Légumes d'industrie : les cinq scénarios à 2040 prévoient tous une baisse

Une étude prospective commandée par le ministère de l'Agriculture et mise en ligne le 29 juillet 2026 porte sur la filière des légumes destinés à la transformation en Hauts-de-France. Ses cinq scénarios à l'horizon 2040 anticipent tous un recul des volumes produits, compris entre 15 % et 60 %.
Les volumes de légumes destinés à la transformation produits en Hauts-de-France reculeront d'ici 2040 dans chacun des cinq scénarios d'une étude prospective publiée le 29 juillet 2026 par le ministère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Souveraineté alimentaire. L'ampleur du recul varie de 15 % à 60 % selon le scénario. Les surfaces cultivées diminuent dans quatre cas sur cinq.
La région est le premier bassin français pour ces cultures de plein champ dédiées aux industriels de l'agroalimentaire. Elle rassemble 46 % des surfaces nationales et 3 106 exploitations. Neuf sites de transformation y sont implantés, en conserve, en surgélation et en déshydratation ; ils ont traité 402 000 tonnes en 2023. La région fournit 62 % de la production nationale de petits pois, 56 % des carottes et 32 % des haricots.
Un déficit commercial de 411 millions d'euros en 2024
L'étude situe la filière dans un contexte de déficit des échanges : elle chiffre à 411 millions d'euros le déficit commercial constaté en 2024. Le ministère met en avant les atouts régionaux : un potentiel agro-climatique favorable aux cultures légumières, des acteurs de la recherche et de l'innovation, un tissu industriel diversifié, une main-d'œuvre disponible, des coûts opérationnels compétitifs, une position géographique et un réseau de distribution étendus.
Les fragilités identifiées sont l'adaptation au changement climatique, l'accès à la ressource en eau et le maintien des cultures légumières au sein des exploitations agricoles. Ce sont ces facteurs que les scénarios font varier.
De la stabilisation au déclin, cinq trajectoires chiffrées
- scénario tendanciel : volumes en baisse de 35 %, surfaces en recul de 20 %, rendements irréguliers, six usines maintenues sur neuf ;
- scénario de productivité technologique : volumes en baisse de 15 %, surfaces en recul de 10 %, rendements variables, neuf sites maintenus ;
- scénario d'autonomie résiliente : volumes en baisse de 15 %, surfaces en hausse de 10 %, rendements très réguliers, neuf sites maintenus ;
- scénario à deux vitesses : volumes en baisse de 40 %, surfaces en recul de 40 %, rendements stables pour les meilleurs producteurs, six usines maintenues ;
- scénario de déclin : volumes en baisse de 60 %, surfaces en recul de 50 %, rendements très irréguliers, quatre sites conservés.
Le nombre d'usines varie de quatre à neuf selon les hypothèses
L'outil industriel constitue la principale variable d'ajustement. Deux scénarios sur cinq préservent les neuf sites de transformation existants : celui qui mise sur les gains de productivité technologique et celui qui table sur une autonomie résiliente, seul cas où les surfaces cultivées progressent. Deux autres ramènent le parc à six usines. Le scénario le plus dégradé n'en conserve que quatre.
Aucune trajectoire ne prévoit d'augmentation des volumes produits. Seul le scénario d'autonomie résiliente associe la baisse des volumes à une progression des surfaces cultivées, sous l'effet de rendements décrits comme très réguliers.
Gouvernance, gestion de l'eau et image des produits transformés
L'étude assortit ces scénarios de pistes d'action. Elles portent d'une part sur le renforcement de la gouvernance collective et de la cohésion entre les acteurs de la filière, d'autre part sur l'adaptation de la production : gestion de la ressource en eau, innovation technologique, investissements ciblés, amélioration de la résilience des systèmes de culture et refonte de la communication commerciale. Le ministère cite parmi les leviers une meilleure valorisation de l'image des légumes transformés auprès des consommateurs.
Les travaux ont été conduits par le cabinet AND International et par le Gerpa. Ils sont signés de Tanguy Chever et Clément Lepeule pour AND International, de Philippe Durance pour le Gerpa et de Julie Blanchot pour le centre d'études et de prospective du ministère. La synthèse est diffusée sous la forme d'une note d'analyse de quatre pages de ce centre.
1 Publication source
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