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Dossier de référenceTech

Cookies et traceurs : ce que le consentement doit être

Mis à jour le · 12 min de lecture · 11 sources officielles

Quelles règles s'appliquent aux cookies et traceurs, quels sont les cas d'exemption et quelles sanctions la CNIL prononce-t-elle ?

Le consentement aux cookies doit être libre, spécifique, éclairé et univoque, donné par un acte positif avant tout dépôt, et aussi simple à refuser qu'à accepter. Certains traceurs en sont exemptés. La CNIL recommande 13 mois de durée de vie maximale. Le 1er septembre 2025, elle a prononcé 325 millions d'euros d'amende contre Google.

Dossier de référence — production automatisée vérifiée — Responsable de publication : — Mis à jour le

À retenir

  • L'article 82 de la loi Informatique et Libertés impose un consentement préalable avant toute écriture ou lecture d'information sur le terminal de l'utilisateur ; la poursuite de la navigation ne vaut pas consentement.
  • Refuser doit être aussi simple qu'accepter : la CNIL attend un bouton de refus au même niveau que le bouton d'acceptation.
  • Sept familles de traceurs échappent au consentement, dont l'authentification, le panier d'achat, l'équilibrage de charge et certains outils de mesure d'audience strictement encadrés.
  • La CNIL recommande une durée de vie des traceurs limitée à 13 mois, une conservation des informations collectées de 25 mois au maximum et un enregistrement du choix de l'utilisateur pendant 6 mois.
  • Le 1er septembre 2025, la CNIL a prononcé 325 millions d'euros d'amende contre Google LLC et Google Ireland Limited et 150 millions d'euros contre une société de vente en ligne de vêtements, sur le fondement de l'article 82.

Quel texte encadre les cookies et que couvre-t-il exactement ?

La règle française figure à l'article 82 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978, dite loi Informatique et Libertés, qui transpose la directive 2002/58/CE dite ePrivacy. Le texte impose le recueil du consentement de l'utilisateur avant toute action tendant à accéder à des informations déjà stockées sur son terminal ou à y inscrire des informations. La formulation est délibérément technique : elle ne parle pas de cookies mais d'écriture et de lecture sur un terminal.

La conséquence est large. Sont concernés les cookies HTTP, mais aussi le stockage local du navigateur, les identifiants publicitaires des systèmes mobiles, les pixels invisibles, les empreintes de terminal et tout dispositif de suivi équivalent. Le vecteur technique est indifférent ; seul compte le fait d'écrire ou de lire sur l'équipement de la personne.

L'obligation ne dépend pas de la nature des données. Elle s'applique même lorsque aucune donnée personnelle n'est traitée, parce qu'elle protège la confidentialité du terminal et non les seules données. Elle pèse sur tout organisme, public ou privé, qui dépose ou fait déposer un traceur depuis un site internet, un intranet, un extranet ou une application mobile.

À quelles conditions le consentement est-il valable ?

Le consentement doit être libre, spécifique, éclairé et univoque. Il doit résulter d'un acte positif clair, antérieur au dépôt du traceur, et pouvoir être retiré aussi facilement qu'il a été donné. Ces quatre qualificatifs proviennent du RGPD et se sont substitués à l'ancienne pratique du consentement implicite.

La poursuite de la navigation ne vaut plus acceptation. Faire défiler la page, cliquer sur un lien, fermer un bandeau par la croix ou continuer à consulter le site ne constitue pas un acte positif clair. L'acceptation de conditions générales d'utilisation ne vaut pas davantage consentement aux traceurs : le consentement doit être spécifique aux finalités poursuivies.

Le refus doit être aussi simple que l'acceptation. La CNIL attend un bouton permettant de refuser l'ensemble des traceurs au même niveau, dans la même forme et avec la même visibilité que le bouton d'acceptation globale. Un parcours qui impose plusieurs clics ou une navigation dans des sous-menus pour refuser, quand un seul clic suffit pour accepter, caractérise un manquement.

