Arrêt de travail : conditions et calcul des indemnités journalières
Comment sont calculées les indemnités journalières pendant un arrêt de travail ?
L'assurance maladie verse une indemnité journalière égale à 50 % du salaire journalier de base, après trois jours de carence. Le salaire pris en compte est plafonné à 1,4 fois le SMIC mensuel, ce qui porte l'indemnité maximale à 42,97 € par jour pour les arrêts prescrits depuis le 1er juillet 2026.
À retenir
- L'indemnité journalière maladie vaut 50 % du salaire journalier de base, plafonnée à 42,97 € par jour pour les arrêts prescrits à compter du 1er juillet 2026.
- Le salaire retenu est limité à 1,4 fois le SMIC mensuel, soit 2 613,83 € depuis le 1er juin 2026, contre 1,8 fois le SMIC avant le 1er avril 2025.
- Les trois premiers jours ne sont pas indemnisés. La carence ne s'applique ni aux accidents du travail, ni aux maladies professionnelles, ni aux congés de maternité, de paternité ou d'adoption.
- L'employeur complète les indemnités à partir d'un an d'ancienneté : 90 % du salaire brut pendant 30 jours, puis deux tiers pendant 30 jours, à compter du huitième jour d'absence.
- Depuis le 1er septembre 2026, un arrêt ne peut être prescrit pour plus de 31 jours, ou 62 jours en cas de prolongation.
Qui a droit aux indemnités journalières maladie ?
Les indemnités journalières remplacent une partie du salaire perdu pendant un arrêt de travail prescrit par un médecin. Elles ne sont pas automatiques. L'assuré doit justifier d'un volume de travail ou d'un montant de cotisations avant l'arrêt. Le niveau exigé dépend de la durée de l'arrêt.
Pour un arrêt de moins de six mois, deux voies s'ouvrent. Le salarié doit avoir travaillé au moins 150 heures au cours des trois mois précédant l'arrêt, ou avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le SMIC horaire au cours des six mois précédents. Avec un SMIC horaire brut de 12,31 € depuis le 1er juin 2026, ce second seuil représente 12 494,65 €, selon la fiche ameli sur l'arrêt maladie du salarié.
Au-delà de six mois d'arrêt, les conditions se durcissent. Il faut être immatriculé depuis au moins douze mois à la date de l'arrêt, et justifier de 600 heures de travail ou de cotisations assises sur 2 030 fois le SMIC horaire, soit 24 989,30 €, au cours des douze mois précédents. La caisse réexamine le dossier au moment où l'arrêt franchit le sixième mois. Un salarié qui remplissait la première condition peut donc perdre ses droits en cours d'arrêt.
Les salariés dont l'activité est discontinue relèvent d'un régime propre dès le premier jour. Travail saisonnier, intermittence, contrats courts successifs : la période de référence est portée à douze mois, avec les mêmes seuils de 600 heures ou de 2 030 fois le SMIC horaire. Le dispositif évite qu'une activité irrégulière prive de tout droit.
| Situation | Condition en heures travaillées | Condition en cotisations | Équivalent en euros |
|---|---|---|---|
| Arrêt de moins de 6 mois | 150 heures sur les 3 mois précédents | 1 015 × SMIC horaire sur les 6 mois précédents | 12 494,65 € |
| Arrêt de plus de 6 mois | 600 heures sur les 12 mois précédents | 2 030 × SMIC horaire sur les 12 mois précédents | 24 989,30 € |
| Activité discontinue ou saisonnière | 600 heures sur les 12 mois précédents | 2 030 × SMIC horaire sur les 12 mois précédents | 24 989,30 € |
| Condition supplémentaire au-delà de 6 mois | Immatriculation depuis 12 mois au moins | Sans objet | Sans objet |
Le délai de carence de trois jours
Les trois premiers jours d'un arrêt maladie ne sont pas indemnisés. L'indemnité est due à compter du quatrième jour. Cette carence ne s'applique ni aux accidents du travail, ni aux maladies professionnelles, ni aux congés de maternité, de paternité ou d'adoption, pour lesquels l'indemnisation démarre immédiatement.
