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Dossier de référenceÉconomie

Sauvegarde, redressement et liquidation d'une entreprise

Mis à jour le · 13 min de lecture · 12 sources officielles

Comment se déroulent la sauvegarde, le redressement judiciaire et la liquidation judiciaire d'une entreprise ?

La sauvegarde s'ouvre avant la cessation des paiements, le redressement et la liquidation après. Le dirigeant dispose de 45 jours pour déclarer la cessation des paiements. La Banque de France a recensé 70 803 défaillances sur les douze mois arrêtés à fin juin 2026, en hausse de 5,1 % sur un an.

Dossier de référence — production automatisée vérifiée — Responsable de publication : — Mis à jour le

À retenir

  • 70 803 défaillances d'entreprises ont été enregistrées sur les douze mois arrêtés à fin juin 2026, soit 5,1 % de plus qu'un an plus tôt et 19,3 % de plus que la moyenne des années 2010 à 2019.
  • La cessation des paiements doit être déclarée dans les 45 jours ; le retard expose à une interdiction de gérer pouvant aller jusqu'à quinze ans.
  • La période d'observation dure au maximum douze mois en sauvegarde et dix-huit mois en redressement judiciaire ; le plan qui en découle ne peut excéder dix ans.
  • En 2026, l'AGS garantit jusqu'à 96 120 € pour un salarié dont le contrat a plus de deux ans d'ancienneté, 80 100 € entre six mois et deux ans, 64 080 € en deçà.
  • Les créanciers disposent de deux mois à compter de la publication du jugement au Bodacc pour déclarer leur créance, quatre mois s'ils résident hors de France métropolitaine.

Combien d'entreprises défaillent en France ?

Une défaillance est l'ouverture d'une procédure collective par un tribunal : sauvegarde, redressement judiciaire ou liquidation judiciaire. Ce n'est pas une cessation d'activité au sens large. Une entreprise qui ferme volontairement, sans dette impayée, n'est pas comptée comme défaillante.

La Banque de France recense 70 803 défaillances sur les douze mois arrêtés à fin juin 2026, contre 70 117 un mois plus tôt. Le total progresse de 5,1 % sur un an, après 67 387 défaillances sur les douze mois clos en juin 2025. Il dépasse de 19,3 % la moyenne observée entre 2010 et 2019.

Défaillances d'entreprises par taille, cumul sur douze mois à fin juin 2026
Défaillances d'entreprises par taille, cumul sur douze mois à fin juin 2026. Nombre de procédures ouvertes, classement par taille selon le chiffre d'affaires.Microentreprises — 65 182 défaillancesMicroentreprises65 182 défaillancesTrès petites entreprises — 3 494 défaillancesTrès petites entreprises3 494 défaillancesPetites entreprises — 1 529 défaillancesPetites entreprises1 529 défaillancesMoyennes entreprises — 532 défaillancesMoyennes entreprises532 défaillancesETI et grandes entreprises — 66 défaillancesETI et grandes entreprises66 défaillances

Nombre de procédures ouvertes, classement par taille selon le chiffre d'affaires.Source : Banque de France.

Défaillances d'entreprises par taille, cumul sur douze mois à fin juin 2026. Nombre de procédures ouvertes, classement par taille selon le chiffre d'affaires.
PosteValeur
Microentreprises65 182 défaillances
Très petites entreprises3 494 défaillances
Petites entreprises1 529 défaillances
Moyennes entreprises532 défaillances
ETI et grandes entreprises66 défaillances

La structure du phénomène est écrasée vers le bas : les microentreprises concentrent 65 182 des 70 803 procédures. Mais la dynamique est inverse de la masse. Les défaillances de microentreprises augmentent de 4,7 % sur un an, celles des moyennes entreprises de 12,7 % et celles des entreprises de taille intermédiaire et des grandes entreprises de 20,0 %, à partir d'un effectif de 66 dossiers.