  • Le consentement est recueilli avant tout dépôt ou toute lecture de traceur non exempté.
  • L'utilisateur est informé, en termes simples, des finalités poursuivies et de l'identité des responsables de traitement.
  • Le refus global est accessible au même niveau que l'acceptation globale, avec la même simplicité.
  • Le consentement est spécifique par finalité : l'utilisateur peut accepter une finalité et en refuser une autre.
  • Le retrait du consentement est possible à tout moment et aussi simple que son recueil.
  • L'organisme est en mesure de prouver, à tout moment, que le consentement a été valablement recueilli.

Comment prouver le consentement ?

La charge de la preuve pèse sur l'organisme qui dépose les traceurs. La recommandation du 17 septembre 2020 énumère plusieurs mécanismes admis : conservation horodatée des versions du code de recueil, captures d'écran datées du parcours utilisateur tel qu'il était présenté, audits périodiques réalisés par un tiers, ou conservation horodatée des paramétrages successifs de la plateforme de gestion du consentement utilisée.

Ce point est souvent négligé. Un bandeau conforme aujourd'hui ne prouve rien sur l'état du site il y a dix-huit mois, période sur laquelle un contrôle peut porter. Sans historique du paramétrage, l'organisme ne peut pas établir la validité des consentements passés.

Quels traceurs échappent au consentement ?

L'article 82 prévoit deux exceptions : les traceurs ayant pour finalité exclusive de permettre ou faciliter la communication par voie électronique, et ceux strictement nécessaires à la fourniture d'un service de communication en ligne expressément demandé par l'utilisateur. La CNIL en a tiré une liste opérationnelle de cas exemptés.

Traceurs exemptés de consentement et traceurs soumis au consentement
FinalitéConsentement requis ?
Authentification de l'utilisateur auprès d'un serviceNon
Sécurité, notamment détection des tentatives d'usurpationNon
Mémorisation du contenu d'un panier d'achatNon
Personnalisation de l'interface : langue, options d'affichageNon
Équilibrage de la charge entre serveursNon
Comptage du nombre de contenus gratuits consultés dans le cadre d'un accès payantNon
Mesure d'audience limitée au strict nécessaire, sous conditions cumulativesNon, si toutes les conditions sont remplies
Publicité ciblée et personnalisation publicitaireOui
Mesure d'audience recoupée avec d'autres traitements ou partagée avec des tiersOui
Suivi de la navigation sur plusieurs sites ou applicationsOui
Boutons de partage vers les réseaux sociauxOui

Le cas particulier de la mesure d'audience

L'exemption de la mesure d'audience est étroite et cumulative. L'outil doit servir exclusivement à mesurer l'audience du site ou de l'application : performance, difficultés de navigation, optimisation technique, estimation de la charge des serveurs. Il doit fonctionner pour le seul compte de l'éditeur et ne produire que des statistiques anonymes.

Deux pratiques font sortir immédiatement de l'exemption : le recoupement des données avec d'autres traitements ou leur transmission à des tiers sous une forme non anonyme, et le suivi de la navigation sur plusieurs sites ou applications au moyen d'un identifiant identique. La CNIL invite les éditeurs à demander à leur prestataire la documentation démontrant que l'outil peut être configuré dans ces limites, avant de retenir l'exemption.

Combien de temps les traceurs et le choix de l'utilisateur peuvent-ils être conservés ?

Trois durées distinctes doivent être tenues. Elles sont souvent confondues, alors qu'elles ne portent pas sur le même objet : la durée de vie du traceur lui-même, la durée de conservation des informations collectées grâce à lui, et la durée pendant laquelle le choix exprimé par l'utilisateur est mémorisé.

Durées recommandées par la CNIL
ObjetDuréePrécision
Durée de vie du traceur13 mois au maximumSans prorogation automatique lors d'une nouvelle visite
Informations collectées via le traceur25 mois au maximumDurée à réexaminer périodiquement pour vérifier qu'elle reste nécessaire
Mémorisation du choix de l'utilisateur6 mois, bonne pratiqueÉvite de resolliciter l'utilisateur à chaque visite

La règle des 13 mois signifie que le traceur expire treize mois après son dépôt et qu'une nouvelle visite ne repousse pas cette échéance. Au terme, le consentement doit être à nouveau recueilli. La durée de 25 mois pour les informations collectées permet une comparaison d'une année sur l'autre, avec la marge nécessaire au traitement statistique.

