Copropriété : charges, fonds de travaux et assemblée générale
Comment se répartissent les charges de copropriété et quelles sont les obligations de travaux ?
Les charges générales se répartissent selon les tantièmes, les charges spéciales selon l'utilité du service pour chaque lot. Toute copropriété d'habitation doit alimenter un fonds de travaux à hauteur d'au moins 5 % du budget prévisionnel annuel, dix ans après la réception de l'immeuble. Les copropriétés d'au plus 50 lots doivent disposer d'un DPE collectif depuis le 1er janvier 2026.
À retenir
- La cotisation annuelle au fonds de travaux ne peut être inférieure à 5 % du budget prévisionnel, ni à 2,5 % du montant des travaux inscrits au plan pluriannuel lorsqu'un plan est adopté.
- Le projet de plan pluriannuel de travaux est obligatoire depuis le 1er janvier 2025 dans tout immeuble d'habitation reçu depuis plus de quinze ans, quel que soit le nombre de lots.
- Le DPE collectif s'impose depuis le 1er janvier 2024 aux copropriétés de plus de 200 lots, depuis le 1er janvier 2025 à celles de 50 à 200 lots et depuis le 1er janvier 2026 à celles d'au plus 50 lots.
- Une répartition des charges peut être révisée en justice dans les cinq ans si la quote-part d'un lot dépasse de plus d'un quart celle qui résulterait d'une répartition conforme.
- Passé trente jours après une mise en demeure restée sans effet, les provisions du budget prévisionnel non encore échues deviennent immédiatement exigibles.
- Le défaut d'immatriculation au registre national expose à une astreinte pouvant atteindre 20 euros par lot et par semaine, et prive la copropriété des subventions de l'État.
Comment les charges de copropriété se répartissent-elles ?
Les charges de copropriété sont les dépenses qui incombent définitivement aux copropriétaires. Elles se divisent en deux familles, soumises à deux clés de répartition différentes. La distinction n'est pas une commodité comptable : elle commande qui paie quoi, et elle est la première source de contentieux entre copropriétaires.
Les charges générales couvrent l'administration, l'entretien et la conservation des parties communes : honoraires du syndic, assurance de l'immeuble, nettoyage, ravalement, entretien des espaces verts. Tous les copropriétaires y contribuent, en proportion de la valeur relative de leur lot, exprimée en tantièmes dans le règlement de copropriété, comme l'expose service-public.gouv.fr.
Les charges spéciales concernent les services collectifs et les éléments d'équipement commun : chauffage collectif, eau chaude sanitaire, ascenseur. Elles ne se répartissent pas selon la valeur du lot mais selon l'utilité objective que le service présente pour lui. Un emplacement de stationnement en sous-sol ne peut pas supporter de charges de chauffage ou d'eau chaude, faute d'utilité.
| Catégorie | Exemples de dépenses | Clé de répartition | Qui contribue |
|---|---|---|---|
| Charges générales | Syndic, assurance, nettoyage, ravalement, espaces verts | Tantièmes de parties communes fixés par le règlement | Tous les copropriétaires |
| Charges spéciales | Chauffage collectif, eau chaude, ascenseur | Utilité objective du service pour chaque lot | Les seuls lots auxquels le service est utile |
Dans quels cas la répartition peut-elle être contestée ?
Deux actions coexistent, et elles n'ont ni la même condition ni le même délai. L'action en révision vise une répartition licite mais devenue disproportionnée : elle est ouverte pendant cinq ans, à condition que la quote-part du lot excède de plus d'un quart celle qui résulterait d'une répartition conforme aux critères légaux.
L'action en nullité vise une clause de répartition contraire à la loi, par exemple une répartition des charges spéciales sans considération d'utilité. Elle n'est enfermée dans aucun délai. Le juge substitue alors une répartition conforme, avec effet sur les exercices concernés.
Une troisième voie existe hors contentieux : la modification de la répartition par l'assemblée générale. Elle relève en principe de l'unanimité, puisqu'elle touche aux droits de chaque copropriétaire, avec des exceptions lorsque la modification découle de travaux régulièrement votés ou d'une division de lot.
Que contient le budget prévisionnel et comment est-il appelé ?
Le budget prévisionnel couvre les dépenses courantes : rémunération du syndic, assurance, contrats d'entretien de l'ascenseur, de la chaudière et des dispositifs de sécurité, salaires du personnel, fluides. Il est voté chaque année par l'assemblée générale à la majorité simple, dans un délai de six mois à compter de la clôture de l'exercice précédent.