Évolution des défaillances sur un an par secteur, cumul douze mois à fin juin 2026. Source : Banque de France.
SecteurÉvolution sur un an
Agriculture+16,5 %
Services aux entreprises+10,1 %
Hébergement et restauration+7,5 %
Commerce et réparation automobile+3,1 %
Transports+2,9 %
Construction-1,6 %

La construction fait exception, avec un recul de 1,6 % sur un an. Le secteur avait absorbé le choc plus tôt que les autres. À l'opposé, l'agriculture et les services aux entreprises portent la hausse la plus marquée, avec respectivement 16,5 % et 10,1 % de procédures supplémentaires.

Pour un fournisseur, l'information utile n'est pas la statistique mais le Bodacc, où sont publiés les jugements d'ouverture. C'est cette publication qui fait courir les délais de déclaration de créance, et elle seule. Aucune notification individuelle n'est adressée aux créanciers ordinaires : c'est à eux de surveiller la situation de leurs clients.

Une précaution de lecture s'impose sur ces catégories. La Banque de France classe les entreprises par tranche de chiffre d'affaires, et non selon la grille statistique de l'Insee. Le mot microentreprise ne recouvre donc pas exactement la même population dans les deux sources. Comparer un compte de défaillances à un compte d'entreprises exige de vérifier d'abord la nomenclature employée.

Le nombre de défaillances doit aussi être rapproché du nombre d'entreprises en activité, en forte hausse depuis la généralisation du régime du micro-entrepreneur. Un total qui progresse plus vite que le stock d'entreprises signale une dégradation ; un total qui progresse moins vite ne dit rien de tel. C'est la raison pour laquelle la Banque de France publie systématiquement la comparaison avec la moyenne 2010-2019.

Quelle procédure correspond à quelle situation ?

Tout se joue sur une notion : la cessation des paiements. Elle est constituée lorsque l'actif disponible ne suffit plus à faire face au passif exigible. L'actif disponible comprend la trésorerie, les réserves de crédit, les chèques encaissables et les apports des dirigeants ou associés. Le passif exigible réunit les dettes certaines, liquides et immédiatement exigibles : factures échues, salaires, impôts et cotisations.

Les trois procédures collectives et leurs conditions d'ouverture.
ProcédureCessation des paiementsQui peut la demanderObjectif
SauvegardeNon constituéeLe dirigeant seulRéorganiser l'entreprise avant l'impasse de trésorerie
Redressement judiciaireConstituée, redressement possibleLe dirigeant, un créancier ou le ministère publicPoursuivre l'activité, maintenir l'emploi, apurer le passif
Liquidation judiciaireConstituée, redressement manifestement impossibleLe dirigeant, un créancier ou le ministère publicRéaliser l'actif et payer les créanciers

La sauvegarde est une procédure volontaire, réservée au débiteur qui justifie de difficultés qu'il n'est pas en mesure de surmonter, mais qui n'est pas encore en cessation des paiements. Aucun créancier ne peut la déclencher. C'est sa principale vertu : le dirigeant garde la main sur le calendrier.

Le redressement judiciaire suppose la cessation des paiements et la possibilité d'un redressement. La liquidation judiciaire suppose la cessation des paiements et l'impossibilité manifeste du redressement. Le tribunal peut requalifier en cours de route : une sauvegarde peut être convertie en redressement, un redressement en liquidation.

Comment s'ouvre une procédure et devant quel tribunal ?

Le dirigeant qui constate la cessation des paiements dispose de 45 jours pour la déclarer. Ce délai n'est pas indicatif. Une déclaration tardive expose à une interdiction de gérer pouvant atteindre quinze ans, si le tribunal estime que le dirigeant avait connaissance de sa situation.

La juridiction compétente dépend de l'activité et du lieu. Les activités commerciales et artisanales relèvent du tribunal de commerce ou du tribunal des activités économiques ; les activités libérales et agricoles du tribunal judiciaire ou du tribunal des activités économiques. Depuis le 1er janvier 2025, douze villes expérimentent ce tribunal des activités économiques, qui absorbe des contentieux jusque-là dispersés.