La carence n'est pas neutre financièrement. Pour un salarié qui n'atteint pas un an d'ancienneté, elle se cumule avec le délai de sept jours applicable au complément de l'employeur. Un arrêt de cinq jours peut ainsi n'ouvrir droit qu'à deux indemnités journalières et à aucun maintien de salaire.
Comment se calcule l'indemnité journalière ?
L'indemnité est égale à 50 % du salaire journalier de base. Ce salaire s'obtient en additionnant les salaires bruts des trois derniers mois civils précédant l'arrêt, puis en divisant le total par 91,25. Ce diviseur correspond à la durée moyenne d'un trimestre exprimée en jours, soit 365 divisé par 4.
Le salaire mensuel retenu est plafonné. Depuis le 1er avril 2025, la limite est fixée à 1,4 fois le SMIC mensuel, contre 1,8 fois auparavant. Le décret n° 2025-160 du 20 février 2025 a modifié l'article R. 323-4 du code de la sécurité sociale en ce sens, pour les arrêts de travail débutant à compter de cette date.
Ce plafond suit mécaniquement le SMIC. Le salaire minimum mensuel brut a été porté à 1 823,03 € le 1er janvier 2026, puis à 1 867,02 € le 1er juin 2026, après une revalorisation automatique de 2,41 % déclenchée par l'inflation et actée par l'arrêté du 22 mai 2026. Le plafond de salaire retenu pour les indemnités journalières s'établit donc à 2 613,83 €.
Le calcul se ferme ainsi : 2 613,83 € multipliés par trois font 7 841,49 €, divisés par 91,25 donnent 85,93 €, dont la moitié fait 42,97 €. C'est le montant maximal de l'indemnité journalière maladie, applicable aux arrêts prescrits à compter du 1er juillet 2026. Un salarié rémunéré 3 000 € bruts et un salarié rémunéré 6 000 € bruts perçoivent exactement la même indemnité.
| Salaire brut mensuel | Salaire journalier de base | IJ brute par jour | IJ nette après CSG et CRDS | 30 jours indemnisés, net |
|---|---|---|---|---|
| 1 800 € | 59,18 € | 29,59 € | 27,61 € | 828,30 € |
| 2 400 € | 78,90 € | 39,45 € | 36,81 € | 1 104,30 € |
| 2 613,83 € | 85,93 € | 42,97 € | 40,09 € | 1 202,70 € |
| 3 500 € | 85,93 € (plafonné) | 42,97 € | 40,09 € | 1 202,70 € |
| 5 000 € | 85,93 € (plafonné) | 42,97 € | 40,09 € | 1 202,70 € |
Calcul effectué avec le plafond de 2 613,83 € et l'indemnité maximale de 42,97 € applicables aux arrêts prescrits à compter du 1er juillet 2026. Le taux est inférieur à 50 % parce qu'un mois de 30 jours est plus court que le trentième du diviseur 91,25.Source : Calcul fildactu à partir des règles ameli.fr et du décret n° 2025-160.
| Poste | Valeur |
|---|---|
| 1 800 € bruts | 49,3 % |
| 2 400 € bruts | 49,3 % |
| 2 613,83 € bruts | 49,3 % |
| 3 500 € bruts | 36,8 % |
| 5 000 € bruts | 25,8 % |
Le graphique montre l'effet de seuil. Jusqu'à 2 613,83 € bruts, le taux de remplacement reste identique pour tout le monde. Au-delà, il chute à mesure que le salaire augmente. C'est ce décrochage que la baisse du plafond de 1,8 à 1,4 SMIC a accentué en 2025, et c'est ce qui explique le développement des couvertures de prévoyance d'entreprise.
