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Dossier de référenceIndustrie

Sécurité des machines : document unique, contrôles et sanctions

Mis à jour le · 13 min de lecture · 14 sources officielles

Quelles obligations pèsent sur l'employeur en matière de sécurité des machines et des travailleurs ?

L'employeur évalue les risques et transcrit le résultat dans un document unique, obligatoire dès le premier salarié et conservé quarante ans. Il fait vérifier ses équipements tous les trois, six ou douze mois selon l'appareil, et forme les salariés. Le manquement est puni de 10 000 euros d'amende par travailleur concerné.

Dossier de référence — production automatisée vérifiée — Responsable de publication : — Mis à jour le

À retenir

  • Le document unique est obligatoire dès le premier salarié, mis à jour au moins chaque année à partir de 11 salariés et conservé au minimum quarante ans.
  • À partir de 50 salariés, l'évaluation débouche sur un programme annuel de prévention chiffré ; en dessous, sur une liste d'actions consignée dans le document unique.
  • Les vérifications générales périodiques suivent des périodicités fixées par arrêté : 3 mois pour les presses, 6 mois pour les chariots élévateurs et les plates-formes élévatrices, 12 mois pour les appareils de levage et les installations électriques.
  • Six catégories d'engins exigent une autorisation de conduite écrite, adossée à une attestation médicale valable cinq ans.
  • L'article L4741-1 du code du travail punit le manquement de 10 000 euros d'amende par travailleur concerné, et la récidive d'un an d'emprisonnement et de 30 000 euros.

Que doit contenir le document unique d'évaluation des risques ?

L'obligation part de l'article L4121-1 du code du travail : l'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Le texte ne parle pas de moyens mais de résultat attendu, décliné en trois volets : des actions de prévention, des actions d'information et de formation, la mise en place d'une organisation et de moyens adaptés.

L'évaluation des risques en est le pivot. L'article R4121-1 impose de transcrire et de mettre à jour dans un document unique les résultats de cette évaluation. Le document comporte un inventaire des risques identifiés dans chaque unité de travail, y compris ceux liés aux ambiances thermiques. Il est obligatoire dès l'embauche du premier salarié, sans seuil d'effectif.

Aucun modèle n'est imposé. Le document peut être tenu sur papier ou sous forme numérique. Ce qui est contrôlé, c'est la réalité de la démarche : une unité de travail identifiée, un risque décrit, une évaluation motivée, une action décidée. Un document type recopié d'un modèle sectoriel sans travail de terrain ne satisfait pas à l'obligation.

Les neuf principes généraux de prévention

L'article L4121-2 impose une hiérarchie de raisonnement que l'inspection du travail et le juge appliquent lorsqu'ils examinent une organisation. La protection individuelle n'y arrive qu'en huitième position, après la suppression du risque et la protection collective.

  • Éviter les risques.
  • Évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités.
  • Combattre les risques à la source.
  • Adapter le travail à l'homme, notamment dans la conception des postes et le choix des équipements.
  • Tenir compte de l'état d'évolution de la technique.
  • Remplacer ce qui est dangereux par ce qui l'est moins.
  • Planifier la prévention en y intégrant la technique, l'organisation du travail et les conditions de travail.
  • Prendre des mesures de protection collective en leur donnant la priorité sur les mesures de protection individuelle.
  • Donner les instructions appropriées aux travailleurs.
La démarche d'évaluation des risques professionnels
  1. Découper l'entreprise en unités de travailPréalableAtelier, ligne, poste, chantier
  2. Inventorier les dangersMachines, produits, manutention, circulation, ambiances thermiques
  3. Évaluer les risquesGravité et probabilité, en tenant compte de l'impact différencié selon le sexe
  4. Transcrire dans le document uniqueArticle R4121-1
  5. Décider les actionsProgramme annuel à partir de 50 salariés, liste d'actions en dessous
  6. Consulter le comité social et économiqueSur le document unique et sur chacune de ses mises à jour
  7. Mettre à jourAnnuelAu moins chaque année à partir de 11 salariés

Enchaînement imposé par les articles L4121-3 et L4121-3-1 du code du travail.Source : Code du travail, ministère du Travail.

