Finances locales : l'épargne brute remonte à 34,9 milliards d'euros en 2025

L'épargne brute des collectivités locales a progressé de 7,8 % en 2025, à 34,9 milliards d'euros, selon les trois publications diffusées le 8 juillet 2026 par le service statistique de la Direction générale des collectivités locales. Le besoin de financement recule à 8,4 milliards, mais l'encours de dette augmente de 4,4 %.
Les collectivités locales ont dégagé 34,9 milliards d'euros d'épargne brute en 2025, soit une hausse de 7,8 % sur un an. Le chiffre figure dans les trois publications diffusées le 8 juillet 2026 par le Département des études et des statistiques locales, service statistique de la Direction générale des collectivités locales. L'une porte sur l'ensemble des finances locales, les deux autres sur les départements et sur les régions et collectivités territoriales uniques.
Des dépenses de fonctionnement à 1,4 %, des recettes à 2,2 %
Le redressement tient à un écart d'évolution entre les deux côtés de la section de fonctionnement. Les dépenses de fonctionnement augmentent de 1,4 %, un rythme qui ralentit pour la deuxième année consécutive dans un contexte de repli de l'inflation. Les recettes progressent, elles, de 2,2 %. C'est cette année que la progression des dépenses repasse sous celle des recettes.
L'épargne brute retrouve ainsi de la hauteur après deux exercices nettement plus difficiles. Le rebond est le plus marqué au niveau départemental : l'épargne brute des départements bondit de 33 %, sans pour autant revenir à son niveau de 2022, où elle était près de deux fois plus élevée.
L'investissement ralentit à 1,7 % et recule dans les départements et les régions
Les dépenses d'investissement suivent le mouvement inverse. Après plusieurs années de progression supérieure à 5 % par an, leur hausse tombe à 1,7 % en 2025. Le repli est net pour deux niveaux de collectivités : les dépenses d'investissement des départements baissent de 8 %, celles des régions et des collectivités territoriales uniques de 7,1 %.
Besoin de financement de 8,4 milliards, dette en hausse de 4,4 %
Les collectivités restent en besoin de financement, mais dans une proportion moindre qu'un an plus tôt : 8,4 milliards d'euros en 2025, contre 10 milliards en 2024. L'encours de dette progresse malgré tout de 4,4 %, et cette hausse touche tous les types de collectivités. La progression de l'épargne brute permet de contenir le délai de désendettement, qui revient à 5 ans après 5,2 ans en 2024.
Le point de départ régional : 25 milliards de dépenses de fonctionnement en 2024
Un bulletin d'information statistique publié en octobre 2025 avait établi le point de départ pour les régions. En 2024, leurs dépenses de fonctionnement avaient augmenté de 1,1 %, contre 5,2 % en 2023, pour atteindre 25,0 milliards d'euros, sous l'effet principal des achats et charges externes en hausse de 1,3 milliard. Les recettes de fonctionnement ralentissaient au même rythme de 1,1 %, laissant l'épargne brute des régions et des collectivités territoriales uniques progresser de 1,1 %.
L'investissement régional restait alors dynamique, à 6,1 %, porté par les subventions versées en progression de 8,1 % alors que les dépenses d'équipement reculaient de 5,2 %. Le besoin de financement des régions atteignait 2,3 milliards d'euros. À la lecture des budgets primitifs votés début 2025, la DGCL anticipait pour les régions un repli de l'épargne brute de 7 % et une baisse des investissements de près de 10 % : la baisse finalement mesurée pour 2025 s'établit à 7,1 %.
Les départements en déprise démographique, plus endettés et moins épargnants
Un autre bulletin, publié en mars 2025, avait croisé les comptes départementaux avec les dynamiques de population. Les départements en croissance se situent surtout sur les littoraux, ceux qui perdent des habitants au cœur du territoire métropolitain. Ces derniers présentent une situation financière moins favorable, avec un délai de désendettement plus élevé et un taux d'épargne brute plus faible.
Leurs recettes de fonctionnement par habitant sont pourtant plus élevées et plus dynamiques, du fait d'une population plus réduite et en baisse, mais leurs dépenses de fonctionnement augmentent davantage encore. Les priorités budgétaires suivent la démographie : les départements dynamiques orientent davantage leur action vers la jeunesse, avec l'enseignement, le sport, la famille et l'enfance, et investissent en priorité dans l'habitat, tandis que les départements en recul concentrent leurs investissements sur l'aménagement du territoire.
3 Publications sources
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