Le dossier de demande réunit les comptes annuels, l'extrait d'immatriculation, un état chiffré des créances et des dettes, la situation de trésorerie et le nombre de salariés. Le tribunal fixe lui-même la date de cessation des paiements, qui peut être antérieure de plusieurs mois à la déclaration. Cette date commande la période dite suspecte, pendant laquelle certains actes peuvent être annulés.

Le jugement d'ouverture désigne les organes de la procédure. Le mandataire judiciaire représente les créanciers : il vérifie les créances déclarées, en dresse la liste et propose au juge-commissaire de les admettre ou de les rejeter. L'administrateur judiciaire surveille ou assiste le dirigeant et établit un bilan économique et social. Sa désignation est obligatoire dès que l'entreprise compte au moins 20 salariés et réalise plus de 3 millions d'euros de chiffre d'affaires hors taxes.

Déroulé d'un redressement judiciaire
  1. Déclarer la cessation des paiements45 jours à compter de la cessation des paiementsLe dirigeant saisit le tribunal compétent avec les comptes, l'état des créances et des dettes et la situation de trésorerie.
  2. Jugement d'ouverturePublication au BodaccLe tribunal ouvre la procédure, fixe la date de cessation des paiements et désigne le mandataire judiciaire et, le cas échéant, l'administrateur.
  3. Période d'observation6 mois, renouvelable une fois, jusqu'à 18 mois sur demande du ministère publicL'activité se poursuit. Les poursuites individuelles sont arrêtées, le cours des intérêts est suspendu et les dettes antérieures ne peuvent plus être payées.
  4. Déclaration des créances2 mois après la publication au Bodacc, 4 mois hors France métropolitaineChaque créancier déclare sa créance au mandataire judiciaire, montant arrêté à la date du jugement d'ouverture.
  5. Issue de la procédurePlan d'une durée maximale de 10 ansPlan de redressement, plan de cession totale ou partielle, clôture si les dettes sont réglées, ou conversion en liquidation judiciaire.

Étapes et délais applicables au redressement judiciaire d'une société.Source : Service-Public Entreprendre.

Déroulé d'un redressement judiciaire. Étapes et délais applicables au redressement judiciaire d'une société.
ÉtapeDélaiDétail
Déclarer la cessation des paiements45 jours à compter de la cessation des paiementsLe dirigeant saisit le tribunal compétent avec les comptes, l'état des créances et des dettes et la situation de trésorerie.
Jugement d'ouverturePublication au BodaccLe tribunal ouvre la procédure, fixe la date de cessation des paiements et désigne le mandataire judiciaire et, le cas échéant, l'administrateur.
Période d'observation6 mois, renouvelable une fois, jusqu'à 18 mois sur demande du ministère publicL'activité se poursuit. Les poursuites individuelles sont arrêtées, le cours des intérêts est suspendu et les dettes antérieures ne peuvent plus être payées.
Déclaration des créances2 mois après la publication au Bodacc, 4 mois hors France métropolitaineChaque créancier déclare sa créance au mandataire judiciaire, montant arrêté à la date du jugement d'ouverture.
Issue de la procédurePlan d'une durée maximale de 10 ansPlan de redressement, plan de cession totale ou partielle, clôture si les dettes sont réglées, ou conversion en liquidation judiciaire.

Que se passe-t-il pendant la période d'observation ?

La période d'observation est le cœur du dispositif. L'entreprise continue d'exploiter, sous surveillance, pendant que l'on mesure ses chances de survie. Trois effets juridiques se déclenchent au jour du jugement d'ouverture.

  • Les poursuites individuelles des créanciers sont arrêtées : plus de saisie, plus d'action en paiement.
  • Le cours des intérêts est suspendu, sauf pour les prêts d'une durée supérieure à un an.
  • Le paiement des créances nées avant le jugement est interdit, ce qui protège la trésorerie mais gèle les fournisseurs impayés.

La durée diffère selon la procédure. En sauvegarde, la période d'observation est de six mois, renouvelable une fois pour six mois au plus, à la demande de l'administrateur, de l'entreprise ou du ministère public : douze mois au maximum. En redressement judiciaire, une seconde prolongation peut être accordée à la demande du ministère public, ce qui porte la durée totale à dix-huit mois.