La démarche d'évaluation des risques professionnels. Enchaînement imposé par les articles L4121-3 et L4121-3-1 du code du travail.
ÉtapeDélaiDétail
Découper l'entreprise en unités de travailPréalableAtelier, ligne, poste, chantier
Inventorier les dangersMachines, produits, manutention, circulation, ambiances thermiques
Évaluer les risquesGravité et probabilité, en tenant compte de l'impact différencié selon le sexe
Transcrire dans le document uniqueArticle R4121-1
Décider les actionsProgramme annuel à partir de 50 salariés, liste d'actions en dessous
Consulter le comité social et économiqueSur le document unique et sur chacune de ses mises à jour
Mettre à jourAnnuelAu moins chaque année à partir de 11 salariés

Les seuils d'effectif qui changent le contenu

Trois seuils commandent l'intensité de l'obligation. En dessous de onze salariés, la mise à jour peut être moins fréquente si un niveau équivalent de protection est garanti. À partir de onze salariés, elle intervient au moins chaque année. À partir de cinquante salariés, les résultats débouchent sur un programme annuel de prévention des risques professionnels et d'amélioration des conditions de travail.

Ce que l'effectif change dans les obligations liées au document unique.
EffectifMise à jour du document uniqueCe qui découle de l'évaluation
Moins de 11 salariésLors de tout aménagement important ou de toute information nouvelle ; périodicité pouvant être moins fréquenteListe d'actions de prévention et de protection consignée dans le document unique
11 à 49 salariésAu moins chaque annéeListe d'actions de prévention et de protection consignée dans le document unique
50 salariés et plusAu moins chaque annéeProgramme annuel de prévention : mesures, conditions d'exécution, indicateurs de résultat, coût estimé, calendrier

Le programme annuel n'est pas une déclaration d'intention. L'article L4121-3-1 exige, pour chaque mesure, ses conditions d'exécution, des indicateurs de résultat et l'estimation de son coût, l'identification des ressources mobilisables et un calendrier de mise en œuvre.

Deux règles de conservation s'appliquent enfin. Le document unique est conservé dans ses versions successives pendant une durée qui ne peut être inférieure à quarante ans, et tenu à la disposition des travailleurs comme des anciens travailleurs. La loi du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail y a ajouté un dépôt dématérialisé sur un portail numérique, prévu à compter du 1er juillet 2023 pour les entreprises d'au moins 150 salariés et au plus tard au 1er juillet 2024 pour les autres.

Quels équipements faut-il faire vérifier, et à quelle fréquence ?

La conformité d'une machine à l'achat ne dispense de rien. L'article L4321-1 impose que les équipements de travail soient installés, utilisés, réglés et maintenus de manière à préserver la santé et la sécurité des travailleurs. L'article R4224-17 ajoute que les installations et dispositifs techniques de sécurité sont entretenus et vérifiés suivant une périodicité appropriée.

Au-dessus de cette obligation générale, l'article R4323-23 renvoie à des arrêtés ministériels qui désignent les équipements soumis à vérification générale périodique et en fixent la périodicité, la nature et le contenu. Ce sont ces arrêtés, et non l'appréciation de l'employeur, qui commandent le calendrier.