Le consentement doit par ailleurs être renouvelé chaque fois qu'une finalité nouvelle est ajoutée à celles pour lesquelles il avait été donné. Un consentement recueilli pour la mesure d'audience et la publicité ne couvre pas l'ajout ultérieur d'un partage de données avec un nouveau partenaire.

Le cadre applicable aux traceurs et son application par la CNIL
  1. 2020-09-17Lignes directrices et recommandationLa CNIL adopte ses lignes directrices modificatives et la recommandation n° 2020-092 sur les cookies et autres traceurs.
  2. 2021-04-01Fin de la période d'adaptationLa CNIL engage des contrôles généralisés sur le respect des nouvelles règles de recueil du consentement.
  3. 2022-05-16Critères sur les cookie wallsPublication de premiers critères d'évaluation, après la décision du Conseil d'État du 19 juin 2020 écartant une interdiction générale.
  4. 2025-09-01Sanctions de 325 et 150 millions d'eurosLa formation restreinte sanctionne Google LLC et Google Ireland Limited, ainsi qu'une société de vente en ligne de vêtements, sur le fondement de l'article 82.
  5. 2026-03-12Recommandation sur les pixels dans les courrielsLa CNIL adopte une recommandation dédiée aux pixels de suivi insérés dans les courriers électroniques.
  6. 2026-07-06Vague de sanctions simplifiéesLa CNIL annonce 23 sanctions prononcées depuis janvier 2026 en procédure simplifiée, dont plusieurs portent sur les bandeaux cookies.

Textes de référence et jalons d'application depuis 2020.Source : CNIL.

Le cadre applicable aux traceurs et son application par la CNIL. Textes de référence et jalons d'application depuis 2020.
ÉchéanceCe qui change
2020-09-17Lignes directrices et recommandation — La CNIL adopte ses lignes directrices modificatives et la recommandation n° 2020-092 sur les cookies et autres traceurs.
2021-04-01Fin de la période d'adaptation — La CNIL engage des contrôles généralisés sur le respect des nouvelles règles de recueil du consentement.
2022-05-16Critères sur les cookie walls — Publication de premiers critères d'évaluation, après la décision du Conseil d'État du 19 juin 2020 écartant une interdiction générale.
2025-09-01Sanctions de 325 et 150 millions d'euros — La formation restreinte sanctionne Google LLC et Google Ireland Limited, ainsi qu'une société de vente en ligne de vêtements, sur le fondement de l'article 82.
2026-03-12Recommandation sur les pixels dans les courriels — La CNIL adopte une recommandation dédiée aux pixels de suivi insérés dans les courriers électroniques.
2026-07-06Vague de sanctions simplifiées — La CNIL annonce 23 sanctions prononcées depuis janvier 2026 en procédure simplifiée, dont plusieurs portent sur les bandeaux cookies.

Un cookie wall conditionne l'accès à un service à l'acceptation des traceurs. Le Conseil d'État a écarté, par sa décision du 19 juin 2020, l'idée d'une interdiction générale et absolue de la pratique. La CNIL a donc publié, le 16 mai 2022, des premiers critères d'évaluation, applicables au cas par cas dans l'attente d'un cadre européen.

  • L'utilisateur qui refuse les traceurs doit disposer d'une alternative réelle et équitable pour accéder au contenu.
  • Lorsque l'alternative est payante, le tarif doit être raisonnable au regard du manque à gagner publicitaire ; la CNIL invite les éditeurs à rendre publique leur méthode de calcul et encourage les solutions de micropaiement.
  • Le périmètre des traceurs conditionnés doit se limiter aux finalités permettant une rémunération du service, telles que la publicité ciblée, à l'exclusion de finalités superflues comme la personnalisation éditoriale.
  • Lorsque l'accès suppose la création d'un compte, l'utilisation des données doit être clairement portée à la connaissance de l'utilisateur et limitée aux finalités annoncées.
  • Le choix de l'accès payant n'emporte pas consentement aux traceurs liés aux contenus tiers intégrés, vidéos ou boutons de partage, qui peuvent nécessiter un consentement distinct.

