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Dossier de référenceTech

Encadrement des grandes plateformes par le DSA et le DMA

Mis à jour le · 12 min de lecture · 10 sources officielles

Que doivent faire les grandes plateformes au titre des règlements européens sur les services et les marchés numériques, et qui les contrôle en France ?

Le DSA s'applique à tous les services intermédiaires depuis le 17 février 2024 et impose un mécanisme de signalement des contenus illicites. Le DMA encadre les contrôleurs d'accès depuis le 2 mai 2023. Les amendes atteignent 6 % du chiffre d'affaires mondial pour le DSA et 10 % pour le DMA. L'Arcom coordonne en France.

Dossier de référence — production automatisée vérifiée — Responsable de publication : — Mis à jour le

À retenir

  • Le règlement (UE) 2022/2065, dit DSA, s'applique à l'ensemble des services intermédiaires depuis le 17 février 2024 ; les très grandes plateformes désignées disposaient de quatre mois après leur désignation pour s'y conformer.
  • Le seuil de qualification en très grande plateforme ou très grand moteur de recherche est de 45 millions d'utilisateurs actifs mensuels dans l'Union.
  • Les amendes du DSA atteignent 6 % du chiffre d'affaires mondial annuel, 1 % pour les manquements procéduraux, avec des astreintes pouvant atteindre 5 % du chiffre d'affaires journalier moyen mondial.
  • Le règlement (UE) 2022/1925, dit DMA, s'applique depuis le 2 mai 2023 ; ses amendes atteignent 10 % du chiffre d'affaires mondial annuel et 20 % en cas de récidive.
  • En France, l'Arcom est le coordinateur pour les services numériques ; elle désigne notamment les signaleurs de confiance. La Commission européenne applique directement le DSA aux très grandes plateformes et applique seule le DMA.

Que régulent le DSA et le DMA, et en quoi diffèrent-ils ?

Les deux règlements ont été publiés à l'automne 2022 et forment le paquet législatif sur les services numériques. Ils poursuivent des objectifs distincts et ne visent pas les mêmes acteurs. Les confondre conduit à des erreurs de périmètre fréquentes.

Le règlement (UE) 2022/2065, dit DSA, porte sur les contenus. Il organise la responsabilité des intermédiaires en ligne pour les contenus, biens et services illicites diffusés par leur intermédiaire, et impose des obligations de transparence, de signalement et de recours. Il concerne tous les services intermédiaires, du fournisseur d'accès au réseau social, avec une gradation selon la taille et la nature du service.

Le règlement (UE) 2022/1925, dit DMA, porte sur la concurrence. Il vise un nombre restreint d'entreprises qualifiées de contrôleurs d'accès, qui exploitent des services de plateforme essentiels constituant un point de passage obligé entre les entreprises et les consommateurs. Il leur impose des obligations et des interdictions destinées à ouvrir ces marchés, sans considération des contenus diffusés.

Ce qui distingue les deux règlements
CritèreDSA, règlement (UE) 2022/2065DMA, règlement (UE) 2022/1925
ObjetContenus illicites, transparence, protection des utilisateursOuverture des marchés, pratiques des contrôleurs d'accès
Acteurs visésTous les services intermédiaires, avec des obligations graduéesLes seules entreprises désignées comme contrôleurs d'accès
Date d'application17 février 2024 pour l'ensemble des acteurs2 mai 2023
Autorité d'applicationCommission européenne pour les très grandes plateformes, coordinateurs nationaux pour les autresCommission européenne exclusivement
Plafond d'amende6 % du chiffre d'affaires mondial annuel10 % du chiffre d'affaires mondial annuel, 20 % en cas de récidive

Quelles obligations le DSA impose-t-il et à qui ?

Le DSA construit un empilement d'obligations. Chaque catégorie hérite de celles de la catégorie précédente et y ajoute les siennes. Un réseau social relevant du seuil des très grandes plateformes supporte donc l'intégralité des obligations, tandis qu'un simple fournisseur d'accès à internet n'en supporte que le socle.