La contrepartie de cette protection est stricte. Les créances nées régulièrement après le jugement d'ouverture pour les besoins de la procédure sont payées à leur échéance. Un fournisseur qui continue de livrer pendant la période d'observation est donc en meilleure position qu'un fournisseur resté impayé avant l'ouverture.

La date de cessation des paiements retenue par le tribunal ouvre la période suspecte, qui court jusqu'au jugement d'ouverture. Certains actes accomplis pendant cette période peuvent être annulés : paiements anticipés, sûretés consenties pour des dettes antérieures, cessions à vil prix. Un fournisseur payé en priorité pendant cette fenêtre peut donc être contraint de restituer les sommes reçues.

Principaux délais des procédures collectives.
ÉtapeDélai
Déclaration de la cessation des paiements45 jours
Période d'observation en sauvegarde6 mois, renouvelable une fois, 12 mois au maximum
Période d'observation en redressement judiciaire6 mois, renouvelable, 18 mois au maximum
Déclaration de créance2 mois après publication au Bodacc, 4 mois hors France métropolitaine
Demande de relevé de forclusion6 mois, puis 1 mois pour déclarer
Rupture des contrats de travail en liquidation15 jours, ou 21 jours en cas de plan de sauvegarde de l'emploi
Poursuite d'activité autorisée en liquidation3 mois au maximum
Durée d'un plan de sauvegarde ou de redressement10 ans au maximum

Que deviennent les salariés et qui paie les salaires ?

Les contrats de travail se poursuivent de plein droit à l'ouverture d'une sauvegarde ou d'un redressement. Des licenciements peuvent être autorisés par le juge-commissaire lorsqu'ils présentent un caractère urgent, inévitable et indispensable. Lorsqu'un plan de sauvegarde de l'emploi s'impose, la procédure prévue par le code du travail s'applique.

En liquidation judiciaire, le calendrier se resserre brutalement. Le liquidateur rompt les contrats de travail dans les quinze jours suivant le jugement, délai porté à vingt et un jours lorsqu'un plan de sauvegarde de l'emploi est élaboré. L'activité cesse en principe immédiatement, le tribunal pouvant autoriser une poursuite d'exploitation de trois mois au plus.

L'AGS avance les sommes dues

Le régime de garantie des salaires, l'AGS, avance les créances salariales que l'entreprise ne peut plus payer : salaires, indemnités de congés payés, indemnités de rupture. Il est financé par une cotisation à la charge exclusive de l'employeur, au taux de 0,25 % des rémunérations servant de base aux cotisations d'assurance chômage, dans la limite de quatre plafonds mensuels de la sécurité sociale, soit 16 020 € en 2026.

Plafonds de garantie de l'AGS en 2026
Plafonds de garantie de l'AGS en 2026. Montant maximum garanti par salarié, selon l'ancienneté du contrat de travail.Contrat de plus de 2 ans — 96 120 €Contrat de plus de 2 ans96 120 €Contrat de 6 mois à 2 ans — 80 100 €Contrat de 6 mois à 2 ans80 100 €Contrat de moins de 6 mois — 64 080 €Contrat de moins de 6 mois64 080 €

Montant maximum garanti par salarié, selon l'ancienneté du contrat de travail.Source : Service-Public Entreprendre.

Plafonds de garantie de l'AGS en 2026. Montant maximum garanti par salarié, selon l'ancienneté du contrat de travail.
PosteValeur
Contrat de plus de 2 ans96 120 €
Contrat de 6 mois à 2 ans80 100 €
Contrat de moins de 6 mois64 080 €

Les délais de versement sont courts. L'AGS dispose de cinq jours pour verser les salaires et les indemnités de congés payés, et de huit jours pour les sommes liées aux mesures d'accompagnement d'un plan de sauvegarde de l'emploi. L'organisme devient ensuite créancier de l'entreprise pour les montants avancés.