Le financement se fait par provisions trimestrielles. Chaque copropriétaire verse le quart de sa quote-part au premier jour de chaque trimestre, sauf autre échéancier décidé par l'assemblée. Après approbation des comptes, le trop-perçu est restitué et l'insuffisance appelée en complément, selon service-public.gouv.fr.
Trois catégories de dépenses restent hors budget prévisionnel : les gros travaux de conservation, les travaux d'amélioration ou d'installation nouvelle, et les études techniques et diagnostics. Elles font l'objet d'appels de fonds spécifiques, votés poste par poste, avec leur propre échéancier.
Le fonds de travaux est-il obligatoire dans toutes les copropriétés ?
L'obligation vise l'ensemble des immeubles à destination totale ou partielle d'habitation, indépendamment du nombre de lots. Le fonds doit être constitué à l'issue d'une période de dix ans à compter de la réception des travaux de construction de l'immeuble. Une copropriété neuve dispose donc d'un sursis d'une décennie.
Le montant minimal de la cotisation annuelle obéit à deux planchers cumulatifs. Il ne peut être inférieur à 5 % du budget prévisionnel. Lorsqu'un plan pluriannuel de travaux a été adopté, il ne peut pas non plus être inférieur à 2,5 % du montant des travaux inscrits à ce plan. Le plancher le plus élevé s'impose.
Planchers de cotisation annuelle et seuils permettant à l'assemblée de suspendre les versements.Source : Service-Public.gouv.fr, loi n° 65-557 du 10 juillet 1965.
| Poste | Valeur |
|---|---|
| Cotisation minimale, part du budget prévisionnel | 5 % |
| Cotisation minimale, part du montant du plan pluriannuel | 2,50 % |
| Seuil de suspension, part du montant du plan pluriannuel | 50 % |
L'assemblée générale peut suspendre les versements lorsque le fonds atteint un certain niveau : soit la moitié du montant des travaux prévus au plan pluriannuel, soit le montant du budget prévisionnel. La suspension est une décision de l'assemblée, non un effet automatique du franchissement du seuil.
À quoi les sommes peuvent-elles servir ?
L'emploi du fonds est limitativement défini : les études et diagnostics, les travaux inscrits au plan pluriannuel adopté, les travaux urgents nécessaires à la sauvegarde de l'immeuble et les travaux d'amélioration de la performance énergétique. L'entretien courant en est exclu, puisqu'il relève du budget prévisionnel.
Le fonds est déposé sur un compte bancaire séparé et rémunéré, ouvert au nom du syndicat des copropriétaires. Les sommes versées sont attachées au lot et non à la personne : en cas de vente, le vendeur ne se les fait pas rembourser par le syndicat. L'acte de vente peut prévoir une compensation entre les parties lorsque les travaux n'ont pas commencé, mais cette convention n'est opposable qu'à elles.
Que changent le DPE collectif et le plan pluriannuel de travaux ?
Le diagnostic de performance énergétique collectif porte sur l'immeuble entier, et non sur un lot. Il vise les bâtiments d'habitation collectifs dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013. Son déploiement s'est fait par paliers, détaillés par service-public.gouv.fr.
| Taille de la copropriété | Obligation applicable depuis |
|---|---|
| Plus de 200 lots | 1er janvier 2024 |
| De 50 à 200 lots | 1er janvier 2025 |
| Au plus 50 lots | 1er janvier 2026 |
Le document est valable dix ans. Son renouvellement n'est pas exigé lorsqu'un diagnostic établi après le 1er juillet 2021 classe le bâtiment en A, B ou C. Sa réalisation est votée à la majorité simple. L'Agence de la transition écologique situe son coût entre 1 000 et 5 000 euros selon la taille et les caractéristiques de l'immeuble.
Le projet de plan pluriannuel de travaux poursuit un autre objet : programmer. Il est obligatoire depuis le 1er janvier 2025 dans les immeubles à destination totale ou partielle d'habitation dont la réception remonte à plus de quinze ans, quel que soit le nombre de lots à usage de logement, de bureau ou de commerce.
Le projet est établi par un professionnel qualifié, architecte, bureau d'études ou thermicien, qui doit attester de son impartialité, de son indépendance et de son assurance de responsabilité professionnelle. Il porte sur dix ans et s'actualise tous les dix ans. La copropriété en est dispensée lorsqu'un diagnostic technique global ne fait apparaître aucun besoin de travaux au cours des dix prochaines années.