Quelles sanctions la CNIL a-t-elle prononcées ?

Les manquements à l'article 82 relèvent de la compétence directe de la CNIL, sans mécanisme de guichet unique européen : l'autorité française peut sanctionner un acteur international pour les traceurs déposés sur les terminaux des internautes en France. C'est ce qui explique le niveau des amendes prononcées.

Le 1er septembre 2025, la formation restreinte a prononcé deux sanctions majeures. La première, d'un montant de 325 millions d'euros, vise Google LLC et Google Ireland Limited. La délibération retient un défaut de recueil d'un consentement valide avant l'inscription d'informations sur les terminaux des utilisateurs français lors de la création de comptes, ainsi qu'un manquement à l'article L. 34-5 du code des postes et des communications électroniques pour l'affichage de publicités dans la messagerie. La décision est assortie d'une injonction de mise en conformité sous astreinte. La seconde, d'un montant de 150 millions d'euros, vise une société de vente en ligne de vêtements, chaussures et accessoires, pour des manquements à l'information et au consentement en matière de cookies.

Principales sanctions prononcées par la CNIL en matière de cookies en 2025
Principales sanctions prononcées par la CNIL en matière de cookies en 2025. Montants en millions d'euros, par décision de la formation restreinte. Les organismes autres que Google sont désignés par leur secteur d'activité, conformément à la publication de la CNIL.Google LLC et Google Ireland (1er septembre) — 325 M€Google LLC et Google Ireland (1er septembre)325 M€Vente en ligne d'habillement (1er septembre) — 150 M€Vente en ligne d'habillement (1er septembre)150 M€Cartes de paiement à débit différé (27 novembre) — 1,50 M€Cartes de paiement à débit différé (27 novembre)1,50 M€Édition de revues et régie publicitaire (20 novembre) — 0,75 M€Édition de revues et régie publicitaire (20 novembre)0,75 M€Vente à distance de mobilier (3 juillet) — 0,60 M€Vente à distance de mobilier (3 juillet)0,60 M€Vente à distance (27 novembre) — 0,50 M€Vente à distance (27 novembre)0,50 M€

Montants en millions d'euros, par décision de la formation restreinte. Les organismes autres que Google sont désignés par leur secteur d'activité, conformément à la publication de la CNIL.Source : CNIL, liste des sanctions prononcées.

Principales sanctions prononcées par la CNIL en matière de cookies en 2025. Montants en millions d'euros, par décision de la formation restreinte. Les organismes autres que Google sont désignés par leur secteur d'activité, conformément à la publication de la CNIL.
PosteValeur
Google LLC et Google Ireland (1er septembre)325 M€
Vente en ligne d'habillement (1er septembre)150 M€
Cartes de paiement à débit différé (27 novembre)1,50 M€
Édition de revues et régie publicitaire (20 novembre)0,75 M€
Vente à distance de mobilier (3 juillet)0,60 M€
Vente à distance (27 novembre)0,50 M€

Ces montants ne doivent pas masquer l'autre versant du contrôle. La CNIL dispose d'une procédure simplifiée, plafonnée à 20 000 euros par décision, qu'elle utilise pour les manquements les moins complexes. Le 6 juillet 2026, elle a annoncé avoir prononcé 23 sanctions sur ce fondement depuis janvier 2026, pour un total de 133 750 euros. Dix-neuf de ces procédures ont pour origine une plainte.

Les griefs relevés dans ces dossiers sont récurrents et simples à vérifier : information incomplète sur les finalités des cookies, absence de mécanisme permettant de refuser aussi facilement que d'accepter, dépôt de traceurs avant tout recueil du consentement. Les sanctions de faible montant prononcées en 2025 contre des sociétés de vente à distance, des éditeurs de journaux ou une agence de voyage, de 2 000 à 7 000 euros, relèvent de la même logique.