Ce qui est prélevé sur l'indemnité
Le montant annoncé par la caisse est un brut. La CSG au taux de 6,2 % et la CRDS au taux de 0,5 % sont retenues à la source, soit 6,7 % au total. Sur la CSG, 3,8 points sont déductibles du revenu imposable, les 2,4 points restants ne le sont pas, selon la fiche service-public consacrée à la CSG et à la CRDS. Une indemnité brute de 42,97 € revient à 40,09 € nets.
Les indemnités journalières de maladie sont imposables comme des traitements et salaires. L'administration fiscale prévoit deux tempéraments : les indemnités versées au titre d'une affection de longue durée sont totalement exonérées, et celles versées au titre d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle ne sont imposables qu'à hauteur de 50 %, selon la réponse officielle publiée sur impots.gouv.fr.
En quoi l'arrêt maladie diffère-t-il de l'accident du travail ?
Trois régimes coexistent et n'obéissent pas aux mêmes règles. L'arrêt pour maladie ordinaire est le moins bien indemnisé. L'accident du travail et la maladie professionnelle bénéficient de taux supérieurs et d'aucune carence. Le congé de maternité relève d'un troisième calcul.
En accident du travail, l'indemnité vaut 60 % du salaire journalier de base pendant les 28 premiers jours, puis 80 % à partir du 29e, sans jamais dépasser le salaire journalier net. Le jour de l'accident est payé par l'employeur, et l'indemnisation démarre dès le lendemain, sans délai de carence, précise la rubrique accident du travail d'ameli.fr.
Montants en vigueur en 2026 pour le régime général. L'indemnité maladie de 42,97 € s'applique aux arrêts prescrits à compter du 1er juillet 2026.Source : ameli.fr, montants maximum des indemnités journalières.
| Poste | Valeur |
|---|---|
| Maladie | 43,0 € |
| Maternité, paternité, adoption | 104,0 € |
| Accident du travail, 28 premiers jours | 240,5 € |
| Accident du travail, à partir du 29e jour | 320,7 € |
L'écart tient à la référence de plafonnement. L'indemnité maladie est plafonnée par rapport au SMIC. Les indemnités de maternité et d'accident du travail restent calées sur le plafond annuel de la sécurité sociale, fixé à 48 060 € pour 2026 par l'arrêté du 22 décembre 2025. Le premier plafond progresse au rythme du salaire minimum, les seconds au rythme du salaire moyen.
| Critère | Maladie | Accident du travail ou maladie professionnelle | Maternité |
|---|---|---|---|
| Délai de carence | 3 jours | Aucun | Aucun |
| Taux appliqué au salaire journalier de base | 50 % | 60 % jusqu'au 28e jour, 80 % ensuite | Salaire journalier de base diminué d'un forfait de cotisations |
| Montant maximal par jour | 42,97 € | 240,49 € puis 320,66 € | 104,02 € |
| Référence de plafonnement | 1,4 SMIC mensuel, soit 2 613,83 € | Plafond de la sécurité sociale | Plafond de la sécurité sociale |
| Régime fiscal | Imposable | Imposable à 50 % | Imposable |
| Durée maximale de versement | 360 jours sur 3 ans | 4 ans par période d'incapacité à compter du 1er janvier 2027 | Durée du congé légal |
Pendant combien de temps la caisse verse-t-elle les indemnités ?
La règle générale fixe un compteur : 360 indemnités journalières au maximum sur une période de trois années consécutives, décomptée de date à date. Le compteur agrège tous les arrêts, quel qu'en soit le motif. Un salarié qui a épuisé ses 360 jours ne perçoit plus rien tant que la fenêtre de trois ans n'a pas glissé.
Les affections de longue durée échappent à ce plafond. L'indemnisation peut alors durer trois ans de date à date pour la même affection. Une nouvelle période de trois ans peut s'ouvrir après une reprise du travail d'au moins un an.
Une contrainte nouvelle s'ajoute depuis l'été 2026, non plus sur la durée totale d'indemnisation mais sur la durée de chaque prescription. Le décret n° 2026-498 du 12 juin 2026 insère un article R. 162-1-7-1 dans le code de la sécurité sociale et plafonne l'arrêt prescrit à 31 jours pour une première prescription et à 62 jours pour une prolongation. Ces plafonds s'appliquent depuis le 1er septembre 2026 et ne concernent pas Mayotte.
