Aéroports de Paris : 8,2 milliards d'euros programmés de 2027 à 2034

L'État et le groupe Aéroports de Paris se sont entendus le 30 juillet 2026 sur une version commune du contrat de régulation économique couvrant 2027 à 2034. Le texte programme 8,2 milliards d'euros de travaux sur Paris-Charles-de-Gaulle, Orly et Le Bourget, soit plus d'un milliard par an pendant huit ans.
L'État et le groupe Aéroports de Paris ont arrêté le 30 juillet 2026 une version commune du projet de contrat de régulation économique portant sur les années 2027 à 2034. Le document programme 8,2 milliards d'euros de dépenses d'équipement sur les trois plateformes parisiennes : Paris-Charles-de-Gaulle, Orly et Le Bourget. La moyenne dépasse le milliard d'euros par an sur huit ans, indique le ministère de la Transition écologique.
Ce type de contrat fixe pour toute sa durée les investissements programmés et les modalités d'évolution des redevances acquittées par les compagnies aériennes. Sa durée de principe est de cinq ans. Le code des transports autorise à la dépasser lorsque le projet industriel de l'exploitant le justifie : l'exploitant des aéroports parisiens a demandé une durée de huit ans.
Trois séquences de travaux, des contrôles aux frontières à un satellite à l'est de Roissy
La première séquence court de 2027 à 2030 et porte sur la circulation des voyageurs dans les terminaux : renforcement des capacités de passage des frontières, modernisation des contrôles de sûreté et de sécurité, mise en conformité des installations avec les nouvelles exigences réglementaires. L'objectif est une baisse des temps d'attente les plus pénalisants dès les premières années du contrat.
De 2030 à 2032, les travaux viseront à densifier et à optimiser les infrastructures déjà construites avant toute extension. Certains terminaux seront réaménagés et de nouvelles places de stationnement pour les avions seront créées, mieux placées sur les plateformes, afin de limiter les embarquements dits « au large », qui imposent aujourd'hui un trajet en bus sur le tarmac.
La dernière séquence, de 2032 à 2034, ouvre des capacités supplémentaires. Elle prévoit la mise en service d'un satellite à l'est de Paris-Charles-de-Gaulle, son raccordement au réseau automatique LISA et la création d'un nouveau train de correspondance entre les terminaux.
Un bonus-malus financier adossé à 80 % de déchets recyclés et 80 % d'énergies renouvelables
Le projet de contrat assortit ces travaux d'obligations environnementales sanctionnées financièrement. Un mécanisme de bonus-malus doit conduire l'exploitant à recycler au moins 80 % de ses déchets de chantier et à porter à 80 % au moins la part des énergies renouvelables dans sa consommation, sous peine de pénalités.
- alimentation électrique des avions stationnés, pour réduire l'usage des moteurs auxiliaires ;
- renouvellement des véhicules circulant sur les plateformes vers des motorisations moins polluantes ;
- rénovation énergétique des bâtiments et des terminaux sur toute la durée du contrat ;
- renforcement des incitations tarifaires en faveur des appareils les moins bruyants ;
- modulation des redevances pour favoriser le remplissage des avions et limiter le nombre de mouvements ;
- création d'un hall intermodal à proximité des gares TGV et RER du terminal 2 de Paris-Charles-de-Gaulle.
L'autorité de régulation avait chiffré l'avant-projet à 8,4 milliards et plafonné la rémunération à 5,6 %
L'Autorité de régulation des transports s'était prononcée en amont sur une version antérieure du texte. Dans un avis simple rendu le 9 avril 2026 et publié le 20 avril, elle évaluait le programme d'investissements à 8,4 milliards d'euros, soit 200 millions de plus que le montant retenu fin juillet par l'État et l'exploitant. Elle jugeait la durée dérogatoire de huit ans cohérente avec le projet industriel présenté.
L'autorité fixait aussi une limite de rémunération : un coût moyen pondéré du capital de 5,6 % après impôt au maximum, sous réserve d'un rééquilibrage du partage des risques entre les parties, contre 4,3 % pour une homologation annuelle des tarifs. Ses recommandations poursuivaient quatre buts : consolider les trajectoires économiques et financières, ajuster le niveau de risque à la rémunération, clarifier la structuration tarifaire et rendre le contrat plus lisible pour les usagers.
Une clause de revoyure au bout de quatre ans, dont les règles sont en consultation
Un contrat de huit ans n'est pas acquis pour huit ans. Lorsque la durée dépasse cinq ans, le code des transports impose un réexamen quatre ans après l'entrée en vigueur, à l'issue duquel l'autorité de régulation se prononce sur la poursuite du contrat. Cette procédure vise à éviter qu'un contrat devenu manifestement déséquilibré au profit de l'exploitant continue de produire ses effets au-delà de la durée de référence fixée par le législateur.
L'autorité a ouvert le 3 juillet 2026 une consultation publique sur les orientations de ses futures lignes directrices consacrées à ce réexamen. Elle y indique avoir annoncé cette démarche dès son avis d'avril sur le dossier des aéroports parisiens.
3 Publications sources
Cet article est écrit à partir du texte publié par l'autorité à l'origine de l'information — Texte officiel reproduit — Ministère de la Transition écologique, Licence Ouverte / Etalab 2.0.
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