Périodicités de vérification fixées par les arrêtés, par famille d'équipement.
ÉquipementPériodicitéTexte de référence
Presses pour le travail à froid des métaux, presses à injecter, massicots, presses à balles, compacteurs à déchets3 moisArrêté du 5 mars 1993 modifié
Chariots élévateurs, plates-formes élévatrices mobiles de personnes, hayons élévateurs, grues auxiliaires de chargement, grues mobiles6 moisArrêté du 1er mars 2004
Appareils de levage, cas général12 moisArrêté du 1er mars 2004
Accessoires de levage (élingues, crochets, manilles)12 moisArrêté du 1er mars 2004
Centrifugeuses, engins de terrassement à conducteur porté, arbres à cardans de transmission12 moisArrêté du 5 mars 1993 modifié
Installations électriques permanentes12 moisArrêté du 26 décembre 2011
Portes et portails automatiques ou semi-automatiques6 moisArrêté du 21 décembre 1993
ÉchafaudagesExamen quotidien de l'état de conservation et examen approfondi trimestrielArrêté du 21 décembre 2004
Intervalle maximal entre deux vérifications périodiques
Intervalle maximal entre deux vérifications périodiques. Périodicités fixées par les arrêtés pris en application de l'article R4323-23 du code du travail.Échafaudages (examen approfondi) — 3 moisÉchafaudages (examen approfondi)3 moisPresses et massicots — 3 moisPresses et massicots3 moisChariots élévateurs et PEMP — 6 moisChariots élévateurs et PEMP6 moisPortes et portails automatiques — 6 moisPortes et portails automatiques6 moisAppareils de levage, cas général — 12 moisAppareils de levage, cas général12 moisAccessoires de levage — 12 moisAccessoires de levage12 moisInstallations électriques — 12 moisInstallations électriques12 mois

Périodicités fixées par les arrêtés pris en application de l'article R4323-23 du code du travail.Source : INRS, brochure ED 828, et arrêtés cités.

Intervalle maximal entre deux vérifications périodiques. Périodicités fixées par les arrêtés pris en application de l'article R4323-23 du code du travail.
PosteValeur
Échafaudages (examen approfondi)3 mois
Presses et massicots3 mois
Chariots élévateurs et PEMP6 mois
Portes et portails automatiques6 mois
Appareils de levage, cas général12 mois
Accessoires de levage12 mois
Installations électriques12 mois

Une souplesse existe pour l'électricité. L'article 3 de l'arrêté du 26 décembre 2011 permet au chef d'établissement de porter à deux ans le délai entre deux vérifications, à condition que le rapport précédent ne comporte aucune observation, ou que les travaux de mise en conformité aient été réalisés avant l'échéance. Il doit alors adresser à l'inspecteur du travail les éléments prouvant la levée des non-conformités.

La qualité du vérificateur compte autant que le calendrier. L'article R4323-24 exige des personnes qualifiées, appartenant ou non à l'établissement, compétentes dans le domaine de la prévention des risques présentés par l'équipement et connaissant les dispositions réglementaires applicables. Leur liste est tenue à la disposition de l'inspection du travail.

Qui peut conduire une machine et avec quelle formation ?

L'article L4141-2 impose une formation pratique et appropriée à la sécurité au bénéfice de quatre catégories de travailleurs : ceux que l'employeur embauche, ceux qui changent de poste ou de technique, les salariés temporaires, et, à la demande du médecin du travail, ceux qui reprennent après un arrêt de travail d'au moins vingt et un jours. Cette formation est répétée périodiquement.

Son contenu est fixé par l'article R4141-3 : les conditions de circulation dans l'entreprise, les conditions d'exécution du travail, la conduite à tenir en cas d'accident ou de sinistre. L'article R4141-2 précise qu'elle est dispensée d'une manière compréhensible pour chacun, ce qui vise en pratique les salariés ne maîtrisant pas le français.

Formation adéquate et autorisation de conduite

Pour les équipements mobiles automoteurs et les équipements servant au levage, l'article R4323-55 réserve la conduite aux travailleurs ayant reçu une formation adéquate, complétée et réactualisée chaque fois que nécessaire. C'est une obligation générale, qui vaut pour tous les engins.

Six catégories d'équipements exigent en outre une autorisation de conduite délivrée par l'employeur, en application de l'arrêté du 2 décembre 1998 : chariots automoteurs de manutention à conducteur porté, grues à tour, grues mobiles, engins de chantier télécommandés ou à conducteur porté, plates-formes élévatrices mobiles de personnel, grues auxiliaires de chargement de véhicules.