- 1er janvier 2024DPE collectif, plus de 200 lotsObligation pour les bâtiments d'habitation collectifs dont le permis a été déposé avant le 1er janvier 2013.
- 1er janvier 2025DPE collectif, 50 à 200 lotsDeuxième palier du déploiement du diagnostic à l'échelle du bâtiment.
- 1er janvier 2025Projet de plan pluriannuel de travauxObligatoire dans tout immeuble d'habitation reçu depuis plus de quinze ans, quel que soit le nombre de lots.
- 1er janvier 2026DPE collectif, au plus 50 lotsDernier palier : toutes les copropriétés d'habitation sont désormais dans le champ.
Dates d'entrée en vigueur des principales obligations pesant sur le syndicat des copropriétaires.Source : Service-Public.gouv.fr.
| Échéance | Ce qui change |
|---|---|
| 1er janvier 2024 | DPE collectif, plus de 200 lots — Obligation pour les bâtiments d'habitation collectifs dont le permis a été déposé avant le 1er janvier 2013. |
| 1er janvier 2025 | DPE collectif, 50 à 200 lots — Deuxième palier du déploiement du diagnostic à l'échelle du bâtiment. |
| 1er janvier 2025 | Projet de plan pluriannuel de travaux — Obligatoire dans tout immeuble d'habitation reçu depuis plus de quinze ans, quel que soit le nombre de lots. |
| 1er janvier 2026 | DPE collectif, au plus 50 lots — Dernier palier : toutes les copropriétés d'habitation sont désormais dans le champ. |
L'enchaînement des deux documents est logique. Le DPE collectif établit un état des lieux énergétique. Le plan pluriannuel programme les travaux sur dix ans et chiffre leur coût. Le fonds de travaux en assure le préfinancement, avec un plancher de cotisation indexé sur le montant du plan.
Quelles majorités s'appliquent en assemblée générale ?
Chaque copropriétaire vote à hauteur de ses tantièmes, non par tête. Quatre régimes de majorité coexistent, du plus souple au plus exigeant. Le choix du régime dépend de la nature de la décision, et une décision votée à la mauvaise majorité est annulable.
| Régime | Définition | Exemples de décisions |
|---|---|---|
| Article 24, majorité simple | Majorité des voix exprimées des copropriétaires présents ou représentés ; les abstentions ne comptent pas | Budget prévisionnel, approbation des comptes, travaux d'entretien, réalisation du DPE collectif |
| Article 25, majorité absolue | Majorité des voix de tous les copropriétaires, présents, représentés et absents | Désignation du syndic, travaux d'amélioration, adoption du plan pluriannuel de travaux |
| Article 25-1, passerelle | Second vote immédiat à la majorité de l'article 24 si le premier vote a recueilli au moins un tiers des voix | Toute décision relevant de l'article 25 ayant atteint ce seuil |
| Article 26, double majorité | Majorité des copropriétaires représentant au moins les deux tiers des voix | Acquisition immobilière par le syndicat, modification du règlement portant sur la jouissance des parties communes |
| Unanimité | Accord de tous les copropriétaires | Modification de la répartition des charges hors cas prévus par la loi, aliénation de parties communes essentielles |
La passerelle de l'article 25-1 est le mécanisme le plus utile en pratique. Elle évite qu'une décision soutenue par une majorité relative soit bloquée par l'absentéisme. Si le premier vote recueille au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires, un second vote a lieu immédiatement, à la majorité des seules voix exprimées.
Le formalisme conditionne la validité. Le point doit figurer à l'ordre du jour joint à la convocation ; une décision prise sur une question non inscrite est annulable. Lorsqu'un emprunt finance des travaux, l'assemblée vote séparément sur les travaux et sur leur financement.
Que se passe-t-il en cas de charges impayées ?
Le syndic recouvre les impayés sans avoir besoin d'une autorisation préalable de l'assemblée générale. La procédure commence par une relance simple, par lettre ou par voie électronique, rappelant la date d'exigibilité et le montant dû.
Vient ensuite la mise en demeure, adressée par lettre recommandée avec accusé de réception ou par voie électronique. Elle ouvre le délai de trente jours prévu par l'article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 : passé ce délai sans règlement, les provisions du budget prévisionnel non encore échues de l'exercice deviennent immédiatement exigibles.