Un arrêt prescrit lors d'une téléconsultation obéit à une règle plus stricte encore : il ne peut excéder trois jours, sauf s'il émane du médecin traitant ou de la sage-femme référente, ou si l'assuré est dans l'impossibilité justifiée de consulter en présentiel.
Le versement intervient tous les quatorze jours en moyenne, accompagné d'un décompte. Lorsque l'employeur pratique la subrogation, il continue de verser le salaire et perçoit directement les indemnités à la place du salarié.
- 1er avril 2025Plafond ramené à 1,4 SMICLe décret n° 2025-160 du 20 février 2025 abaisse de 1,8 à 1,4 fois le SMIC le salaire retenu pour calculer l'indemnité journalière maladie.
- 1er juillet 2025Formulaire papier sécuriséSeul le nouveau cerfa doté de sept points d'authentification est accepté. Les photocopies et les scans sont rejetés.
- 1er janvier 2026SMIC à 1 823,03 €Revalorisation de 1,18 %, portant le SMIC horaire brut à 12,02 €.
- 1er juin 2026SMIC à 1 867,02 €Revalorisation automatique de 2,41 % déclenchée par l'inflation, SMIC horaire brut à 12,31 €.
- 1er juillet 2026Indemnité maladie plafonnée à 42,97 €Nouveau montant maximal, applicable aux arrêts prescrits à compter de cette date.
- 1er septembre 2026Durée des arrêts plafonnéeLe décret n° 2026-498 limite la prescription à 31 jours, et à 62 jours en cas de prolongation.
- 1er janvier 2027Indemnités d'accident du travail limitées à quatre ansLe décret n° 2026-501 s'applique aux sinistres survenus à compter de cette date.
Textes publiés et entrés en vigueur, situation au 12 août 2026.Source : Légifrance, ameli.fr, service-public.gouv.fr.
| Échéance | Ce qui change |
|---|---|
| 1er avril 2025 | Plafond ramené à 1,4 SMIC — Le décret n° 2025-160 du 20 février 2025 abaisse de 1,8 à 1,4 fois le SMIC le salaire retenu pour calculer l'indemnité journalière maladie. |
| 1er juillet 2025 | Formulaire papier sécurisé — Seul le nouveau cerfa doté de sept points d'authentification est accepté. Les photocopies et les scans sont rejetés. |
| 1er janvier 2026 | SMIC à 1 823,03 € — Revalorisation de 1,18 %, portant le SMIC horaire brut à 12,02 €. |
| 1er juin 2026 | SMIC à 1 867,02 € — Revalorisation automatique de 2,41 % déclenchée par l'inflation, SMIC horaire brut à 12,31 €. |
| 1er juillet 2026 | Indemnité maladie plafonnée à 42,97 € — Nouveau montant maximal, applicable aux arrêts prescrits à compter de cette date. |
| 1er septembre 2026 | Durée des arrêts plafonnée — Le décret n° 2026-498 limite la prescription à 31 jours, et à 62 jours en cas de prolongation. |
| 1er janvier 2027 | Indemnités d'accident du travail limitées à quatre ans — Le décret n° 2026-501 s'applique aux sinistres survenus à compter de cette date. |
Le décret n° 2026-501 du 12 juin 2026 referme le dernier dispositif sans borne. Pris en application de l'article 81 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, il limite le service des indemnités journalières d'accident du travail et de maladie professionnelle à quatre ans par période d'incapacité. Une nouvelle période peut s'ouvrir après une reprise du travail d'au moins un an, l'assuré devant attester de sa date de reprise.
L'employeur doit-il compléter les indemnités ?
Oui, sous conditions. L'article L1226-1 du code du travail impose une indemnité complémentaire à tout salarié comptant une année d'ancienneté dans l'entreprise. L'absence doit être justifiée par un certificat médical, transmis à l'employeur dans les quarante-huit heures, et le salarié doit être pris en charge par la sécurité sociale.
