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Milieux naturels : une maille moyenne de 164 km² en France en 2018

· 4 min de lecture · 3 sources

Illustration — Environnement
Landscape in Forêt (Trooz) 02.jpg — Pierre-Jacques DESPA, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

La surface moyenne d’un espace naturel continu s’établissait à 164 km² en France en 2018, contre 213 km² en 1990, selon l’indicateur de taille effective de maille publié le 3 juillet par le Service des données et études statistiques. Un animal ne parcourt en moyenne que 13 km avant de rencontrer un obstacle, indique le Commissariat général au développement durable.

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Un espace naturel terrestre continu couvrait en moyenne 164 km² en France en 2018. Le chiffre provient de l’étude publiée le 3 juillet 2026 par le Service des données et études statistiques (SDES), le service statistique du ministère chargé de la Transition écologique. Le Commissariat général au développement durable (CGDD) l’a repris le 13 août : à ce niveau de morcellement, un animal ne peut parcourir en moyenne que 13 km avant de rencontrer un obstacle.

L’indicateur utilisé s’appelle la taille effective de maille. Il correspond, selon la définition donnée par le SDES, à la taille qu’auraient les espaces naturels s’ils étaient tous découpés en fragments de superficie identique, à degré de morcellement égal. Plus la valeur est basse, plus le territoire est morcelé. Le SDES précise que le phénomène ne se confond pas avec l’artificialisation : un territoire peu artificialisé peut être fortement coupé par des infrastructures linéaires, et inversement.

Une perte de 41 km² concentrée sur la décennie 1990

La série reconstituée par le SDES depuis 1990 situe le décrochage entre 1990 et 2000, période de développement des infrastructures autoroutières et ferroviaires. La valeur nationale passe alors de 213 km² à 172 km², soit une baisse de 4,1 km² par an en moyenne. Depuis le milieu des années 2000, la dégradation se poursuit à un rythme dix fois plus lent, de l’ordre de 0,3 km² par an. Sur la même période, la part des espaces naturels et semi-naturels est passée de 66 % à 60 % du territoire.

  • 213 km² de taille effective de maille en 1990, 172 km² en 2000, 164 km² en 2018
  • − 4,1 km² par an entre 1990 et 2000, − 0,3 km² par an depuis le milieu des années 2000
  • 66 % du territoire en espaces naturels et semi-naturels en 1990, 60 % en 2018
  • 13 km parcourus en moyenne avant un obstacle

Normandie et Bretagne, les baisses les plus fortes des années 1990

Le SDES décline le calcul par région. Entre 1990 et 2000, les reculs les plus marqués concernent la Normandie, avec une baisse moyenne de 6 % par an, la Bretagne et les Pays de la Loire, à 5 %, et l’Île-de-France, à 4 %. Entre 2000 et 2018, la diminution se poursuit dans la quasi-totalité des régions mais à un rythme nettement plus faible : les Hauts-de-France restent la région la plus touchée, à 1 % par an.

L’exemple documenté par le service statistique est celui du bocage normand, où la taille effective de maille moyenne est tombée de 250 km² à 120 km² entre 2000 et 2006. Le SDES l’attribue à l’inauguration de l’A84, à l’élargissement de l’axe Caen-Rennes et à la mise en conformité de la ligne ferroviaire Paris-Caen-Cherbourg pour le TGV. À l’inverse, la forêt de Sologne conserve un niveau stable depuis plus de trente ans, autour de 200 km².

Le statut de protection ne garantit pas la continuité écologique

L’analyse porte aussi sur les espaces protégés. Le SDES constate qu’ils ne sont pas systématiquement épargnés : le parc national des Cévennes et le parc naturel régional de l’Aubrac gardent de fortes continuités, quand le parc national des Calanques et le parc naturel régional du Vexin affichent des niveaux de morcellement comparables, voire supérieurs, à ceux des territoires qui les entourent. Le service statistique en tire une conclusion explicite : le classement en espace protégé ne suffit pas, à lui seul, à maintenir la continuité écologique.

Sur la carte nationale, les valeurs les plus basses se concentrent dans les plaines de grande culture du Nord et des Pays de la Loire, dans et autour des grands pôles urbains d’Île-de-France, le long de l’axe rhodanien et sur certains secteurs littoraux touristiques. Les massifs montagneux et les grands ensembles forestiers — Corse, Auvergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur — présentent les valeurs les plus élevées. Dans les départements et régions d’outre-mer, le morcellement se concentre sur les zones littorales.

3 Publications sources

Cet article est écrit à partir du texte publié par l'autorité à l'origine de l'information — Texte officiel reproduit — Commissariat général au développement durable, Licence Ouverte / Etalab 2.0.

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