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Parole publique et IA : le SIG détaille les codes d'identification de l'État

· 4 min de lecture · 1 source

Illustration — Tech
PDC server room.jpg — Esquilo, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Le Service d'information du Gouvernement a mis en ligne le 14 août un chapitre de son étude annuelle Médiascopie d'un pays, édition 2025, consacré à l'usurpation des communications officielles par l'intelligence artificielle. Il recense les repères visuels, sonores et techniques sur lesquels l'État s'appuie pour rester identifiable, et cite deux enquêtes d'opinion.

Article produit automatiquement, sans rédaction humaine — Responsable de publication : — Mis à jour le

Le Service d'information du Gouvernement (SIG) a publié le 14 août 2026, sur info.gouv.fr, un chapitre de l'édition 2025 de Médiascopie d'un pays consacré à la falsification des communications de l'État par l'intelligence artificielle. Le texte recense les moyens dont dispose l'administration pour rester reconnaissable : normes graphiques, identité sonore, standards de traçabilité des fichiers. Il s'appuie sur un entretien avec Alexandre Alaphilippe, directeur de l'organisation de recherche EU DisinfoLab.

L'étude annuelle du SIG existe depuis plus de vingt ans. L'édition 2025, réalisée avec le média Views, est construite autour du thème de la bataille des imaginaires. Le chapitre mis en ligne le 14 août énumère les formes prises par l'usurpation : arrêtés préfectoraux fabriqués et diffusés sur des groupes de messagerie, communiqués gouvernementaux falsifiés sur les réseaux sociaux, allocutions ministérielles truquées.

53 % des Français disent ne plus distinguer une information vraie d'une fausse

Deux enquêtes sont citées à l'appui. Selon l'étude « L'exode informationnel » menée par la Fondation Jean Jaurès, L'ObSoCo et Arte en décembre 2024, 53 % des Français ont des difficultés à séparer une information vraie d'une information fausse. Selon une enquête Ifop réalisée pour Alucare en mars 2024, 33 % se jugent capables de repérer une image produite par une intelligence artificielle.

« Ce n'est pas une question de naïveté. C'est une limite cognitive face à des outils qui évoluent plus vite que nos repères »

Alexandre Alaphilippe, directeur d'EU DisinfoLab, cité par Médiascopie d'un pays, édition 2025, Service d'information du Gouvernement

Nom de domaine en .gouv.fr et Système de Design de l'État obligatoires depuis juillet 2023

La réponse décrite dans l'étude passe d'abord par la constance des codes. Depuis juillet 2023, deux règles s'imposent à l'ensemble des sites et des applications mobiles de l'État : l'usage d'un nom de domaine en .gouv.fr et l'application du Système de Design de l'État, qui impose les mêmes repères visuels à toutes les interfaces publiques.

S'y ajoute FR.AIR, l'identité sonore de l'État, un thème musical inspiré de La Marseillaise destiné à signer les communications publiques. La marque État a été complétée en 2025 d'un territoire sémantique, puis en 2026 d'un territoire iconographique. L'étude cite en référence l'alerte enlèvement, déployée en 2006, dont le signal visuel et sonore est identifié par le public parce qu'il n'a pas varié, et l'exemple suédois, où la typographie, les couleurs et le ton des prises de parole officielles restent invariables.

« Dans les années à venir, la capacité à différencier visuellement ce qui est faux de ce qui est vrai va complètement disparaître »

Alexandre Alaphilippe, directeur d'EU DisinfoLab, cité par Médiascopie d'un pays, édition 2025, Service d'information du Gouvernement

C2PA et SynthID pour tracer l'origine d'un fichier

Le second volet est technique. La charte C2PA et l'outil SynthID, développé par Google DeepMind, apposent sur un fichier une empreinte indiquant son origine et l'intervention éventuelle d'une intelligence artificielle dans sa fabrication. France Télévisions a retenu la C2PA pour certifier ses journaux télévisés. L'étude relève que la réglementation européenne impose depuis août 2026 aux fournisseurs d'intelligence artificielle de marquer les contenus qu'ils génèrent ou modifient, ce qui devrait étendre l'usage de ces standards.

Le cas des agents conversationnels interrogés sur l'action publique

Le chapitre pointe un angle mort : la réponse fournie par un agent conversationnel interrogé sur une politique publique, sans indication des sources utilisées. Il rapporte une expérience relayée par la revue Nature en avril 2026, dans laquelle des chercheurs ont inventé une maladie, la « bixonimania » : des agents conversationnels l'ont présentée comme réelle à des utilisateurs décrivant des symptômes.

Deux dispositifs publics sont présentés comme des pistes. L'Estonie a lancé en 2022 Bürokratt, un réseau d'agents conversationnels publics alimentés par des bases de données gouvernementales certifiées. En France, la Direction interministérielle du numérique développe depuis 2023 Albert, un modèle alimenté par les fiches pratiques de service-public.gouv.fr et destiné aux agents publics. Le Gouvernement étudie par ailleurs une centralisation de ses communiqués de presse, pour en améliorer la traçabilité.

  • Publication : chapitre de Médiascopie d'un pays, édition 2025, mis en ligne le 14 août 2026 par le SIG.
  • Repères imposés depuis juillet 2023 : nom de domaine en .gouv.fr et Système de Design de l'État.
  • Identité sonore : FR.AIR, thème inspiré de La Marseillaise.
  • Standards de traçabilité cités : C2PA, adoptée par France Télévisions, et SynthID.
  • Outils publics d'IA cités : Bürokratt en Estonie depuis 2022, Albert à la DINUM depuis 2023.

1 Publication source

Cet article est écrit à partir du texte publié par l'autorité à l'origine de l'information — Texte officiel reproduit — Service d'information du Gouvernement, Licence Ouverte / Etalab 2.0.

  1. La parole officielle à l'épreuve de l'IAinfo.gouv.fr — Actualités du Gouvernement ·

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