Les soins doivent être dispensés en France, dans un État membre de l'Union européenne ou dans un État de l'Espace économique européen. Le même article exclut du dispositif les travailleurs à domicile, les saisonniers, les intermittents et les salariés temporaires. Une fraude avérée du salarié fait tomber le droit au complément.
L'article D1226-1 fixe le barème légal : 90 % de la rémunération brute que le salarié aurait perçue s'il avait continué à travailler pendant les 30 premiers jours, puis deux tiers de cette rémunération pendant les 30 jours suivants. L'article D1226-3 ajoute un délai de carence de sept jours : le complément n'est dû qu'à compter du huitième jour d'absence en cas de maladie ou d'accident non professionnel, alors qu'il court dès le premier jour en accident du travail.
L'ancienneté allonge la couverture. Selon l'article D1226-2, chaque période entière de cinq ans d'ancienneté au-delà de la première année ajoute dix jours à chacune des deux tranches, sans que l'une ou l'autre puisse dépasser 90 jours.
| Ancienneté au premier jour d'absence | Indemnisation à 90 % | Indemnisation aux deux tiers | Durée totale |
|---|---|---|---|
| De 1 an à moins de 6 ans | 30 jours | 30 jours | 60 jours |
| De 6 ans à moins de 11 ans | 40 jours | 40 jours | 80 jours |
| De 11 ans à moins de 16 ans | 50 jours | 50 jours | 100 jours |
| De 16 ans à moins de 21 ans | 60 jours | 60 jours | 120 jours |
| De 21 ans à moins de 26 ans | 70 jours | 70 jours | 140 jours |
| De 26 ans à moins de 31 ans | 80 jours | 80 jours | 160 jours |
| 31 ans et plus | 90 jours | 90 jours | 180 jours |
Le complément est différentiel, non cumulatif. L'article D1226-5 impose de déduire les indemnités journalières de la sécurité sociale ainsi que les sommes versées par un régime complémentaire financé par l'employeur. Le salarié ne perçoit donc jamais 90 % de son salaire en plus des indemnités de la caisse : il perçoit 90 % au total.
Deux règles de décompte encadrent les arrêts répétés. L'article D1226-4 prévoit qu'en cas d'absences successives, le total des durées indemnisées sur une période de douze mois ne peut pas dépasser les plafonds du tableau. L'article D1226-8 précise que l'ancienneté s'apprécie au premier jour de l'absence.
Quelles obligations pèsent sur le salarié pendant l'arrêt ?
Le salarié dispose de 48 heures pour transmettre son arrêt : les volets 1 et 2 à sa caisse d'assurance maladie, le volet 3 à son employeur. Un premier retard donne lieu à un courrier d'information. Un nouveau retard entraîne une réduction des indemnités. L'absence totale de transmission prive de toute indemnisation.
Depuis le 1er juillet 2025, l'arrêt établi sur papier doit obligatoirement figurer sur le nouveau formulaire cerfa sécurisé, doté de sept points d'authentification dont une étiquette holographique et une encre magnétique. Les photocopies et les documents scannés sont rejetés.
Pendant l'arrêt, le salarié doit en principe se tenir à son domicile de 9 heures à 11 heures et de 14 heures à 16 heures, y compris les samedis, dimanches et jours fériés, sauf pour recevoir des soins. Le médecin peut autoriser des sorties libres ou, à l'inverse, interdire toute sortie. Quitter son département suppose l'accord préalable de la caisse.
Le service médical de la caisse peut convoquer l'assuré ou se présenter à son domicile. Le refus d'un contrôle, le non-respect des heures de présence ou l'exercice d'une activité non autorisée entraînent la suspension ou la suppression des indemnités.
La contre-visite organisée par l'employeur
L'employeur qui verse un complément de salaire peut mandater un médecin pour vérifier l'arrêt. Les modalités figurent aux articles R1226-10 à R1226-12 du code du travail, issus du décret n° 2024-692 du 5 juillet 2024 et applicables depuis le 7 juillet 2024.