L'AGS n'est pas un assureur du salarié mais un avanceur de fonds. Les sommes versées sont subrogées : l'organisme prend la place des salariés dans la procédure et fait valoir leurs droits, superprivilège compris. Ses récupérations viennent alimenter le régime, financé par la seule cotisation patronale de 0,25 %.

Un point protège directement les salariés : les créances de salaire bénéficient du superprivilège et sont réglées avant toutes les autres. Les salariés n'ont pas à déclarer leurs créances comme les autres créanciers ; le mandataire judiciaire établit lui-même le relevé des sommes dues.

Que doit faire un créancier ?

Un fournisseur, un bailleur ou un prestataire impayé n'a qu'une action à mener, mais elle est impérative : déclarer sa créance. Le délai court à compter de la publication du jugement d'ouverture au Bodacc. Il est de deux mois, porté à quatre mois pour les créanciers domiciliés hors de France métropolitaine.

La déclaration se fait auprès du mandataire judiciaire en sauvegarde et en redressement, du liquidateur en liquidation. Ses coordonnées figurent dans l'annonce publiée au Bodacc. Elle indique le montant de la créance arrêté à la date du jugement d'ouverture, la nature et l'assiette des sûretés éventuelles, le mode de calcul des intérêts, et s'accompagne des justificatifs : factures, bons de livraison, contrat.

Le créancier qui laisse passer le délai perd le droit d'être payé dans la procédure. Une porte de sortie existe : le relevé de forclusion. Il se demande au tribunal dans les six mois, à condition de démontrer que l'absence de déclaration ne résulte pas du fait du créancier. S'il est accordé, celui-ci dispose d'un mois pour déclarer.

Reste que déclarer ne garantit pas d'être payé. L'ordre de règlement place au premier rang les créances superprivilégiées des salariés, puis les frais de justice, puis les créances nées après le jugement d'ouverture pour les besoins de la procédure. Les créances antérieures des fournisseurs chirographaires arrivent en dernier, et la clôture pour insuffisance d'actif les laisse le plus souvent sans règlement.

Comment se termine la procédure ?

La sauvegarde et le redressement débouchent sur un plan, une cession ou une liquidation. Le plan de sauvegarde comme le plan de redressement ne peut excéder dix ans. Il échelonne le paiement des dettes et fixe les engagements de l'entreprise. Son non-respect entraîne sa résolution et, en général, l'ouverture d'une liquidation.

Le plan de cession transfère tout ou partie de l'activité à un repreneur, qui reprend les contrats et les salariés attachés aux actifs cédés. Le prix de cession alimente la procédure et sert à désintéresser les créanciers. La clôture pure et simple, lorsque les difficultés ont disparu, reste rare.

La liquidation judiciaire simplifiée

Une version allégée existe pour les plus petits dossiers. Elle suppose trois conditions cumulatives : aucun bien immobilier, cinq salariés au plus au cours des six derniers mois et un chiffre d'affaires n'excédant pas 750 000 €. Sa durée est plafonnée à six mois, portée à un an dans certains cas.

Le dirigeant est dessaisi dès le jugement de liquidation : le liquidateur exerce ses droits et actions sur le patrimoine de l'entreprise. Les biens sont vendus, les créances recouvrées, puis le produit est réparti selon l'ordre légal.

La clôture intervient soit pour extinction du passif, lorsque tous les créanciers ont été payés, ce qui est rare, soit pour insuffisance d'actif, ce qui est le cas courant. La clôture pour insuffisance d'actif entraîne la dissolution de la société et éteint les dettes : les créanciers ne recouvrent pas, en principe, leur droit de poursuite individuelle contre elle.

Une variante rapide existe en amont, la sauvegarde accélérée. Elle prolonge une conciliation en cours et permet d'imposer un accord déjà négocié avec une majorité de créanciers à ceux qui le refusent. Elle n'est pas conçue pour l'entreprise qui découvre ses difficultés, mais pour celle qui a déjà bâti une solution et se heurte à quelques opposants.