Empilement des obligations selon la catégorie de service
CatégorieExemplesObligations propres
Services intermédiairesFournisseurs d'accès, services de nom de domainePoint de contact unique, conditions générales lisibles, rapport de transparence, coopération avec les autorités
Services d'hébergementHébergeurs, services de stockage en ligneMécanisme de notification et action, exposé des motifs à l'auteur du contenu retiré, signalement des infractions pénales graves
Plateformes en ligneRéseaux sociaux, places de marché, plateformes de partageTraitement interne des réclamations, règlement extrajudiciaire des litiges, signaleurs de confiance, interdiction des interfaces trompeuses, transparence publicitaire, protection des mineurs
Places de marchéPlateformes mettant en relation vendeurs et consommateursTraçabilité des professionnels : vérification des coordonnées avant la mise en relation
Très grandes plateformes et très grands moteurs de rechercheServices dépassant 45 millions d'utilisateurs actifs mensuels dans l'UnionÉvaluation annuelle des risques systémiques, mesures d'atténuation, audit indépendant, registre des publicités, accès des chercheurs aux données

Les micro et petites entreprises bénéficient d'un régime allégé : plusieurs obligations propres aux plateformes en ligne ne leur sont pas applicables. Cette exonération tombe si l'entreprise est désignée comme très grande plateforme.

Le mécanisme de notification et action

L'article 16 du DSA impose à tout service d'hébergement de mettre en place un mécanisme permettant à quiconque de signaler un contenu qu'il estime illicite. Le mécanisme doit être facile d'accès, convivial et clairement identifiable, situé à proximité du contenu concerné. Le service décide ensuite de retirer le contenu, d'en bloquer l'accès ou de le maintenir.

La décision n'est pas discrétionnaire. L'article 17 impose de communiquer à l'auteur du contenu un exposé des motifs, clair et spécifique, indiquant la mesure prise, les faits retenus, le fondement contractuel ou légal, et les voies de recours ouvertes. Cette obligation vaut aussi pour les restrictions de visibilité et les suspensions de compte, pas seulement pour les retraits.

Deux voies de recours sont ensuite ouvertes. Les plateformes en ligne doivent proposer un système interne de traitement des réclamations, accessible pendant au moins six mois à compter de la notification de la décision contestée. Elles doivent en outre coopérer de bonne foi avec les organes de règlement extrajudiciaire des litiges certifiés. Ces voies ne ferment pas l'accès au juge.

Le parcours d'un signalement de contenu illicite sous le DSA
  1. SignalementÀ tout momentToute personne signale un contenu présumé illicite au moyen du mécanisme prévu par le service d'hébergement, facile d'accès et situé près du contenu.
  2. ExamenSans retard injustifiéLe service traite la notification et décide de retirer le contenu, d'en restreindre la visibilité, de suspendre le compte ou de ne rien faire.
  3. Exposé des motifsÀ la décisionL'auteur du contenu reçoit une motivation claire indiquant la mesure, les faits, le fondement retenu et les voies de recours.
  4. Réclamation interneSix mois au moinsL'utilisateur conteste la décision auprès du système interne de traitement des réclamations de la plateforme.
  5. Règlement extrajudiciaireAprès la réclamation interneL'utilisateur saisit un organe de règlement extrajudiciaire certifié ; la plateforme coopère de bonne foi, sans que la décision la lie.
  6. Recours juridictionnelÀ tout momentLa voie judiciaire reste ouverte à tout stade, indépendamment des mécanismes internes et extrajudiciaires.

Séquence issue des articles 16, 17, 20 et 21 du règlement (UE) 2022/2065.Source : Règlement (UE) 2022/2065.