Le salarié doit communiquer à son employeur le lieu où il se repose s'il diffère de son domicile. Lorsque l'arrêt autorise des sorties libres, il doit indiquer les horaires auxquels il peut être visité. Le médecin mandaté se prononce sur le caractère justifié de l'arrêt, y compris sa durée.
La visite se déroule au domicile ou au lieu communiqué, sans délai de prévenance et en dehors des heures de sortie autorisées, ou au cabinet du médecin sur convocation. Un salarié empêché pour raison de santé doit en informer le médecin. Celui-ci indique ensuite à l'employeur si l'arrêt est justifié, ou s'il n'a pas pu procéder à l'examen en raison d'un refus ou d'une absence. L'employeur transmet l'information au salarié sans délai.
La conséquence d'un contrôle défavorable porte sur le complément patronal, pas sur les indemnités de la caisse. L'employeur peut cesser de verser l'indemnité complémentaire. La caisse, elle, décide séparément après son propre contrôle.
- Faire constater l'incapacitéJour de l'arrêtConsultation d'un médecin, d'un chirurgien-dentiste ou d'une sage-femme
- Transmettre l'arrêt48 heuresVolets 1 et 2 à la caisse, volet 3 à l'employeur, sur formulaire sécurisé si l'arrêt est établi sur papier
- Respecter les heures de présenceToute la durée de l'arrêt9 heures à 11 heures et 14 heures à 16 heures, sauf sorties libres ou soins
- Se soumettre aux contrôlesSans préavisService médical de la caisse ou médecin mandaté par l'employeur
- Demander une prolongationAvant la fin de l'arrêtPrescription limitée à 62 jours depuis le 1er septembre 2026
- Passer la visite de repriseDans les 8 jours suivant la repriseObligatoire après 60 jours d'absence pour maladie non professionnelle, 30 jours après un accident du travail
Procédure applicable au 12 août 2026 pour un salarié du régime général.Source : ameli.fr et code du travail.
| Étape | Délai | Détail |
|---|---|---|
| Faire constater l'incapacité | Jour de l'arrêt | Consultation d'un médecin, d'un chirurgien-dentiste ou d'une sage-femme |
| Transmettre l'arrêt | 48 heures | Volets 1 et 2 à la caisse, volet 3 à l'employeur, sur formulaire sécurisé si l'arrêt est établi sur papier |
| Respecter les heures de présence | Toute la durée de l'arrêt | 9 heures à 11 heures et 14 heures à 16 heures, sauf sorties libres ou soins |
| Se soumettre aux contrôles | Sans préavis | Service médical de la caisse ou médecin mandaté par l'employeur |
| Demander une prolongation | Avant la fin de l'arrêt | Prescription limitée à 62 jours depuis le 1er septembre 2026 |
| Passer la visite de reprise | Dans les 8 jours suivant la reprise | Obligatoire après 60 jours d'absence pour maladie non professionnelle, 30 jours après un accident du travail |
Que se passe-t-il au retour dans l'entreprise ?
L'article R4624-31 du code du travail impose un examen de reprise par le médecin du travail dans quatre situations : après un congé de maternité, après une absence pour maladie professionnelle, après une absence d'au moins 30 jours consécutive à un accident du travail, et après une absence d'au moins 60 jours pour maladie ou accident non professionnel.
Le seuil de 60 jours résulte d'une modification entrée en vigueur le 28 avril 2022, applicable aux arrêts débutant après le 31 mars 2022. Il était auparavant de 30 jours. Beaucoup d'employeurs continuent d'organiser la visite dès 30 jours, ce que rien n'interdit.
Dès qu'il connaît la date de fin de l'arrêt, l'employeur saisit le service de prévention et de santé au travail. L'examen a lieu le jour de la reprise et au plus tard dans les huit jours qui suivent. Tant qu'il n'a pas été organisé, le contrat reste suspendu pour les situations où la visite est obligatoire.
