Stellantis veut démolir un bâtiment du Calvados pour une centrale solaire

Stellantis demande à déroger à la protection des espèces pour abattre une large partie d'un bâtiment de stockage de son site de Cormelles-le-Royal et Mondeville, dans le Calvados, et y implanter à terme une centrale solaire au sol. Dix couples de goélands argentés nichant en toiture perdraient leur habitat.
Stellantis a déposé une demande de dérogation à la protection stricte des espèces pour démolir une large partie d'un de ses bâtiments de stockage, sur son site industriel de Cormelles-le-Royal et Mondeville, dans le Calvados. Le groupe veut y installer, à terme, une centrale solaire au sol. La DREAL Normandie a ouvert le 19 août 2026 une consultation du public sur ce dossier.
Le bâtiment concerné, désigné comme le bâtiment 50, est décrit comme obsolète par le service de l'État. Sa toiture accueille une quinzaine de couples de goélands argentés, une espèce protégée. La démolition entraînerait une perte d'habitat pour dix de ces couples, selon la présentation faite par la DREAL.
Quatre espèces de goélands visées par la demande
Outre le goéland argenté, la demande porte sur le goéland marin, le goéland brun et le goéland leucophée, présentés comme nicheurs potentiels sur le site. Ces espèces relèvent de l'article L411-1 du code de l'environnement, qui interdit notamment la destruction et la dégradation de leurs sites de reproduction et de leurs aires de repos.
Une atteinte à ces espèces suppose une dérogation délivrée au titre de l'article L411-2 du même code. Le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel normand, saisi du dossier, n'a pas rendu d'avis dans le délai qui lui était imparti. Son avis est donc réputé favorable de manière tacite, indique la DREAL.
L'avis de consultation ne détaille pas les mesures d'évitement, de réduction ou de compensation avancées par l'industriel. Elles figurent dans le dossier de demande mis en ligne par le service, un fichier de 15,1 mégaoctets. Ni le calendrier des travaux, ni la puissance envisagée pour la future centrale solaire ne sont précisés dans les éléments publiés.
Observations recevables jusqu'au 4 septembre à 23 h 59
La consultation est ouverte du 20 août au 4 septembre 2026 inclus. Elle passe par un questionnaire en ligne hébergé par la DREAL Normandie, présenté comme totalement anonyme : l'enregistrement des réponses ne comporte aucune information obligatoire d'identification.
Les contributions peuvent aussi être adressées par voie postale au service eau, littoral et biodiversité de la DREAL, à la cité administrative de Rouen, au moyen d'un formulaire de réponse téléchargeable. Le courrier doit être posté au plus tard le 4 septembre 2026 à 23 h 59, le cachet de la poste faisant foi. Un exemplaire papier du dossier est consultable à Rouen, 2 rue Saint-Sever, et à Caen, 10 boulevard du Général Vanier.
Une étape obligatoire avant la décision préfectorale
La procédure découle de l'article L123-19-2 du code de l'environnement, qui soumet à la participation du public les décisions individuelles des autorités publiques ayant une incidence sur l'environnement. À l'issue de la consultation, la décision administrative intégrera, s'il y a lieu, les retours recueillis.
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