Le parcours d'un signalement de contenu illicite sous le DSA. Séquence issue des articles 16, 17, 20 et 21 du règlement (UE) 2022/2065.
ÉtapeDélaiDétail
SignalementÀ tout momentToute personne signale un contenu présumé illicite au moyen du mécanisme prévu par le service d'hébergement, facile d'accès et situé près du contenu.
ExamenSans retard injustifiéLe service traite la notification et décide de retirer le contenu, d'en restreindre la visibilité, de suspendre le compte ou de ne rien faire.
Exposé des motifsÀ la décisionL'auteur du contenu reçoit une motivation claire indiquant la mesure, les faits, le fondement retenu et les voies de recours.
Réclamation interneSix mois au moinsL'utilisateur conteste la décision auprès du système interne de traitement des réclamations de la plateforme.
Règlement extrajudiciaireAprès la réclamation interneL'utilisateur saisit un organe de règlement extrajudiciaire certifié ; la plateforme coopère de bonne foi, sans que la décision la lie.
Recours juridictionnelÀ tout momentLa voie judiciaire reste ouverte à tout stade, indépendamment des mécanismes internes et extrajudiciaires.

Les signaleurs de confiance

L'article 22 crée un statut particulier. Les organismes qui démontrent une expertise dans la détection d'une catégorie de contenus illicites, qui sont indépendants de toute plateforme et qui exercent leur activité avec diligence et objectivité peuvent être désignés signaleurs de confiance. Leurs notifications sont traitées en priorité par les plateformes, sans que cela retarde le traitement des autres signalements.

La désignation relève du coordinateur pour les services numériques de l'État membre où l'organisme est établi. En France, cette compétence appartient à l'Arcom.

Quel est le calendrier d'application des deux règlements ?

Le DSA est entré en vigueur en novembre 2022. Une première échéance, au 17 février 2023, imposait aux plateformes et moteurs de recherche de publier leur nombre moyen mensuel d'utilisateurs actifs dans l'Union. Ces déclarations ont servi de base aux premières désignations de très grandes plateformes, prononcées par la Commission le 25 avril 2023. Chaque service désigné disposait ensuite de quatre mois pour se conformer aux obligations renforcées.

L'application générale, à l'ensemble des acteurs régulés quelle que soit leur taille, est intervenue le 17 février 2024. À cette date, les obligations relatives au mécanisme de signalement, à l'exposé des motifs, aux réclamations internes et aux rapports de transparence sont devenues exigibles pour tous.

Le DMA suit un calendrier distinct. Entré en vigueur le 1er novembre 2022, il s'applique depuis le 2 mai 2023. Les entreprises atteignant les seuils quantitatifs devaient se notifier à la Commission dans les deux mois suivant cette date. La Commission disposait de quarante-cinq jours ouvrables pour se prononcer, et l'entreprise désignée de six mois au maximum, à compter de la décision, pour se mettre en conformité.

Calendrier d'application du DSA et du DMA
  1. 2022-11-01Entrée en vigueur du DMALe règlement (UE) 2022/1925 entre en vigueur ; ses obligations ne sont pas encore exigibles.
  2. 2023-02-17Publication des chiffres d'utilisateursLes plateformes et moteurs de recherche publient leur nombre moyen mensuel d'utilisateurs actifs dans l'Union.
  3. 2023-04-25Premières désignations DSALa Commission désigne les premières très grandes plateformes et très grands moteurs de recherche ; quatre mois pour se conformer.
  4. 2023-05-02Application du DMALe DMA devient applicable ; les entreprises atteignant les seuils doivent se notifier dans les deux mois.
  5. 2023-09-06Désignation des contrôleurs d'accèsLa Commission désigne Alphabet, Amazon, Apple, ByteDance, Meta et Microsoft comme contrôleurs d'accès.
  6. 2024-02-17Application générale du DSAL'ensemble des services intermédiaires régulés doit respecter le DSA, quelle que soit leur taille.
  7. 2024-05-13Désignation de BookingBooking est désignée contrôleur d'accès pour Booking.com ; Apple l'avait été pour iPadOS le 29 avril 2024.
  8. 2025-12-05Première amende DSA rendue publiqueLa Commission inflige 120 millions d'euros à X au terme de la procédure ouverte le 18 décembre 2023.