L'entrepreneur individuel et le micro-entrepreneur relèvent des mêmes procédures que les sociétés, avec des fiches et des règles propres. La sauvegarde, le redressement et la liquidation leur sont ouverts dans les mêmes conditions de cessation des paiements, et le délai de 45 jours s'applique de la même façon.

La règle est différente pour l'entrepreneur individuel, dont la séparation des patrimoines limite le gage des créanciers professionnels au patrimoine professionnel. Elle l'est aussi lorsqu'une faute de gestion est établie : le tribunal peut alors mettre tout ou partie de l'insuffisance d'actif à la charge du dirigeant, indépendamment de la forme sociale.

Questions fréquentes

Combien de temps a-t-on pour déclarer une cessation des paiements ?

45 jours à compter du jour où l'actif disponible ne suffit plus à faire face au passif exigible. Passé ce délai, le tribunal peut prononcer une interdiction de gérer pouvant aller jusqu'à quinze ans s'il estime que le dirigeant connaissait sa situation.

Une entreprise en sauvegarde est-elle en faillite ?

Non. La sauvegarde s'ouvre précisément avant la cessation des paiements, à la demande du seul dirigeant, pour réorganiser l'entreprise pendant qu'elle peut encore payer ses dettes exigibles. Aucun créancier ne peut la déclencher.

Un salarié est-il payé si l'entreprise n'a plus de trésorerie ?

L'AGS avance les salaires, les indemnités de congés payés et les indemnités de rupture. En 2026, la garantie atteint 96 120 € pour un contrat de plus de deux ans d'ancienneté, 80 100 € entre six mois et deux ans et 64 080 € en deçà. Les salaires sont versés sous cinq jours.

Que se passe-t-il si un créancier oublie de déclarer sa créance ?

Il perd le droit d'être payé dans la procédure. Il peut demander un relevé de forclusion au tribunal dans les six mois, à condition de prouver que l'omission ne lui est pas imputable, puis déclarer dans le mois suivant la décision.

Combien de temps dure une période d'observation ?

Six mois, renouvelables une fois. La durée totale est plafonnée à douze mois en sauvegarde et à dix-huit mois en redressement judiciaire, la seconde prolongation supposant une demande du ministère public.

Les défaillances augmentent-elles en 2026 ?

Oui. La Banque de France recense 70 803 défaillances sur les douze mois arrêtés à fin juin 2026, soit 5,1 % de plus que sur les douze mois précédents et 19,3 % de plus que la moyenne des années 2010 à 2019.

Sources

Chaque chiffre de ce dossier a été relevé sur l'une des publications ci-dessous, à la date indiquée. Les barèmes et seuils évoluent : en cas de doute, la source fait foi, pas cette page.

  1. Défaillances d'entreprises — juin 2026Banque de France · consulté le
  2. Procédure de sauvegarde d'une sociétéService-Public Entreprendre · consulté le
  3. Redressement judiciaire d'une sociétéService-Public Entreprendre · consulté le
  4. Liquidation judiciaire d'une sociétéService-Public Entreprendre · consulté le
  5. Déclaration de cessation des paiements (dépôt de bilan)Service-Public Entreprendre · consulté le
  6. Déclarer ses créances envers un partenaire commercial en procédure collectiveService-Public Entreprendre · consulté le
  7. Régime de garantie des salaires (AGS)Service-Public Entreprendre · consulté le
  8. Procédure de sauvegarde accéléréeService-Public Entreprendre · consulté le
  9. Redressement judiciaire de l'entrepreneur individuel et du micro-entrepreneurService-Public Entreprendre · consulté le
  10. Liquidation judiciaire d'un entrepreneur individuel (y compris micro-entrepreneur)Service-Public Entreprendre · consulté le
  11. Procédure de sauvegarde de l'entrepreneur individuel et du micro-entrepreneurService-Public Entreprendre · consulté le
  12. Séparation des patrimoines professionnel et personnel de l'entrepreneur individuelService-Public Entreprendre · consulté le

Dossier de référence — production automatisée vérifiée

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