L'autorisation repose sur trois éléments. Le médecin du travail délivre une attestation d'absence de contre-indication médicale, valable cinq ans selon l'article R4323-56 ; l'employeur en conserve une copie pendant toute sa durée de validité. Le conducteur justifie du savoir et des compétences, en pratique par le certificat d'aptitude à la conduite en sécurité, valable cinq ans. Il connaît enfin les lieux et les instructions propres au site.

L'autorisation de conduite est un acte de l'employeur, pas un diplôme. Le certificat d'aptitude à la conduite en sécurité, délivré par un organisme certifié, n'a pas d'effet automatique : il ne vaut autorisation que si l'employeur la délivre par écrit, après avoir vérifié l'aptitude médicale et la connaissance du site. L'autorisation et la copie de l'attestation sont tenues à la disposition de l'inspection du travail.

Jusqu'où va la responsabilité de l'employeur ?

La responsabilité civile se joue sur le terrain de la faute inexcusable, définie par l'article L452-1 du code de la sécurité sociale. Elle majore la réparation due à la victime d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle et se répercute sur le taux de cotisation de l'entreprise.

L'article L4131-4 du code du travail en facilite la reconnaissance dans un cas précis. Le bénéfice de la faute inexcusable est de droit lorsque le travailleur victime, ou un représentant du personnel au comité social et économique, avait signalé à l'employeur le risque qui s'est matérialisé. Un signalement écrit non suivi d'effet suffit alors à emporter la qualification.

Le droit de retrait complète le dispositif. L'article L4131-1 permet au travailleur de se retirer d'une situation dont il a un motif raisonnable de penser qu'elle présente un danger grave et imminent. L'employeur ne peut pas lui demander de reprendre son activité tant que le danger persiste, notamment lorsqu'il résulte d'une défectuosité du système de protection.

La délégation de pouvoirs ne fait pas disparaître la responsabilité. L'article L4741-2 prévoit que, lorsqu'une infraction ayant provoqué la mort ou des blessures a été commise par un délégataire, la juridiction peut décider que le paiement des amendes sera mis en tout ou partie à la charge de l'employeur, si celui-ci a été cité à l'audience.

Que peut faire l'inspection du travail sur le site ?

L'agent de contrôle dispose d'un pouvoir d'arrêt immédiat. L'article L4731-1 lui permet de prescrire l'arrêt temporaire des travaux ou de l'activité pour soustraire un travailleur à un danger grave et imminent, dans six situations limitativement énumérées.

  • Défaut de protection contre les chutes de hauteur.
  • Absence de dispositifs de nature à éviter les risques d'ensevelissement.
  • Absence de dispositifs de protection lors des travaux de retrait ou d'encapsulage d'amiante.
  • Utilisation d'équipements de travail dépourvus de protecteurs, de dispositifs de protection ou de composants de sécurité, ou sur lesquels ces dispositifs sont inopérants.
  • Travaux dans l'environnement de lignes électriques aériennes ou souterraines.
  • Risque de contact électrique direct avec des pièces nues sous tension.

La quatrième situation vise directement l'atelier : une machine dont le carter a été déposé, dont un dispositif de sécurité a été ponté, ou dont l'arrêt d'urgence ne fonctionne plus. L'arrêt est immédiat et ne suppose ni accident préalable ni mise en demeure.

Le refus de se conformer à cette décision constitue une infraction distincte. L'article L4752-1 la sanctionne d'une amende au plus égale à 10 000 euros par travailleur concerné.

Quelles sanctions en cas de manquement ?

Le socle est l'article L4741-1 du code du travail : une amende de 10 000 euros frappe l'employeur ou son délégataire qui méconnaît, par sa faute personnelle, les dispositions relatives notamment aux équipements de travail et aux moyens de protection. Deux règles en aggravent la portée. L'amende est appliquée autant de fois qu'il y a de travailleurs concernés, indépendamment du nombre d'infractions relevées dans le procès-verbal. La récidive est punie d'un an d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende.