Jalons réglementaires et premières décisions d'application de la Commission européenne.Source : Commission européenne.

Calendrier d'application du DSA et du DMA. Jalons réglementaires et premières décisions d'application de la Commission européenne.
ÉchéanceCe qui change
2022-11-01Entrée en vigueur du DMA — Le règlement (UE) 2022/1925 entre en vigueur ; ses obligations ne sont pas encore exigibles.
2023-02-17Publication des chiffres d'utilisateurs — Les plateformes et moteurs de recherche publient leur nombre moyen mensuel d'utilisateurs actifs dans l'Union.
2023-04-25Premières désignations DSA — La Commission désigne les premières très grandes plateformes et très grands moteurs de recherche ; quatre mois pour se conformer.
2023-05-02Application du DMA — Le DMA devient applicable ; les entreprises atteignant les seuils doivent se notifier dans les deux mois.
2023-09-06Désignation des contrôleurs d'accès — La Commission désigne Alphabet, Amazon, Apple, ByteDance, Meta et Microsoft comme contrôleurs d'accès.
2024-02-17Application générale du DSA — L'ensemble des services intermédiaires régulés doit respecter le DSA, quelle que soit leur taille.
2024-05-13Désignation de Booking — Booking est désignée contrôleur d'accès pour Booking.com ; Apple l'avait été pour iPadOS le 29 avril 2024.
2025-12-05Première amende DSA rendue publique — La Commission inflige 120 millions d'euros à X au terme de la procédure ouverte le 18 décembre 2023.

Quels seuils font d'une entreprise un contrôleur d'accès ?

Le DMA fonctionne par présomption. Une entreprise qui fournit un service de plateforme essentiel et atteint trois séries de seuils est présumée exercer une influence significative sur le marché intérieur et constituer un point d'accès majeur. Elle doit alors se notifier à la Commission, qui peut la désigner contrôleur d'accès.

Seuils de présomption prévus par le DMA
CritèreSeuilCondition de durée
Chiffre d'affaires annuel dans l'Union7,5 milliards d'eurosSur chacun des trois derniers exercices
Capitalisation boursière ou valeur de marché équivalente75 milliards d'eurosCritère alternatif au chiffre d'affaires
Utilisateurs finaux actifs mensuels dans l'Union45 millionsMaintenu sur les trois derniers exercices
Entreprises utilisatrices actives annuelles dans l'Union10 000Maintenu sur les trois derniers exercices
Présence géographiqueAu moins trois États membresService fourni dans ces États

Le mécanisme n'est pas automatique. Une entreprise qui atteint les seuils peut présenter des arguments démontrant qu'elle ne remplit pas les conditions qualitatives ; la Commission peut à l'inverse désigner une entreprise qui n'atteint pas les seuils, au terme d'une enquête de marché. Une désignation peut également être retirée : le 23 avril 2025, la Commission a mis fin à la désignation de Meta pour Facebook Marketplace.

Les premières désignations ont été prononcées le 6 septembre 2023 et visaient Alphabet, Amazon, Apple, ByteDance, Meta et Microsoft. Apple a été désignée pour iPadOS le 29 avril 2024, Booking pour Booking.com le 13 mai 2024. Au total, vingt-trois services de plateforme essentiels sont désignés.

Quelles sanctions ont été prononcées ?

Les deux règlements prévoient des plafonds distincts. Au titre du DSA, l'amende ne peut en aucun cas excéder 6 % du chiffre d'affaires mondial annuel du fournisseur. Les manquements procéduraux, tels que la communication d'informations inexactes, sont plafonnés à 1 %. Des astreintes peuvent être infligées à hauteur de 5 % du chiffre d'affaires journalier moyen mondial par jour de retard.

Au titre du DMA, les plafonds sont plus élevés : jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires mondial annuel, et jusqu'à 20 % en cas de manquement répété. Les astreintes peuvent atteindre 5 % du chiffre d'affaires journalier moyen. En cas de manquement systématique, la Commission peut imposer des mesures correctives structurelles.

