Résidences secondaires et logements vacants : 3 milliards aux communes

Les communes ont encaissé 3 milliards d'euros en 2024 au titre de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires, de sa majoration et de la taxe sur les logements vacants, contre 2,8 milliards un an plus tôt, selon le bulletin statistique n° 196 de la Direction générale des collectivités locales.
Le produit des taxes d'habitation pesant sur les logements autres que la résidence principale a atteint 3 milliards d'euros en 2024, après 2,8 milliards en 2023. Le chiffre est publié dans le bulletin d'information statistique n° 196 du service statistique de la Direction générale des collectivités locales, mis en ligne le 9 mai 2025. Ce bloc représente 2,8 % des ressources de fonctionnement de l'ensemble des communes.
2,4 milliards d'euros pour la seule taxe sur les résidences secondaires
La taxe d'habitation sur les résidences secondaires est devenue le premier élément de cet ensemble. Elle rapporte 2,4 milliards d'euros aux communes. Son taux moyen progresse depuis 2022 : il s'établit à 13,32 %, contre 12,61 % à cette date.
La majoration appliquée par 39 % des 3 697 communes qui peuvent la voter
Les communes classées en zone tendue peuvent majorer cette taxe. Elles sont 3 697 à disposer de cette faculté, et 39 % d'entre elles l'utilisent. La majoration a produit 427 millions d'euros en 2024. Son taux moyen atteint 41 %, contre 26,5 % en 2018 : la progression est l'une des plus rapides de la fiscalité communale sur la période.
169 millions d'euros de taxe sur les logements vacants, surtout au nord
La taxe d'habitation sur les logements vacants dégage pour sa part 169 millions d'euros, en hausse elle aussi. Sa géographie diffère de celle de la taxe sur les résidences secondaires : elle est davantage mobilisée par les communes du Nord et du centre de la France.
Un levier ouvert par la fin de la taxe d'habitation sur les résidences principales
Ces prélèvements sont l'héritage direct de la suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales. Depuis, une commune peut instaurer la taxe d'habitation sur les résidences secondaires, la majorer si elle est classée en zone tendue, ou, à défaut de ce classement, appliquer la taxe d'habitation sur les logements vacants.
Le tourisme, premier facteur d'écart entre les budgets communaux
Un bulletin ultérieur, mis en ligne le 20 novembre 2025, mesure le poids de ce paramètre sur les comptes. Le degré de touristicité y apparaît comme le facteur le plus déterminant des finances communales : il explique à lui seul 38 % à 45 % des écarts de recettes et de dépenses par habitant, en fonctionnement comme en investissement.
L'écart de niveau de dépense est net. Les 10 % de communes les mieux dotées en résidences secondaires ont engagé 1 663 euros de dépenses de fonctionnement par habitant en 2024, contre 848 euros pour les autres, soit deux fois plus. À l'inverse, l'endettement et l'épargne brute apparaissent peu liés aux caractéristiques socio-économiques et morphologiques des communes.
L'OFGL relie ces recettes à la recomposition du panier fiscal
L'Observatoire des finances et de la gestion publique locales a placé cette question au centre du trentième numéro de sa collection Cap sur, mis en ligne le 18 novembre 2025. Réalisé à la demande de l'Association des maires de France pour le 107e congrès des maires et des présidents d'intercommunalité, il dresse l'état des finances des communes et des groupements à fiscalité propre pour 2024, à partir des budgets principaux et annexes.
Trois questions y sont traitées : la recherche de ressources plus diversifiées après les mutations du panier fiscal, l'arbitrage entre le maintien des ambitions d'investissement et la maîtrise de l'endettement, et l'essoufflement de la capacité d'autofinancement du bloc communal. L'analyse porte sur l'ensemble du bloc communal et sur les disparités entre collectivités.
3 Publications sources
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