Quelles recommandations récentes faut-il intégrer ?

La CNIL a adopté le 12 mars 2026 une recommandation consacrée aux pixels de suivi insérés dans les courriers électroniques. Ces dispositifs, invisibles pour le destinataire, permettent de savoir si un message a été ouvert, quand et parfois sur quel terminal. Ils relèvent du même article 82 que les cookies, puisqu'ils supposent une lecture d'information sur le terminal.

La recommandation distingue deux situations exemptées de consentement. La première couvre les courriels transactionnels : confirmation de commande, réinitialisation de mot de passe, alerte de sécurité, notification de livraison. La seconde couvre la mesure individuelle de délivrabilité, c'est-à-dire l'identification des destinataires inactifs aux fins de préserver la réputation de l'expéditeur, à la stricte condition que le pixel ne serve qu'à cela.

Hors de ces deux cas, le consentement est requis, notamment pour les courriels de prospection. La CNIL a prévu un délai de trois mois pour informer les destinataires déjà inscrits de l'existence du suivi et leur offrir un moyen simple de s'y opposer. Une foire aux questions complémentaire a été publiée le 22 juillet 2026.

Mettre un site en conformité sur les traceurs
  1. Inventorier les traceursPréalableRecenser tous les traceurs déposés, y compris ceux des prestataires, des régies et des contenus tiers intégrés.
  2. Classer par finalitéPréalableSéparer les traceurs exemptés des traceurs soumis au consentement, finalité par finalité.
  3. Bloquer avant consentementImmédiatEmpêcher tout dépôt ou toute lecture de traceur non exempté tant que l'utilisateur n'a pas exprimé son choix.
  4. Construire l'interface de recueilImmédiatInformer sur les finalités et les responsables, proposer le refus global au même niveau que l'acceptation globale, permettre le choix par finalité.
  5. Paramétrer les duréesImmédiat13 mois pour la durée de vie des traceurs sans prorogation, 25 mois pour les informations collectées, 6 mois pour la mémorisation du choix.
  6. Organiser la preuveContinuConserver de façon horodatée les versions du code, les captures du parcours ou les paramétrages de la plateforme de gestion du consentement.
  7. RéexaminerContinuRenouveler le consentement à l'ajout de toute finalité nouvelle et vérifier périodiquement la nécessité des durées retenues.

Séquence tirée des lignes directrices et de la recommandation de la CNIL du 17 septembre 2020.Source : CNIL.

Mettre un site en conformité sur les traceurs. Séquence tirée des lignes directrices et de la recommandation de la CNIL du 17 septembre 2020.
ÉtapeDélaiDétail
Inventorier les traceursPréalableRecenser tous les traceurs déposés, y compris ceux des prestataires, des régies et des contenus tiers intégrés.
Classer par finalitéPréalableSéparer les traceurs exemptés des traceurs soumis au consentement, finalité par finalité.
Bloquer avant consentementImmédiatEmpêcher tout dépôt ou toute lecture de traceur non exempté tant que l'utilisateur n'a pas exprimé son choix.
Construire l'interface de recueilImmédiatInformer sur les finalités et les responsables, proposer le refus global au même niveau que l'acceptation globale, permettre le choix par finalité.
Paramétrer les duréesImmédiat13 mois pour la durée de vie des traceurs sans prorogation, 25 mois pour les informations collectées, 6 mois pour la mémorisation du choix.
Organiser la preuveContinuConserver de façon horodatée les versions du code, les captures du parcours ou les paramétrages de la plateforme de gestion du consentement.
RéexaminerContinuRenouveler le consentement à l'ajout de toute finalité nouvelle et vérifier périodiquement la nécessité des durées retenues.

Un dernier point mérite d'être souligné. Le recours à une plateforme de gestion du consentement ne transfère pas la responsabilité. L'éditeur du site reste comptable de la conformité du parcours proposé, du blocage effectif des traceurs avant consentement et de la conservation des preuves. Les décisions récentes de la CNIL portent d'ailleurs le plus souvent sur des sites équipés d'une telle plateforme, mal configurée.