Amendes prononcées par la Commission européenne au titre du DSA et du DMA
Amendes prononcées par la Commission européenne au titre du DSA et du DMA. Montants en millions d'euros, par décision publiée. Les trois premières relèvent du DSA, la dernière du DMA.X, 5 décembre 2025 (DSA) — 120 M€X, 5 décembre 2025 (DSA)120 M€Temu, 28 mai 2026 (DSA) — 200 M€Temu, 28 mai 2026 (DSA)200 M€AliExpress, 20 juillet 2026 (DSA) — 550 M€AliExpress, 20 juillet 2026 (DSA)550 M€Google, 23 juillet 2026 (DMA) — 890 M€Google, 23 juillet 2026 (DMA)890 M€

Montants en millions d'euros, par décision publiée. Les trois premières relèvent du DSA, la dernière du DMA.Source : Commission européenne, suivi des services désignés et portail DMA.

Amendes prononcées par la Commission européenne au titre du DSA et du DMA. Montants en millions d'euros, par décision publiée. Les trois premières relèvent du DSA, la dernière du DMA.
PosteValeur
X, 5 décembre 2025 (DSA)120 M€
Temu, 28 mai 2026 (DSA)200 M€
AliExpress, 20 juillet 2026 (DSA)550 M€
Google, 23 juillet 2026 (DMA)890 M€

La procédure ne débouche pas toujours sur une amende. La Commission peut rendre contraignants des engagements proposés par la plateforme : c'est ce qu'elle a fait à l'égard d'AliExpress le 18 juin 2025 et de TikTok le 5 août 2024, puis à nouveau le 5 décembre 2025. Elle peut également accepter un plan d'action, comme pour X le 15 juillet 2026.

Plusieurs procédures restent ouvertes. Meta a fait l'objet de conclusions préliminaires les 24 octobre 2025, 29 avril 2026 et 10 juillet 2026, au titre de procédures ouvertes les 30 avril et 16 mai 2024. TikTok a reçu des conclusions préliminaires le 24 juillet 2026. Une enquête portant sur l'assistant conversationnel intégré à X a été ouverte le 26 janvier 2026.

Qui contrôle en France et comment saisir l'autorité ?

La répartition des compétences dépend du texte et de la taille de l'acteur. Pour le DMA, la Commission européenne est seule compétente : elle désigne, surveille et sanctionne, sans relais national. Pour le DSA, la compétence est partagée. La Commission applique directement les obligations renforcées aux très grandes plateformes et aux très grands moteurs de recherche désignés. Les autres acteurs relèvent du coordinateur pour les services numériques de l'État membre où ils sont établis.

En France, cette fonction de coordinateur pour les services numériques est exercée par l'Arcom. Elle supervise les plateformes en ligne présentant un impact significatif, dont les plateformes de partage de vidéos, les réseaux sociaux, les moteurs de recherche, les agrégateurs et les magasins d'applications. Elle désigne les signaleurs de confiance établis en France et veille au respect des obligations de transparence et de diligence.

  • Signaler un contenu illicite : la première voie reste le mécanisme de notification prévu par la plateforme elle-même, exigé par l'article 16 du DSA.
  • Contester un retrait ou une suspension : le système interne de traitement des réclamations de la plateforme est accessible pendant au moins six mois après la décision.
  • Saisir un organe de règlement extrajudiciaire des litiges certifié, sans que sa décision lie la plateforme.
  • Adresser une réclamation au coordinateur pour les services numériques de son État membre de résidence, soit l'Arcom en France.
  • Saisir le juge, à tout moment et indépendamment des mécanismes précédents.

Les coordinateurs nationaux forment un réseau et coopèrent avec la Commission au sein du comité européen des services numériques. Une réclamation adressée à l'Arcom concernant une très grande plateforme relevant de la Commission est transmise à cette dernière, ce qui évite à l'utilisateur d'avoir à déterminer lui-même l'autorité compétente.