- Relance amiableDès l'impayé constatéLettre simple ou message électronique rappelant l'échéance et le montant dû.
- Mise en demeureDéclenche le délai de 30 joursLettre recommandée avec accusé de réception ou envoi électronique précisant la somme et le délai de paiement.
- Déchéance du terme31e jourLes provisions non encore échues du budget prévisionnel deviennent immédiatement exigibles.
- Tentative de résolution amiableAvant la saisine du jugeConciliateur de justice ou médiateur : démarche obligatoire pour les créances n'excédant pas 5 000 euros.
- Saisine du tribunal judiciaireAprès échec amiableLa représentation par avocat est obligatoire au-delà de 10 000 euros.
- ExécutionAprès jugementHypothèque légale sur le lot, ou opposition entre les mains du notaire sur le prix de vente.
Étapes suivies par le syndic, du rappel amiable à l'exécution.Source : Service-Public.gouv.fr, loi n° 65-557 du 10 juillet 1965.
| Étape | Délai | Détail |
|---|---|---|
| Relance amiable | Dès l'impayé constaté | Lettre simple ou message électronique rappelant l'échéance et le montant dû. |
| Mise en demeure | Déclenche le délai de 30 jours | Lettre recommandée avec accusé de réception ou envoi électronique précisant la somme et le délai de paiement. |
| Déchéance du terme | 31e jour | Les provisions non encore échues du budget prévisionnel deviennent immédiatement exigibles. |
| Tentative de résolution amiable | Avant la saisine du juge | Conciliateur de justice ou médiateur : démarche obligatoire pour les créances n'excédant pas 5 000 euros. |
| Saisine du tribunal judiciaire | Après échec amiable | La représentation par avocat est obligatoire au-delà de 10 000 euros. |
| Exécution | Après jugement | Hypothèque légale sur le lot, ou opposition entre les mains du notaire sur le prix de vente. |
Deux seuils procéduraux structurent la phase judiciaire. En dessous de 5 000 euros, une tentative de conciliation ou de médiation est un préalable obligatoire à la saisine du juge. Au-delà de 10 000 euros, la représentation par avocat devient obligatoire devant le tribunal judiciaire.
Les créances de charges se prescrivent par cinq ans. Le syndicat dispose de garanties spécifiques : l'hypothèque légale sur le lot du débiteur, et l'opposition adressée au notaire lors de la vente, qui bloque le prix à hauteur des sommes dues. C'est souvent la vente du lot qui solde la dette.
Comment financer les travaux votés ?
Au-delà du fonds de travaux et des appels de fonds, le syndicat peut emprunter. Trois formules coexistent, avec des majorités et des logiques d'adhésion distinctes, décrites par service-public.gouv.fr.
- L'emprunt souscrit au nom du syndicat pour le compte de tous les copropriétaires, qui suppose un vote à l'unanimité.
- L'emprunt souscrit au nom du syndicat pour les seuls copropriétaires qui décident d'y participer, voté à la majorité applicable aux travaux financés.
- Le prêt collectif auquel adhèrent tous les copropriétaires qui ne s'y opposent pas expressément dans un délai de deux mois, réservé aux travaux de conservation, de mise en conformité sanitaire ou de sécurité, d'accessibilité et de rénovation énergétique.
La durée de remboursement d'un emprunt finançant des travaux sur les parties communes ne peut pas dépasser 300 mois, soit vingt-cinq ans. Un cautionnement solidaire est exigé pour garantir les défaillances individuelles. L'assemblée doit voter séparément sur les travaux et sur le contrat de prêt, dont les conditions figurent en annexe de la convocation.
L'accès aux financements publics suppose une copropriété en règle. Le défaut d'immatriculation au registre national prive le syndicat des subventions de l'État et de l'éco-prêt à taux zéro collectif. Ce point administratif conditionne donc en pratique le montage financier de toute rénovation d'ampleur.
Quelles obligations administratives pèsent sur le syndic ?
L'immatriculation au registre national des copropriétés, tenu par l'Agence nationale de l'habitat, est obligatoire pour tout immeuble à destination totale ou partielle d'habitation. Elle est gratuite. Le syndic la met à jour chaque année, dans les deux mois qui suivent l'assemblée générale approuvant les comptes.
Le défaut d'immatriculation est sanctionné après mise en demeure restée sans effet pendant un mois. L'astreinte peut atteindre 20 euros par lot et par semaine de retard. S'y ajoute la privation des aides publiques, qui pèse plus lourd encore lorsque la copropriété doit engager des travaux.