L'absence de document unique relève d'une autre logique, contraventionnelle. L'article R4741-1 punit le fait de ne pas transcrire ou de ne pas mettre à jour les résultats de l'évaluation des risques de l'amende prévue pour les contraventions de cinquième classe.

Les principales sanctions applicables en matière de santé et de sécurité au travail.
ManquementSanctionBase
Méconnaissance des règles sur les équipements de travail et moyens de protection10 000 € d'amende, appliquée autant de fois qu'il y a de travailleurs concernésArticle L4741-1 du code du travail
Récidive du même manquement1 an d'emprisonnement et 30 000 € d'amendeArticle L4741-1 du code du travail
Refus de se conformer à un arrêt temporaire de travauxAmende au plus égale à 10 000 € par travailleur concernéArticle L4752-1 du code du travail
Absence ou non-mise à jour du document unique — personne physique1 500 €, portés à 3 000 € en cas de récidiveArticle R4741-1 du code du travail
Absence ou non-mise à jour du document unique — personne morale7 500 €, portés à 15 000 € en cas de récidiveArticle R4741-1 du code du travail
Absence de document unique — voie administrativeAvertissement ou amende jusqu'à 4 000 €, 8 000 € en cas de récidive dans les deux ansSanctions administratives de l'inspection du travail

Les amendes administratives suivent un circuit distinct des poursuites pénales. Elles sont prononcées et recouvrées par l'autorité administrative, sur rapport de l'agent de contrôle de l'inspection du travail, en application de l'article L4751-1. La décision peut être contestée devant le juge administratif.

S'y ajoutent les conséquences financières indirectes. Un accident reconnu se traduit par une majoration du taux de cotisation accidents du travail et maladies professionnelles pour les années suivantes, et la faute inexcusable ouvre une réparation complémentaire à la charge de l'employeur.

Ce que l'employeur doit tenir à jour dans l'année
  1. À l'embaucheFormation à la sécuritéArticle L4141-2 ; renouvelée en cas de changement de poste ou de technique
  2. Tous les 3 moisPresses, massicots, échafaudagesExamen approfondi de l'état de conservation
  3. Tous les 6 moisChariots élévateurs, plates-formes élévatrices, portails automatiquesVérification générale périodique
  4. Tous les 12 moisAppareils et accessoires de levage, installations électriquesVérification générale périodique, extensible à 24 mois pour l'électricité sous conditions
  5. Chaque annéeMise à jour du document uniqueÀ partir de 11 salariés ; programme annuel de prévention à partir de 50 salariés
  6. Tous les 5 ansAttestation médicale et certificat d'aptitude à la conduiteCondition de validité de l'autorisation de conduite
  7. 40 ansConservation du document uniqueDurée minimale, versions successives comprises

Échéances récurrentes de la prévention des risques dans une entreprise industrielle.Source : Code du travail et arrêtés de vérification périodique.

Ce que l'employeur doit tenir à jour dans l'année. Échéances récurrentes de la prévention des risques dans une entreprise industrielle.
ÉchéanceCe qui change
À l'embaucheFormation à la sécurité — Article L4141-2 ; renouvelée en cas de changement de poste ou de technique
Tous les 3 moisPresses, massicots, échafaudages — Examen approfondi de l'état de conservation
Tous les 6 moisChariots élévateurs, plates-formes élévatrices, portails automatiques — Vérification générale périodique
Tous les 12 moisAppareils et accessoires de levage, installations électriques — Vérification générale périodique, extensible à 24 mois pour l'électricité sous conditions
Chaque annéeMise à jour du document unique — À partir de 11 salariés ; programme annuel de prévention à partir de 50 salariés
Tous les 5 ansAttestation médicale et certificat d'aptitude à la conduite — Condition de validité de l'autorisation de conduite
40 ansConservation du document unique — Durée minimale, versions successives comprises

La logique d'ensemble est simple à retenir. Trois documents doivent pouvoir être présentés sans délai : le document unique à jour, les rapports de vérification des équipements et les autorisations de conduite avec les attestations médicales associées. Leur absence est constatable en quelques minutes lors d'une visite, et suffit à caractériser l'infraction sans qu'un accident soit survenu.

