Espèces envahissantes à La Réunion : consultation ouverte jusqu'au 24 août

Le ministère de la Transition écologique soumet à la consultation du public, du 3 au 24 août 2026, un projet d'arrêté qui complète la liste des espèces animales indigènes de La Réunion. Le texte modifie l'arrêté du 9 février 2018 et ajoute les mollusques, les arthropodes et les auxiliaires de lutte biologique.
Un projet d'arrêté modifiant le régime des espèces animales exotiques envahissantes à La Réunion est soumis au public depuis le 3 août 2026. La consultation est ouverte jusqu'au 24 août sur le portail des consultations publiques du ministère de la Transition écologique. Le texte complète la liste des espèces animales indigènes de l'île fixée par l'arrêté du 9 février 2018, en y intégrant des mollusques et des arthropodes.
Le projet ajoute par ailleurs à cette liste les espèces autorisées au titre de la lutte biologique, en application du code rural et de la pêche maritime. Le ministère indique que cet ajout doit permettre de mieux articuler les deux réglementations et de renforcer l'efficacité des actions de gestion menées contre les espèces exotiques envahissantes.
Une liste inversée : ce qui n'est pas indigène est réputé envahissant
Le dispositif réunionnais repose sur une liste positive. L'arrêté de 2018 énumère les espèces animales considérées comme indigènes du territoire ; toutes les autres relèvent, au regard de l'article L. 411-5 du code de l'environnement, de la catégorie des espèces exotiques envahissantes. Cette qualification emporte notamment l'interdiction de les introduire dans le milieu naturel.
La note de présentation mise en ligne par le ministère justifie ce régime par la situation des territoires insulaires, exposés de manière particulière à la pression des espèces introduites en raison d'une richesse biologique importante et largement endémique. Deux documents sont joints au dossier : une note de présentation et le texte du projet d'arrêté.
Neuf contributions déposées à la mi-août
Le compteur du site affichait neuf contributions le 13 août 2026, date du dernier commentaire publié. Sept d'entre elles sont enregistrées comme favorables au projet, deux comme défavorables. Un contributeur demande que le statut du caméléon panthère, Furcifer pardalis, soit clarifié : l'espèce est protégée à La Réunion au titre d'un arrêté de 1989 mais, faute de figurer dans l'arrêté de 2018, elle relève de fait du régime des espèces exotiques envahissantes.
La participation reste très inférieure à celle observée sur d'autres textes de police de la nature soumis au public cet été. Le projet d'arrêté sur la liste des oiseaux protégés dans quatre collectivités d'outre-mer avait recueilli 1 013 contributions entre le 1er et le 22 juillet 2026.
Une série de textes ultramarins passés en consultation cet été
Ce projet s'inscrit dans une séquence de textes réglementaires portant sur la faune ultramarine. Le ministère a ainsi soumis au public, début juillet, un arrêté visant trois limicoles américains : la barge hudsonienne (Limosa haemastica), le courlis hudsonien (Numenius hudsonicus) et le petit chevalier (Tringa flavipes). Il concerne la Guadeloupe, Saint-Martin, la Martinique et Saint-Pierre-et-Miquelon.
Les données citées dans ce dossier documentent le déclin de ces populations. La barge hudsonienne a perdu 95 % de ses effectifs entre 1980 et 2019, pour une population aujourd'hui estimée à environ 87 000 individus. Le courlis hudsonien compte 40 000 individus sur la voie migratoire du Pacifique et autant sur celle de l'Atlantique, après une baisse d'environ 70 % sur les trois dernières générations. Le petit chevalier a reculé d'environ 60 % sur la même période et de 77 % depuis 1980.
5,9 % du territoire national sous protection forte
Le service des données et études statistiques du ministère a publié le 16 juillet 2026 son état des lieux des dispositifs de protection forte. Au 1er janvier 2026, la France comptait 1 861 sites labellisés, dont 94 protections fortes marines et 1 767 terrestres, couvrant 637 299 km2, soit 5,87 % du territoire national. Près des trois quarts de cette surface se situent dans les terres australes et antarctiques françaises. La stratégie nationale pour les aires protégées, adoptée en 2021, vise 10 % du territoire en protection forte en 2030.
Le financement de la stratégie biodiversité mis en cause au Sénat
Le 9 juillet 2026, la commission des finances du Sénat a rendu publiques les conclusions d'un contrôle budgétaire sur le financement de la stratégie nationale biodiversité 2030, conduit par Christine Lavarde, rapporteur spécial de la mission « Écologie, développement et mobilité durables ». Sur la période 2023-2026, les dépenses supplémentaires par rapport à 2022 ont atteint 427 millions d'euros, contre une trajectoire prévue à 1,09 milliard d'euros, soit moins de 40 % des besoins identifiés.
« La France a écrit une stratégie sérieuse pour sa biodiversité, mais elle ne s'est jamais dotée de la méthode pour la financer. »
4 Publications sources
Cet article est écrit à partir du texte publié par l'autorité à l'origine de l'information — Texte officiel reproduit — Ministère de la Transition écologique, Licence Ouverte / Etalab 2.0.
- Projet d'arrêté modificatif sur les espèces animales exotiques envahissantes sur l'île de La Réunion
- [Consultation terminée] - Arrêté modifiant la liste des oiseaux représentés et protégées dans les collectivités de la Guadeloupe, de Saint-Martin, de la Martinique et de Saint-Pierre-et-Miquelon
- Les territoires français couverts par les dispositifs de protection forte de la biodiversité au 1er janvier 2026
- Financer la préservation et la restauration de la biodiversité : une ambition sans les moyens de ses objectifs
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