Pour une entreprise française qui exploite une place de marché ou un service d'hébergement, les obligations sont exigibles depuis le 17 février 2024, sans considération de taille pour le socle commun. Les micro et petites entreprises sont dispensées de plusieurs obligations propres aux plateformes en ligne, mais restent tenues du mécanisme de notification et action, de l'exposé des motifs et du point de contact.

Questions fréquentes

Une place de marché française doit-elle vérifier l'identité de ses vendeurs ?

Oui. L'article 30 du DSA impose aux places de marché de recueillir et de vérifier les coordonnées des professionnels avant de leur permettre d'utiliser le service pour proposer des produits ou services aux consommateurs. Cette obligation de traçabilité est exigible depuis le 17 février 2024.

Le DSA s'applique-t-il aux petites plateformes ?

Oui, pour le socle commun. Les micro et petites entreprises sont dispensées de plusieurs obligations propres aux plateformes en ligne, mais restent tenues du mécanisme de notification et action, de l'exposé des motifs adressé à l'auteur d'un contenu retiré, du point de contact et des conditions générales lisibles.

À partir de quel seuil une plateforme devient-elle une très grande plateforme ?

45 millions d'utilisateurs actifs mensuels dans l'Union. La désignation est prononcée par la Commission européenne à partir des chiffres publiés par les services eux-mêmes. Le service désigné dispose de quatre mois pour se conformer aux obligations renforcées : évaluation des risques systémiques, audit indépendant, registre des publicités, accès des chercheurs aux données.

Quelle est la sanction maximale au titre du DMA ?

10 % du chiffre d'affaires mondial annuel, portée à 20 % en cas de manquement répété. Des astreintes pouvant atteindre 5 % du chiffre d'affaires journalier moyen peuvent s'y ajouter, et la Commission peut imposer des mesures correctives structurelles en cas de manquement systématique.

Où réclamer si une plateforme ne traite pas mon signalement ?

Auprès du coordinateur pour les services numériques de votre État membre de résidence, soit l'Arcom en France. Le système interne de traitement des réclamations de la plateforme, accessible pendant au moins six mois après la décision, et le règlement extrajudiciaire des litiges restent des voies préalables ; le recours au juge demeure ouvert à tout moment.

Une entreprise peut-elle cesser d'être contrôleur d'accès ?

Oui. La désignation est révisable lorsque les conditions ne sont plus réunies. Le 23 avril 2025, la Commission a mis fin à la désignation de Meta pour Facebook Marketplace. À l'inverse, la Commission peut désigner une entreprise qui n'atteint pas les seuils quantitatifs, au terme d'une enquête de marché.

Sources

Chaque chiffre de ce dossier a été relevé sur l'une des publications ci-dessous, à la date indiquée. Les barèmes et seuils évoluent : en cas de doute, la source fait foi, pas cette page.

  1. Règlement (UE) 2022/2065 relatif à un marché unique des services numériques (règlement sur les services numériques)EUR-Lex, Union européenne · consulté le
  2. Règlement (UE) 2022/1925 relatif aux marchés contestables et équitables dans le secteur numérique (règlement sur les marchés numériques)EUR-Lex, Union européenne · consulté le
  3. The Digital Services Act — questions et réponsesCommission européenne, Shaping Europe's digital future · consulté le
  4. Liste des très grandes plateformes en ligne et des très grands moteurs de recherche désignésCommission européenne, Shaping Europe's digital future · consulté le
  5. L'application du règlement sur les services numériquesCommission européenne, Shaping Europe's digital future · consulté le
  6. Portail du règlement sur les marchés numériquesCommission européenne · consulté le
  7. Les contrôleurs d'accès désignés au titre du DMACommission européenne · consulté le
  8. À propos du règlement sur les marchés numériquesCommission européenne · consulté le
  9. Superviser les plateformes en ligne et les réseaux sociauxArcom · consulté le
  10. Le paquet législatif sur les services numériquesCommission européenne, Shaping Europe's digital future · consulté le

Dossier de référence — production automatisée vérifiée

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