Questions fréquentes

Un bandeau qui ne propose que « Accepter » et « Paramétrer » est-il conforme ?

Non. La CNIL exige que refuser soit aussi simple qu'accepter. Un bouton de refus global doit figurer au même niveau, dans la même forme et avec la même visibilité que le bouton d'acceptation globale. Renvoyer le refus vers un menu de paramétrage caractérise un manquement, régulièrement relevé dans les sanctions en procédure simplifiée.

Faut-il un consentement pour un outil de statistiques interne ?

Pas nécessairement. L'exemption suppose des conditions cumulatives : mesure limitée à l'audience du seul site ou de la seule application, fonctionnement pour le compte exclusif de l'éditeur, production de statistiques anonymes, absence de recoupement avec d'autres traitements, absence de transmission non anonyme à des tiers et absence de suivi sur plusieurs sites avec un identifiant identique.

Combien de temps un cookie peut-il rester actif ?

La CNIL recommande une durée de vie limitée à 13 mois, sans prorogation automatique lors d'une nouvelle visite. Les informations collectées grâce au traceur ne devraient pas être conservées plus de 25 mois. Le choix exprimé par l'utilisateur peut, selon la même recommandation, être mémorisé pendant 6 mois.

Un site peut-il refuser l'accès à ceux qui refusent les cookies ?

La pratique n'est pas interdite par principe, le Conseil d'État ayant écarté une prohibition générale par sa décision du 19 juin 2020. La CNIL l'apprécie au cas par cas à partir des critères publiés le 16 mai 2022 : existence d'une alternative réelle et équitable, tarif raisonnable de l'alternative payante, périmètre des traceurs limité aux finalités de rémunération du service.

Les pixels dans les courriels de prospection nécessitent-ils un consentement ?

Oui. La recommandation adoptée par la CNIL le 12 mars 2026 réserve l'exemption aux courriels transactionnels et à la mesure individuelle de délivrabilité limitée à cette seule finalité. Pour les courriels de prospection, le consentement est requis, avec un délai de trois mois pour informer les destinataires déjà inscrits et leur offrir un moyen simple de s'opposer.

Quel est le montant maximal d'une sanction en procédure simplifiée ?

20 000 euros par décision. Entre janvier et le 6 juillet 2026, la CNIL a prononcé 23 sanctions sur ce fondement, pour un total de 133 750 euros, portant notamment sur des bandeaux cookies incomplets. Les manquements plus graves relèvent de la procédure ordinaire, sans ce plafond.

Sources

Chaque chiffre de ce dossier a été relevé sur l'une des publications ci-dessous, à la date indiquée. Les barèmes et seuils évoluent : en cas de doute, la source fait foi, pas cette page.

  1. Cookies et traceurs : que dit la loi ?CNIL · consulté le
  2. Délibération n° 2020-092 du 17 septembre 2020 portant recommandation sur les cookies et autres traceursCNIL · consulté le
  3. Questions-réponses sur les lignes directrices modificatives et la recommandation « cookies et autres traceurs »CNIL · consulté le
  4. Cookies : solutions pour les outils de mesure d'audienceCNIL · consulté le
  5. Cookie walls : la CNIL publie des premiers critères d'évaluationCNIL · consulté le
  6. Les sanctions prononcées par la CNILCNIL · consulté le
  7. Délibération SAN-2025-004 du 1er septembre 2025 concernant Google LLC et Google Ireland LimitedLégifrance · consulté le
  8. La CNIL a prononcé 23 nouvelles sanctions depuis janvier au titre de la procédure simplifiéeCNIL · consulté le
  9. Pixels de suivi dans les courriels : la recommandation de la CNILCNIL · consulté le
  10. Questions-réponses sur la recommandation relative aux pixels dans les courriers électroniquesCNIL · consulté le
  11. La procédure de sanctionCNIL · consulté le

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