raisonnement diffère pour les professionnels. La HAS constate que, malgré des recommandations anciennes et des campagnes d'incitation, leur couverture vaccinale n'augmente pas : 20 % dans les établissements de santé et 21 % en Ehpad au cours de la saison 2024-2025. Elle relève par ailleurs qu'aucune étude n'a identifié d'alternative permettant de faire baisser l'incidence de la grippe en établissement de soins ou en Ehpad, les mesures barrières venant en complément de la vaccination sans s'y substituer.

L'agence s'appuie aussi sur des précédents étrangers. En Finlande et aux États-Unis, l'instauration d'une obligation vaccinale antigrippale des professionnels a fait passer les taux de vaccination au-dessus de 90 %, rapidement et durablement. Elle cite enfin des enquêtes françaises publiées entre 2024 et 2025, dans lesquelles une majorité des professionnels et de la population générale se déclarait favorable à une telle obligation.

Ehpad et unités de soins de longue durée servis en premier

La HAS demande que l'obligation soit déployée en priorité dans les Ehpad et les unités de soins de longue durée. Elle justifie ce choix par le profil des résidents : 75 % d'entre eux ont 75 ans et plus, et les contacts avec les soignants y sont étroits, répétés et prolongés. L'avis rappelle que la réponse immunitaire diminue avec l'âge, ce qui creuse un écart d'efficacité vaccinale de 20 à 40 points selon les années entre résidents et soignants, et que la mortalité liée à un épisode grippal atteint 6 % chez les résidents contre 0,1 % chez les soignants.

Ailleurs — établissements de santé, autres structures médico-sociales accueillant des personnes âgées, cabinets libéraux — l'agence propose un déploiement progressif sur deux ans, renouvelable un an, dans un cadre concerté avec les acteurs locaux. Cette période doit servir à désigner les professionnels concernés et, le cas échéant, à établir des priorités selon le profil des patients accueillis. La HAS conditionne l'ensemble à trois prérequis : la mise à disposition des vaccins, un système de surveillance assurant la traçabilité des vaccinations, et un cadre réglementaire adapté.

92 000 hospitalisations lors de la saison 2024-2025

L'avis chiffre ce qu'il appelle le fardeau de la grippe saisonnière. La saison 2023-2024 a donné lieu à environ 53 000 hospitalisations, dont 26 500 chez les 65 ans et plus. La saison suivante, 2024-2025, en a compté 92 000, avec un excès de mortalité estimé à environ 17 000 décès. Neuf décès sur dix concernent des personnes de 65 ans et plus, principalement au-delà de 75 ans. En 2022, les 65 ans et plus représentaient 58 % des personnes hospitalisées et les personnes immunodéprimées 11 %.

1 Publication source

Cet article est écrit à partir du texte publié par l'autorité à l'origine de l'information — Texte officiel reproduit — Haute Autorité de santé, Licence Ouverte / Etalab 2.0.

  1. La HAS se prononce sur l’obligation vaccinale contre la grippeHAS — Actualité ·

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