Questions fréquentes

Une entreprise d'un seul salarié doit-elle rédiger un document unique ?

Oui. L'obligation naît dès l'embauche du premier salarié, sans seuil d'effectif. En dessous de onze salariés, la mise à jour peut être moins fréquente que l'annuelle, à condition qu'un niveau équivalent de protection de la santé et de la sécurité soit garanti.

Le comité social et économique doit-il être consulté sur le document unique ?

Oui. L'article L4121-3 prévoit que le comité social et économique est consulté sur le document unique d'évaluation des risques professionnels et sur ses mises à jour. Sa commission santé, sécurité et conditions de travail, lorsqu'elle existe, contribue également à l'évaluation.

Le certificat d'aptitude à la conduite en sécurité suffit-il pour conduire un chariot élévateur ?

Non. Il constitue le volet compétences, mais l'autorisation de conduite est délivrée par l'employeur et suppose aussi une attestation médicale d'absence de contre-indication, valable cinq ans, et la connaissance des lieux et des instructions propres au site.

Peut-on espacer les vérifications des installations électriques ?

Oui, sous conditions. L'arrêté du 26 décembre 2011 autorise le chef d'établissement à porter le délai à deux ans si le rapport précédent ne comporte aucune observation, ou si les travaux de mise en conformité ont été réalisés. Il doit en fournir la preuve à l'inspecteur du travail.

Une machine marquée CE peut-elle être arrêtée par l'inspection du travail ?

Oui. Le marquage porte sur l'état de la machine à sa mise sur le marché. Si un protecteur a été déposé, si un dispositif de protection est inopérant ou si la machine n'est plus maintenue en état, l'agent de contrôle peut prescrire l'arrêt temporaire de l'activité sur le fondement de l'article L4731-1.

Qui doit conserver le document unique après la fermeture de l'entreprise ?

La durée de conservation, qui ne peut être inférieure à quarante ans, vise à permettre aux anciens travailleurs de retracer leurs expositions. L'obligation pèse sur l'employeur, et le dépôt dématérialisé prévu par la loi du 2 août 2021 a précisément pour objet d'assurer cette conservation et cette mise à disposition dans la durée.

Sources

Chaque chiffre de ce dossier a été relevé sur l'une des publications ci-dessous, à la date indiquée. Les barèmes et seuils évoluent : en cas de doute, la source fait foi, pas cette page.

  1. Qu'est-ce que le document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP) ?Service-public.fr — Entreprendre · consulté le
  2. Article L4121-1 du code du travail — obligation générale de sécuritéCode du travail numérique, ministère du Travail · consulté le
  3. Article L4121-2 du code du travail — principes généraux de préventionCode du travail numérique, ministère du Travail · consulté le
  4. Article L4121-3-1 du code du travail — document unique, conservation et dépôtCode du travail numérique, ministère du Travail · consulté le
  5. Article R4121-2 du code du travail — mise à jour du document uniqueCode du travail numérique, ministère du Travail · consulté le
  6. Article R4323-23 du code du travail — vérifications générales périodiquesCode du travail numérique, ministère du Travail · consulté le
  7. Article R4323-56 du code du travail — autorisation de conduiteCode du travail numérique, ministère du Travail · consulté le
  8. Article L4731-1 du code du travail — arrêt temporaire de travauxCode du travail numérique, ministère du Travail · consulté le
  9. Article L4741-1 du code du travail — sanctions pénalesCode du travail numérique, ministère du Travail · consulté le
  10. Article R4741-1 du code du travail — défaut de document uniqueCode du travail numérique, ministère du Travail · consulté le
  11. L'autorisation de conduite des appareils de levageCode du travail numérique, ministère du Travail · consulté le
  12. Principales vérifications périodiques (ED 828)INRS · consulté le
  13. Évaluation des risques professionnels — ce qu'il faut retenirINRS · consulté le
  14. Loi du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travailVie-publique.fr · consulté le

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