La fiche synthétique regroupe les données financières et techniques essentielles de l'immeuble : identification, nombre de lots, période de construction, type de chauffage, présence d'un ascenseur, situation financière. Le syndic l'actualise chaque année. Tout copropriétaire peut en demander une copie gratuite, que le syndic doit fournir dans un délai d'un mois.
Le retard est sanctionné financièrement. Une pénalité de 15 euros par jour de retard est imputée sur la rémunération du syndic. Le manquement caractérise par ailleurs une inexécution de ses obligations légales, susceptible de fonder la révocation de son mandat.
Qui paie quoi lors d'une vente ou d'une location ?
La règle est celle de l'exigibilité, non celle de la période couverte. La personne propriétaire du lot à la date où le paiement est exigé règle la somme appelée. Le vendeur acquitte les provisions du budget prévisionnel exigibles avant la vente ; l'acquéreur celles qui le deviennent après.
Le raisonnement vaut aussi pour les travaux votés. Le vendeur paie les appels de fonds émis avant la vente, l'acquéreur ceux émis après, sans considération de la date de réalisation des travaux. Un acquéreur peut ainsi financer un ravalement décidé avant son arrivée.
Les parties peuvent convenir d'une autre répartition dans le compromis ou dans l'acte. Cette convention ne lie qu'elles : le syndicat des copropriétaires continue de réclamer les sommes au propriétaire du jour de l'exigibilité. L'état daté établi par le syndic sert de base au décompte entre vendeur et acquéreur.
Dans le rapport avec le locataire, la logique est différente. Le copropriétaire bailleur reste seul débiteur du syndicat : il paie l'intégralité des charges, puis récupère auprès de son locataire celles que la réglementation qualifie de récupérables. Un locataire n'a aucun lien juridique direct avec le syndicat des copropriétaires.
Questions fréquentes
Un copropriétaire peut-il refuser de payer parce qu'il conteste une décision ?
Non. La contestation d'une décision d'assemblée générale n'en suspend pas l'exécution. Le refus de payer expose à la déchéance du terme puis à la procédure judiciaire, indépendamment du sort du recours.
Le fonds de travaux est-il remboursé au vendeur d'un lot ?
Non. Les sommes versées sont attachées au lot et restent acquises au syndicat. Vendeur et acquéreur peuvent prévoir une compensation entre eux dans l'acte de vente lorsque les travaux n'ont pas commencé.
Une petite copropriété échappe-t-elle au plan pluriannuel de travaux ?
Non. Depuis le 1er janvier 2025, l'obligation vise tous les immeubles d'habitation reçus depuis plus de quinze ans, quel que soit le nombre de lots. Seul un diagnostic technique global ne révélant aucun besoin de travaux sur dix ans en dispense.
Le DPE collectif dispense-t-il du DPE individuel ?
Non. Le diagnostic à l'échelle du bâtiment ne remplace pas le diagnostic individuel exigé pour vendre ou louer un lot. Les deux documents coexistent et répondent à des obligations distinctes.
Combien de temps le syndicat peut-il réclamer des charges anciennes ?
Cinq ans. Au-delà, la créance est prescrite. Le délai peut être interrompu par une action en justice ou par la reconnaissance de dette du copropriétaire.
Que faire si le syndic ne transmet pas la fiche synthétique ?
Le copropriétaire qui l'a demandée peut faire appliquer la pénalité de 15 euros par jour de retard, imputée sur la rémunération du syndic. Le manquement peut également justifier la révocation du mandat par l'assemblée générale.
Sources
Chaque chiffre de ce dossier a été relevé sur l'une des publications ci-dessous, à la date indiquée. Les barèmes et seuils évoluent : en cas de doute, la source fait foi, pas cette page.
- Charges de copropriété
- Budget prévisionnel d'une copropriété
- Fonds de travaux mis en place dans les copropriétés
- Plan pluriannuel de travaux (PPT) mis en place dans les copropriétés
- Diagnostic de performance énergétique collectif (DPE collectif)
- Quelles sont les règles de vote en assemblée générale de copropriété ?
- Recouvrement des charges de copropriété impayées
- Emprunt bancaire collectif d'une copropriété
- Qui paie les charges de copropriété l'année de la vente du logement ?
- À quoi sert l'immatriculation des copropriétés ?
- Fiche synthétique de la copropriété
- Registre national d'immatriculation des copropriétés
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