L'arrêt de travail ne suspend pas l'acquisition des congés payés. Depuis la loi du 22 avril 2024, un salarié en arrêt pour maladie non professionnelle acquiert deux jours ouvrables de congé par mois d'absence, dans la limite de vingt-quatre jours ouvrables par période de référence. Ce point est traité dans le dossier consacré aux congés payés.
Questions fréquentes
Le délai de carence s'applique-t-il à une prolongation d'arrêt ?
Non, si la prolongation est immédiate et sans interruption. Le délai de carence de trois jours s'applique à l'ouverture de l'arrêt. Une prolongation prescrite dans la continuité prolonge le même arrêt et ne fait pas courir une nouvelle carence. Un arrêt distinct, séparé par une reprise du travail, en déclenche une nouvelle.
Un salarié en arrêt peut-il être licencié ?
L'état de santé ne peut pas fonder un licenciement, sous peine de nullité pour discrimination. Un licenciement reste possible pour un motif étranger à la maladie, par exemple économique, ou pour une faute commise avant l'arrêt. Le contentieux relève du conseil de prud'hommes.
Que devient l'indemnité si l'employeur pratique la subrogation ?
Le salarié continue de percevoir son salaire habituel de l'employeur, qui encaisse directement les indemnités journalières à sa place. Le montant reste le même. Le salarié doit vérifier les sommes préremplies sur sa déclaration de revenus, la subrogation pouvant fausser le report automatique.
Les 360 jours se recomptent-ils après une reprise du travail ?
Non. Le compteur de 360 indemnités journalières porte sur une période glissante de trois années consécutives, décomptée de date à date. Une reprise ne remet pas le compteur à zéro. Seul le glissement de la fenêtre de trois ans libère des droits, sauf en affection de longue durée où une reprise d'un an ouvre une nouvelle période de trois ans.
Un arrêt prescrit en téléconsultation est-il indemnisé ?
Oui, mais sa durée est limitée à trois jours. Cette limite ne s'applique pas lorsque l'arrêt est prescrit par le médecin traitant ou la sage-femme référente, ni lorsque l'assuré justifie de l'impossibilité de consulter un praticien en présentiel.
Quel recours en cas de refus d'indemnisation par la caisse ?
La contestation d'une décision de la caisse commence par une saisine de la commission de recours amiable de la CPAM, dans un délai de deux mois. En cas de rejet, le litige se poursuit devant le pôle social du tribunal judiciaire. Une contestation d'ordre médical passe par une expertise médicale technique.
Sources
Chaque chiffre de ce dossier a été relevé sur l'une des publications ci-dessous, à la date indiquée. Les barèmes et seuils évoluent : en cas de doute, la source fait foi, pas cette page.
- Arrêt de travail pour maladie : les indemnités journalières du salarié
- Montants maximum des indemnités journalières
- Arrêt maladie : les démarches du salarié
- Accident du travail : prise en charge et indemnités journalières
- Arrêt maladie : indemnités journalières versées au salarié (fiche F3053)
- CSG et CRDS sur les revenus d'activité et de remplacement (fiche F2971)
- Le SMIC va augmenter le 1er juin 2026
- Le SMIC revalorisé au 1er janvier 2026
- Décret n° 2025-160 du 20 février 2025 relatif au plafond du revenu d'activité servant de base au calcul des indemnités journalières
- Décret n° 2026-498 du 12 juin 2026 relatif au plafonnement de la durée des arrêts de travail donnant lieu au versement d'indemnités journalières
- Décret n° 2026-501 du 12 juin 2026 fixant la durée maximale de service des indemnités journalières au titre d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle
- Code du travail, article L1226-1
- Code du travail, articles D1226-1 à D1226-8-1
- Code du travail, articles R1226-10 à R1226-12 sur la contre-visite
- Code du travail, article R4624-31 sur la visite de reprise
- Arrêté du 22 décembre 2025 portant fixation du plafond de la sécurité sociale pour 2026
- Je perçois des indemnités journalières de maladie, que dois-je déclarer ?
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